Nos moments forts

Lumineuse Martha
Découvrir un ou une artiste est bien sûr l'un des grands plaisirs du mélomane. Mais voir ce talent se perfectionner et s'inscrire dans le temps est sans doute tout aussi gratifiant. Et c'est cet heureux sentiment qui m'habitait lorsque j'ai vu Martha Wainwright à l'oeuvre jeudi, au Palais Montcalm. J'ai eu la chance d'apprécier la fille de Kate McGarrigle et la soeurette de Rufus dans toutes sortes de contextes et d'occasions au fil des ans, mais jamais elle ne m'est apparue autant en possession de son art qu'avec sa présente tournée, où elle a su arriver avec des performances plus achevées et piger judicieusement dans son répertoire sans sacrifier l'émotion brute qui sous-tend chacune de ses interprétations.  Nicolas Houle
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Le fantôme de Dédé
J'aurais pu vous parler du magnifique Frantz de François Ozon, aussi intéressant dans la forme que puissant sur le fond. Mais le moment qui m'a saisi cette semaine est cette visite au Musée de la civilisation, qui accueille désormais les instruments et autres souvenirs de la météorique carrière d'André Fortin. Sa musique a joué en boucle (allo, Julie), je l'ai vu se démener sur une scène (c'est parfois flou) et j'ai ressenti un vide abyssal le jour de sa mort, en mai 2000 où j'ai, du mieux que j'ai pu, tenté de lui rendre hommage avec des mots qui me semblaient bien pauvres à exprimer notre désarroi collectif. De voir le batteur et cofondateur des Colocs, Jimmy Bourgoing, et Joey Robin Hachey jouer de sa célèbre Fender Telecaster sur Dédé et La rue principale, ça m'a soufflé. L'espace d'un moment, l'âme de Dédé Fortin était aussi présente que lors de ses spectacles échevelés. Ça fait encore mal. Mais son oeuvre continue à vivre.  Éric Moreault
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Le percutant L'Art de la chute
En allant au théâtre, on joue souvent à la roulette russe. Pour quatre pièces qui vous laissent sur votre faim, on tombe sur une proposition nourrie, réfléchie, percutante. L'Art de la chute, résultat que quatre ans de recherche, d'écriture et de travail scénique, fait partie de ces pièces d'exception. En disséquant le fonctionnement des marchés financiers, qui jonglent avec des données de plus en plus abstraites, et en plongeant dans la mécanique de tout ce qui donne de la valeur aux oeuvres d'art actuelles, Les Nuages en pantalon frappe fort. Jean-Philippe Joubert orchestre une création où le fond, autant que la forme, nous garde au bout de notre siège. Les acteurs livrent une solide performance, passant d'une langue à l'autre, d'un personnage à l'autre, d'un ton à l'autre. Si l'ambition technique de production a causé quelques petits problèmes à la première, on a confiance que le tout a été résolu. À voir au Périscope jusqu'au 22 avril.  Josianne Desloges
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La grande demande
Trois couples ont été formés au terme de cette cinquième saison de L'amour est dans le pré. Pour la dernière jeudi dernier, Olivier, l'agriculteur de Warwick, a fait sa grande demande à sa belle Ontarienne, Chloé, dans un des moments les plus romantiques de la saison. «Derrière chaque grande ferme, y se cache une femme», a dit Olivier. Bien sûr, elle a dit oui. En voyage dans le Sud avec son soupirant, Chloé avait confié se voir déjà mariée avec Olivier; ses souhaits ont été exaucés. Olivier a admis lui avoir fait sa grande demande parce que c'était important pour elle. «La mentalité ontarienne, c'est un peu différent!» Olivier a profité de son passage sur le plateau d'En mode Salvail pour faire une autre demande à Éric: «Tu vas être bon pour venir nous animer ça?» Le jeune couple n'a pas de temps à perdre, et se voit même avoir un enfant. À peine deux semaines après la demande, Chloé a hélas perdu la bague de fiançailles. Une émission spéciale réunissant les couples formés depuis cinq saisons dans L'amour est dans le pré sera diffusée jeudi à 20h, sur V.  Richard Therrien