Mylène Mackay, qui incarne la défunte écrivaine Nelly Arcand dans le film biographique Nelly, pourrait remporter le prix de la meilleure interprète féminine.

Nos moments forts

La sortie de Nelly
2016 n'a pas été une très bonne année pour le cinéma québécois. Notre cinéma d'auteur continue à obtenir une reconnaissance internationale, mais ici, bof... Nelly pourrait bien changer la donne. Anne Émond a réalisé un long métrage qui devrait rallier tous les publics, à commencer par les aficionados de l'oeuvre. Même chose pour les cinéphiles qui aiment un cinéma plus exigeant - Nelly porte une signature forte -, mais aussi ceux qui ont une connaissance plutôt vague de la sulfureuse auteure. Ils vont découvrir une femme complexe et complexée, admirablement jouée et avec beaucoup de sensualité par Mylène Mackay, tout en appréciant un drame biographique différent et révélateur. J'avais beaucoup d'appréhensions avant le visionnement - comme me disait la réalisatrice en entrevue, le sujet était «casse-gueule». Elle ne s'est pas plantée. Et on n'en sort pas tout à fait indemne.
Éric Moreault
Trump, la muse
Damon Albarn du groupe Gorillaz
L'arrivée de Donald Trump au pouvoir a fait sortir de leur mutisme deux formations. Et pas les moindres. Coup sur coup, Gorillaz, dont le dernier album date de six ans, et Arcade Fire, qui avait lancé Reflektor, son plus récent enregistrement studio en 2013, ont lancé des pièces engagées, dirigées vers le nouveau président des États-Unis. Gorillaz a opté pour une ballade décalée, Hallelujah Money, qui est une collaboration avec le chanteur Benjamin Clementine. Le groupe a présenté cette chanson comme «un éclair de vérité dans la nuit noire». Arcade Fire s'est de son côté uni à la chanteuse Mavis Staples. On peut entendre «I give you power [...] I can take it all away - watch me!» Les Montréalais ont écrit, dans Twitter, qu'il n'avait «jamais été aussi important de demeurer unis et de prendre soin les uns des autres».  Nicolas Houle
Un Songe actualisé au Trident
<i>Le songe d'une nuit d'été</i>
J'avais de grandes attentes acrobatiques en entrant dans la salle Octave-Crémazie pour assister au Songe d'une nuit d'été revu par le metteur en scène Olivier Normand avec la troupe de cirque Flip FabriQue. C'est finalement l'immense force de frappe comique de la relecture du classique de Shakespeare qui m'a happée dans cette version de la comédie vieille de plus de 400 ans... Et qui prend ici un sérieux coup de jeune. Plutôt que de rester collé au texte, Normand a eu l'excellente idée d'ancrer son songe dans la tête d'un jeune homme d'aujourd'hui. Un choix artistique qui ouvre la porte à toutes sortes de références visuelles... Et qui donne lieu à une transposition spectaculaire des personnages de médiocres comédiens que Shakespeare a voulus ridicules et que Normand revoit d'hilarante façon. Coupe Longueuil, sac banane, salopettes, texte en joual et jeu absurde, juste assez décalé... On se souviendra longtemps du trio formé d'Hugues Frenette, Emmanuel Bédard et Marc Auger.  Geneviève Bouchard
Marie dit adieu à Lietteville
Guylaine Tremblay
On ne pouvait pas souhaiter pire sortie à Marie Lamontagne (Guylaine Tremblay), qui a payé pour l'orgueil démesuré de Normand Despins (François Papineau). Après cinq saisons «en dedans», l'héroïne d'Unité 9 a retrouvé sa liberté. Alors qu'on a permis à Suzanne (Céline Bonnier) de partir dans la dignité, Marie en a plutôt conservé un goût amer. Despins a tout fait pour la rendre la plus désagréable possible, en l'empêchant de voir Jeanne (Ève Landry), d'approcher Madeleine Tessier (Marie-Chantal Perron), et en faisant attendre Benoît (Patrice L'Ecuyer) dans la voiture. Quel regard de Marie, qui a fixé la caméra de surveillance pour saluer Despins, avec des fusils dans les yeux. Au contraire de son personnage, auquel le public s'est beaucoup attaché, Guylaine Tremblay ne quitte pas l'aventure pour autant. Voudra-t-elle prendre sa revanche sur le directeur sans coeur?  Richard Therrien