Gilles Lellouche reprend son rôle d'Éric dans «Nous finirons ensemble», la suite des «Petits mouchoirs».

Nous finirons ensemble: Une suite superflue et superficielle **

CRITIQUE / En 2010, «Les petits mouchoirs» a réussi l’exploit colossal d’accumuler 5,5 millions d’entrées en France. Le film de Guillaume Canet comptait sur un prétexte solide et une distribution de rêve. La suite était presque inévitable. Malheureusement. «Nous finirons ensemble» s’avère aussi superflue que superficielle.

Pour mémoire, le premier long métrage met en scène une bande d’amis — essentiellement des proches du réalisateur — qui se retrouvent chaque été pour célébrer le début des vacances. Cette année-là, avant leur départ, l’un d’eux se retrouve entre la vie et la mort à la suite d’un grave accident.

Ce qui devient un prétexte dramatique pour mettre à rude épreuve leurs relations et certitudes ainsi qu’à faire jaillir leurs secrets. Le film se termine d’ailleurs sur une note douce-amère.

Huit ans plus tard, les blessures de Max (François Cluzet) sont à vif. Sur le bord de la crise de nerfs, il se réfugie dans sa maison au bord de la mer. Sa bande, qu’il n’a pas vue depuis trois ans, débarque à l’improviste pour fêter son anniversaire. Les tensions sont grandes, notamment avec Éric (Gilles Lellouche).

Cette surprise compromet son plan de vendre son précieux refuge, lui qui est acculé à la faillite. En désespoir de cause, il décide de jouer la comédie. Le groupe peut commencer son séjour largement imbibé, en dépit de la présence des enfants, dont on s’occupe peu…

Les choses ont changé. Max est séparé, Antoine (Laurent Lafitte) et Isabelle (Pascale Arbillot) aussi. Vincent (Benoît Magimel) vit son homosexualité au grand jour. Marie (Marion Cotillard), par contre, est toujours aussi amère et dépressive.

La table est mise pour des discussions animées sur le passé, les crises existentielles sur ce que l’avenir leur réserve et faire surgir les rancœurs. L’ensemble est bavard et complaisant, servi avec des dialogues insipides, qui n’aident évidemment pas à la vacuité de l’exercice. Une vraie gang de beaufs bourgeois, en fait.

On se désespère de voir tant de talent d’acteurs gaspillé. D’autant que certains en rajoutent une couche, en particulier Cluzet dont l’état dépressif de son personnage favorise le cabotinage.

Mais il y a pire : la complaisance de Canet à étirer la sauce. Pas seulement dans certaines scènes — il y a des pans du film qui sont complètement inutiles.

À la limite, on peut comprendre que la production se soit sentie obligée de ramener Véro (Valérie Bonneton), l’ex-femme de Max, même si sa présence n’apporte absolument rien à la progression dramatique. Mais le saut en parachute d’Antoine, Max et Marie ? Dans un long métrage qui manque singulièrement de rythme, c’est une faute majeure.

Un film choral est une chose délicate à peindre et le réalisateur s’est emmêlé dans ses pinceaux.

Bref, ça ne s’améliore pas pour Canet avec ce sixième long métrage. Depuis Les petits mouchoirs, le Français a tourné Blood Ties (2013), un échec retentissant, et Rock’n’Roll (2016), une comédie ratée. On ne saurait trop lui conseiller de se consacrer à sa carrière d’acteur...

Au générique

Cote : **

Titre : Nous finirons ensemble

Genre : Comédie dramatique

Réalisateur : Guillaume Canet

Acteurs : François Cluzet, Marion Cotillard, Gilles Lellouche

Classement : Général

Durée : 2h15

On aime : la distribution.

On n’aime pas : la prétention. Les longueurs. La faiblesse des dialogues. Le cabotinage. La superficialité. Etc.