Nos moments forts

Vu
Pierre Brassard, qui fut Colette à une autre époque, était formidable dans le rôle d'un transgenre, Amélie, mercredi dans Les beaux malaises. Une performance juste et loin de la caricature. Amélie a même partagé un repas avec les amis de Martin (Martin Matte), une succession de solides malaises. Particulièrement initiés par Patrick (Patrice Robitaille), aux questions aussi stupides que : «Vas-tu te faire creuser un vagin?» L'épisode de mercredi jouait plus que jamais sur la ligne de ce qu'il est possible de dire à la télé. La réunion de parents au sujet de possibles cours d'éducation sexuelle à l'école a atteint un niveau de malaise inégalé. Mention au fabuleux rire nerveux de Geneviève «C'est trop pour moi» Schmidt. On ne pouvait pas mieux finir qu'avec cette petite danse sur Si j'étais un homme de Diane Tell. Et dire que la comédie de TVA nous quitte hélas dans deux semaines.  Richard Therrien
Lu
<p>Mike Love</p>
Il y a de ces entrevues qu'on aimerait faire. Pas simplement pour s'entretenir avec l'artiste, mais pour découvrir certains éléments qui se cachent derrière la façade... Du haut de ses 74 ans, Mike Love, des Beach Boys, demeure la personnalité la plus détestable du showbiz. On perd vite le compte de ses comportements discutables, qu'il s'agisse des nombreuses fois qu'il a poursuivi son cousin Brian Wilson, le compositeur principal des Beach Boys, pour des raisons farfelues, de l'argent qu'il a versé à Tipper Gore dans sa campagne visant à censurer la musique, des insultes proférées à Bruce Springsteen, à Paul McCartney et à Mick Jagger, entre autres, lors du discours d'intronisation de son groupe au panthéon du rock... La liste pourrait se poursuivre encore longtemps. Le magazine Rolling Stone l'a rencontré à l'occasion d'une entrevue jamais complaisante, où l'on découvre ses frustrations - «j'ai été ostracisé, vilipendé» - et même sa sensibilité, lorsque sa femme le confronte et le fait pleurer en lui demandant ce qu'il lui dirait si elle était Brian : «Je dirais probablement : "Je t'aime. Et j'ai aimé ce qu'on a fait ensemble. Et faisons-le de nouveau."» Rien n'est jamais tout à fait noir ou tout à fait blanc...  Nicolas Houle
Entendu
Un discours à la fois posé et sans filtre ni compromis sortir de la bouche de deux rappeurs du groupe montréalais Dead Obies, Yes Mccan et 20some, sur la langue métissée d'anglais qu'ils utilisent. Celle-ci leur a valu par le passé des flèches de chroniqueurs les accusant d'être le symptôme (voire de contribuer) à l'appauvrissement du français au Québec et les exclut de programmes de soutien - à la tournée, notamment - auxquels ont droit d'autres artistes. Le groupe a persisté et signé sur Gesamtkunstwerk, refusant d'édulcorer son style pour entrer dans une case de formulaire. Quitte à se résigner à une situation financière plus précaire. La rencontre remonte à quelques semaines, alors que le groupe était en ville pour offrir une vitrine à la Bourse RIDEAU... Comme le nouvel album des Dead Obies est arrivé dans les bacs vendredi et que le groupe a rendez-vous avec le public du Cercle le 18 mars, nous nous permettons de revenir sur celle-ci.  Geneviève Bouchard
Vu
On a trop peu vu le Cirque Éloize à Québec, et c'est avec un réel bonheur qu'on a accueilli Cirkopolis. Le spectacle à l'esthétique travaillée, proche de l'expressionnisme allemand et rappelant plusieurs films marquants des débuts du cinéma, nous ramène aux bonheurs simples : des bouquets de ballons, des danses, des sourires, le défilement des nuages, l'arrivée des couleurs dans la grisaille ambiante. On a aimé les variations musicales surprenantes, qui amalgament les rythmes pop d'aujourd'hui, le jazz et la musique tzigane. La horde d'interprètes multidisciplinaires y est joyeuse et pleine d'humour, ce qui n'empêche par les acrobaties d'être époustouflantes. La danse du clown amoureux avec une robe suspendue sur un cintre et le numéro de contorsions où une jeune femme virevolte et marche, soutenue par cinq porteurs qui ne lui laissent pas toucher le sol, étaient particulièrement marquants. Ces images nous suivront encore longtemps.  Josianne Desloges