Les fleurs bleues

Nos moments forts

Le meilleur dans l'abondance
Dix films prenaient l'affiche à Québec vendredi. Dix!!! Dont plusieurs ne seront plus là après une semaine. Si on démêle le bon grain de l'ivraie, celui qu'il vous faut voir est absolument Les fleurs bleues, le long métrage posthume du légendaire Andrzej Wajda (L'homme de fer, Danton). Le réalisateur y trace le portrait, terriblement juste et touchant, des dernières années tragiques du peintre de Wladyslaw Strzeminski. Plus encore, il s'agit d'une dénonciation explicite des dérives idéologiques commises au nom d'un régime politique; un acte de résistance et un film-testament sur l'importance de l'art dans la société. Sans jamais que ce soit laborieux ou affecté. Une oeuvre réalisée de main de maître et d'une grande humanité, il s'agit d'un film remarquable à bien des égards. On va le réécrire, juste au cas : si vous devez voir un seul film dans les prochaines semaines, ce devrait être Les fleurs bleues.  Éric Moreault
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Mémorable Daniel Hope
Daniel Hope et la pianiste Vanessa Perez
Les mélomanes ont eu droit à un concert vraiment magnifique au Club musical mercredi. Le violoniste Daniel Hope, qui partageait la scène avec la pianiste vénézuélienne Vanessa Perez, a rendu un émouvant hommage à son mentor et ami, Yehudi Menuhin, qui aurait eu 100 ans cette année. Ses gestes vifs et élégants et la voix particulière de son violon étaient complètement fascinants à voir et à entendre. Par moments, de minuscules pincements nous picoraient la poitrine. Un bonheur, triste et éblouissant à la fois, nous laissait tout étourdi, et quelques secondes délicieuses s'étiraient entre la fin des morceaux et les applaudissements nourris qui ne manquaient pas de pleuvoir sur les interprètes. Après plusieurs pièces splendides et sombres, Salut d'amour d'Edward Elgar, au rappel, sonnait comme une bravade lumineuse. Un des plus beaux concerts de la saison.  Josianne Desloges
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Une finale apaisante
<em>Au secours de Béatrice</em>
On a-do-re Au secours de Béatrice. Au fil des quatre saisons, cette série écrite par Francine Tougas n'a jamais déçu. On aime la réalisation sensible d'Alexis Durand-Brault qui privilégie les plans séquence, la caméra si près des acteurs  qu'elle semble entrer dans la tête des personnages. Les images, léchées et ensoleillées, sont un plaisir à regarder. Le dernier épisode, diffusé cette semaine, était un pur délice. Enfin, Béatrice et Benoît ont renoué, réalisant ce que tout le monde autour d'eux savaient depuis des lunes, soit qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Et la mort du personnage de Louis Leblanc en finale a fait disparaître, nous semble-t-il, le nuage gris qui planait toujours au-dessus de la tête de Béatrice, jouée de façon magistrale par Sophie Lorain. La dernière prise nous laisse sur une intrigue: pourquoi Béatrice a-t-elle manqué son rendez-vous avec Monsieur P? Est-elle partie sur sa bulle d'amour avec Benoît ou lui est-il arrivé un autre malheur? On ne le saura qu'en septembre. Patience!  Daphné Bédard
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Pour une dernière fois
Les adieux de <em>L'auberge du chien noir</em>
On a beau aimer ou ne pas aimer: L'auberge du chien noir aura duré 15 bonnes années, une longévité exceptionnelle en hebdomadaire, battant le record de 14 ans tenu par Les belles histoires des pays d'en haut. Jeudi soir, pour le 377e et ultime épisode sur ICI Radio-Canada Télé, toute l'équipe faisait ses adieux au public, sur l'air d'Au bout de mes rêves de Jean-Jacques Goldman. L'heure était à la nostalgie avec le grand départ de Marc (Vincent Graton). Ceux qui rêvaient de le revoir avec Mathilde (Isabelle Lemme) ont été à moitié exaucés, les auteurs laissant planer le mystère sur leur possible réconciliation. La fin de L'auberge marque aussi la fin de 65 ans de production de fictions à Radio-Canada, le diffuseur ayant cédé tout ce dossier au privé. De leur côté, Sylvie Lussier et Pierre Poirier planchent sur une nouvelle série, dont le titre de travail est Marie maraîchèreRichard Therrien