Of Mice and Men a livré une performance plutôt terre-à-terre, les pieds bien ancrés au sol la plupart du temps, les cheveux au vent, en effectuant peu de déplacements pour se concentrer entièrement sur la musique.

Of Mice & Men: un soupçon de légèreté

CRITIQUE / Du metal avec des références littéraires? La soirée combinant Of Mice & Men et The Devil Wears Prada était loin d'être un club de lecture, mais plutôt une communion, où la lourdeur de l'enveloppe musicale n'empêchait en rien les festivaliers de flotter dans un bonheur bien palpable.
Avec le départ de celui qui était la signature vocale du groupe, Austin Carlile, atteint d'un syndrome de Marfan, le bassiste Aaron Pauley a été promu à l'avant-centre de la formation californienne. Le ténor assumait déjà les voix claires, il donne maintenant également dans le screaming. Il manque peut-être encore un peu de puissance dans ses cris et d'assurance à l'avant-scène, mais il sait sans problème passer d'une voix à l'autre et s'est bien acquitté de sa nouvelle position. 
Le groupe a livré une performance plutôt terre-à-terre, les pieds bien ancrés au sol la plupart du temps, les cheveux au vent, en effectuant peu de déplacements pour se concentrer entièrement sur la musique hurlante ou planante, selon les chansons. Of Mice & Men a fait sa marque de commerce de ce mélange de metal mitraillé et de flottement hypnotique et nous en a servi un convaincant condensé.
Le public du parc de la Francophonie a eu droit à un spectacle structuré, avec des pièces de l'album Restoring Force en ouverture, puis les deux simples que le groupe a sorti cette année (Back To Me et Unbreakable, accueillis par des cris enthousiastes de quelques admiratrices). La mélodique et mélancolique Never Giving Up a permis de créer un doux moment, alors qu'un spectateur est monté sur scène pendant O. G. Loko et a eu droit à une accolade et à des félicitations de Pauley pour sa performance.
Le public du parc de la Francophonie a eu droit à un spectacle structuré, avec des pièces de l'album <em>Restoring Force</em> en ouverture, puis les deux simples que le groupe a sorti cette année.
Une pause au milieu des chansons de Cold World (leur plus récent album), a presque fait craindre que Of Mice & Men en avait fini après une heure de spectacle. Fausse alerte, puisque Phil Manansala, Valentino Aerteaga, Alan Ashby et Pauley sont remontés sur scène pour livrer encore une demi-douzaine de pièces.
Outre l'espace devant la scène, où les fans les plus énergiques se démenaient avec vigueur, l'enchaînement des ambiances semblait toutefois engourdir un peu la foule de métalleux - dont la plupart avait probablement tout donné la veille pour Metallica.
En fin de course, toutefois, les cheveux dansaient en cadence pour You're Not Alone, quelques body-surfeurs se sont manifestés pendant Depths, mais disons qu'avant le grand saut final et collectif ordonné par Pauley, ce fût une soirée plutôt tranquille pour un samedi, du côté du parc de la Francophonie.
La charge de The Devil Wears Prada
Dès l'arrivée de The Devil Wears Prada (TDWP pour les intimes), nos tympans en ont pris pour leur rhume. La formation de l'Ohio sonne comme une tonne de briques avec son metalcore carabiné porté par la voix abrasive de Mike Hranica et ses guitares lourdes branchées sur le 220. On cherchait «la légèreté du bouquin de Lauren Weisberger» dans le mixe. Peut-être dans les paroles - qu'on a dû aller lire - tant le furieux mélange de cris qui sortent de la gorge de Mike Hracina est indéchiffrable. Plus évident d'en saisir des bribes avec la voix claire du guitariste Jeremy DePoyster. Quoi qu'il en soit, la charge sauvage et l'artillerie lourde l'emportent haut la main sur la poésie lors d'un spectacle de TDWP, et les fans ne semblaient pas s'en plaindre. Peu jasant, outre plusieurs «Thank you, merci» et un «F*ck Donald Trump!» bien senti, Hranica s'est permis un bref bain de foule et tout le monde, tant sur scène qu'au parterre, a vigoureusement fait swinguer ses vertèbres cervicales. 
Le work out de Keychain
Lorsque le groupe montréalais Keychain a ouvert la soirée, les «vrais» se livraient déjà à un échauffement pour le work out metal qui allait suivre. Sauts, course en rond, mains en l'air, flexions du tronc, mouvement de tête... Il faut dire que le chanteur JP Lachapelle ne lâchait pas les spectateurs d'une semelle : des «Québec!» gutturaux s'immisçaient dans les textes de ses chansons, comme une ponctuation.
«On revient de trois mois de tournée au États-Unis et au Mexique, pis on vient du Québec, pis on va continuer de jouer au Québec!» a-t-il lancé. 
Même si sa voix déviait parfois de la note, notamment dans Dream, Lachapelle compensait par son enthousiasme d'animateur de foule. Avec son nu metal qui intègre du hip-hop, Keychain amène des variations bienvenues à l'assourdissant grondement metal. Le groupe a du matériel solide, comme Prime Time, et a bien su s'approprier Last Resort de Papa Roach.