Le chanteur Ryan Tedder était dans une forme dangereuse mercredi soir, sautant d'un bout à l'autre des planches ou profitant de la chanson If I Lose Myself pour aller se perdre dans la foule. 

OneRepublic: communion pop

CRITIQUE / Visiblement, la capitale aime OneRepublic. Et OneRepublic le lui rend bien. Armés d'un redoutable arsenal pop, Ryan Tedder et sa bande ont renoué mercredi avec leurs fans de Québec. Les uns comme les autres ont vécu une sorte de communion au Centre Vidéotron au fil d'une prestation généreuse en succès, en confidences et en décibels. 
«Si vous nous suivez sur Twitter, vous savez qu'on adore la ville de Québec. Nous sommes sur le même continent, mais votre ville a l'air tellement plus vieille et plus cool», a lancé à un moment le chanteur du groupe originaire du Colorado, confiant du même souffle que ses complices et lui avaient bloqué trois jours dans leur horaire de tournée pour les passer ici.
Visiblement, l'air de Québec l'avait vivifié. Il était dans une forme dangereuse, le Ryan, sautant d'un bout à l'autre des planches, butinant de la guitare au piano ou profitant de la chanson If I Lose Myself pour justement aller se perdre dans la foule (sous supervision de gardes du corps, il va sans dire). 
À son dernier passage chez nous, en 2015, la formation s'était produite dans un vieux Colisée en fin de vie, devant près de 7000 fans. Dans la nouvelle bâtisse, deux ans plus tard, ils étaient à peu près aussi nombreux (dont plusieurs familles) pour accueillir les Américains. De quoi réjouir le chanteur, qui a confié avoir été «super nerveux» en lançant cette tournée six mois après la date initialement prévue parce que le groupe, à bout de souffle, a dû s'imposer une pause. «Regardez combien vous êtes nombreux. Merci beaucoup», a-t-il souligné. 
Répondant à l'enthousiasme par l'enthousiasme, OneRepublic n'a pas ménagé ses efforts pour donner à ses admirateurs exactement ce qu'ils étaient venus chercher : des hits à la tonne et une énorme (un peu trop, même...) quantité de décibels. Dès la deuxième chanson au programme, Secrets, c'était déjà la chorale au Centre Vidéotron. Dans un environnement scénique évoquant à la fois une pyramide pop et les néons du film Tron, ça n'a pas dérougi de la soirée. 
Les immenses succès comme Apologize ou Counting Stars (au terme de laquelle Tedder a servi un «vous êtes beaux» bien senti et en français à son public) ont évidemment fait sauter l'applaudimètre. Mais ils n'ont pas été les seuls. 
Dans un très chouette segment acoustique, Ryan Tedder - véritable machine à hits qui a pondu des succès pour certaines des plus grandes vedettes du globe - s'est permis quelque chose qu'il n'avait selon ses dires jamais fait en 10 ans, soit de reprendre à son compte certaines des créations qu'il a offertes à d'autres. «Si vous ne connaissez pas cette chanson, c'est que vous revenez de Corée du Nord. Je vous souhaite la bienvenue. Vous êtes en sécurité, maintenant», a-t-il blagué avant d'entonner Halo, qu'il a cosignée pour Beyoncé. Nous avons aussi eu droit à sa version de Happier, qui porte sa griffe sur le dernier album d'Ed Sheeran. Quant à Rumour Has It, qu'il a écrite avec (et pour!) Adele, il l'a gardée pour le rappel, mettant à profit les confrères de Fitz and The Tantrums, qui avaient plus tôt mis la table pour son groupe. Chouette manière de boucler la boucle. 
Fitz and The Tantrums
Juste avant OneRepublic, la formation américaine Fitz and The Tantrums a prouvé qu'il faut être fait fort en s'il vous plaît (ou irréversiblement grognon!) pour résister à ses joyeuses salves pop. Avec le duo de chanteurs-dynamos Michael Fitzpatrick et Noelle Scaggs aux commandes, l'amphithéâtre a fini de se réchauffer au son d'un réjouissant cocktail pimpant et sucré, servi dans des projections géométriques fluo. Une présence scénique aussi magnétique que sympathique, un souci d'aller chercher - en français - les spectateurs jusqu'au fond des gradins et un programme musical ne laissant aucun répit, qui s'est offert un passage chez Eurythmics (Sweet Dreams, devenue ici chanson à répondre) avant de culminer avec les petites bombes HandClap et The Walker. Gageons qu'à leur premier passage chez nous, Fitz et sa bande ont fait le plein de fans dans la capitale. 
James Arthur
En début de soirée, le Britannique James Arthur a fait fort bon usage de la demi-heure qui lui était allouée en ouverture de ce grand bal pop. Bien en voix et visiblement en mode séduction, le chanteur a mis le public - déjà très réceptif, avouons-le - dans sa poche avec une prestation efficace et des interventions ponctuées de juste ce qu'il faut de racoleur pour mettre tout le monde de bonne humeur. En prime, une relecture bien sentie du Thong Song de Sisqo. «Celle-là, vous allez la connaître», avait prévenu Arthur. Au nombre d'enfants qu'il y avait dans la salle, ils ont sans doute été plus d'un à découvrir la profondeur de ce «classique» du tournant du millénaire!