Pour quelqu’un ayant subi un AVC il y a trois ans, qui lui avait laissé le côté droit paralysé, le leader de Glass Tiger Alan Frew était dans une forme resplendissante.

Oublier Glass Tiger? Mission: impossible

CRITIQUE / Sa coupe de cheveux n’a plus rien à voir avec celle des années 80, mais l’énergie et le plaisir d’être sur scène n’ont visiblement pas quitté Alan Frew. Le leader de Glass Tiger est débarqué vendredi soir à L’Impérial avec dans sa besace un répertoire qui a rappelé les années folles à une foule composée majoritairement de 40 ans et plus.

Tout de noir vêtu et espadrilles aux pieds, souriant et décontracté tout au long de la soirée, le chanteur dans la jeune soixantaine a pris plaisir, entre deux chansons, à échanger longuement quelques anecdotes avec un public déjà chauffé à blanc par The Box. 

Pour Right Here, Right Now, I Will Be There, que son ami Bryan Adams a déjà repris dans ses spectacles, et My Song, «a drinking song» aux accents celtiques, Frew a reçu un accueil délirant, annonciateur de quelque chose d’encore plus gros. 

«Combien d’entre vous ont vu un show de Glass Tiger à Québec?», a demandé Frew devant quelques dizaines de bras levés, avant d’indiquer qu’il fallait remonter à 1986. «This is your time, Québec», a lancé le chanteur avant d’entonner My Town et de plaider, plus tard, en faveur du retour des Nordiques. On vous laisse deviner la réaction de l’assistance.

Pour quelqu’un ayant subi un AVC il y a trois ans, qui lui avait laissé le côté droit paralysé, Frew était dans une forme resplendissante. L’épreuve l’a fait visiblement fait réfléchir à la fragilité de la vie et aux choses essentielles, puisqu’il est revenu à plusieurs reprises sur l’importance de l’amour, de l’amitié, de la gentillesse.

Les premières notes du méga succès Someday de 1986 — «mon claviériste avait quoi, 11 ans?» — a semé la frénésie dans l’assistance. Sur Diamond Sun, les bras se sont balancés allègrement. «Love gives life and life is love» a repris en chœur la foule complètement sous le charme.

Ça s’est poursuivi dans un délire au cube pour Thin Red Line, puis en rappel sur un inspirant Heroes et, bien entendu, quoi d’autre que Don’t Forget Me (When I’m Gone). Le délire était collé dans le piton.

Taquin et visiblement déterminé à ne jamais se faire oublier, c’est le cas de le dire, le chanteur s’est amusé à faire durer le plaisir en demandant à la foule de reprendre le refrain a capella, une fois et une autre.

La toune aurait pu s’étirer jusqu’au petit matin que ça chanterait et hurlerait encore…

Triomphe pour The Box

En lever de rideau, c’est sous une orgie de décibels que The Box, Jean-Marc Pisapia en tête, a vécu son baptême du Festival d’été. Eh oui, malgré leurs nombreux succès dans les années 80, dont le Félix du groupe de l’année en 1985, la formation montréalaise n’avait jamais pris part à l’événement.

«Toujours un plaisir de venir jouer à Québec. La place de party c’est Québec», a lancé un Pisapia, accompagné de quatre musiciens et d’une choriste en feu comme lui.

En première partie, le groupe s’est consacré à des morceaux tirés de leur dernier album Black Dog. Lentement, le répertoire a remonté le temps. Sur Temptation, sorti en 1990, le guitariste François Bruno et le bassiste Daniel Volj ne se sont pas fait prier pour faire souffrir leurs instruments devant une foule survoltée. 

Dans la dernière demi-heure, l’Impérial a littéralement explosé avec des classiques comme Ordinary People, l’inoubliable Affaire Dumoutier, une reprise de Safety Dance, de Men without Hats (Pisapia a été jadis le claviériste du groupe) et, dans un délire acoustique à faire trembler les murs de Jericho, Closer Together

Pour une première présence au Festival d’été, nos acouphènes sont là pour nous le rappeler, c’en était toute une.