La représentation de vendredi de Gregory Charles se distinguait des autres en raison du contexte. «Des fois, le message le plus puissant, c'est de chanter ensemble», a lancé le chanteur hyperactif.

Noir et Blanc 2: sous le signe de l'unité et de la tolérance

CRITIQUE / De par sa nature fortement improvisée, Noir et blanc 2, le spectacle qui réunit Gregory Charles et Marc Hervieux, est différent soir après soir. Or la représentation de vendredi, au Capitole, se distinguait certainement de toutes les autres, teintée par l'attentat qui a secoué la ville, dimanche.
En montant sur les planches, Gregory Charles a dit comprendre que la semaine avait été éprouvante pour Québec et pour toute la province, mais qu'Hervieux, lui et le public étaient là pour avoir du plaisir.
Ils ont tenu parole, ce qui ne les a pas empêchés, en fin de première partie, de se lancer dans un pot-pourri sensible, s'ouvrant sur Hallelujah, de Leonard Cohen, puis intégrant Une chance qu'on s'a, de Jean-Pierre Ferland et Quand les hommes vivront d'amour, de Raymond Lévesque. 
Au terme de l'interprétation, la foule était debout et c'est un Gregory Charles très ému qui a déclaré «des fois, le message le plus puissant, c'est de chanter ensemble.» 
L'hyperactif du showbiz québécois a poursuivi en remarquant que toute la semaine, la planète avait les yeux rivés sur Québec et avait constaté combien l'unité et la tolérance avaient été les réponses à la violence. Pour lui, ce deuil s'ajoutait à celui de sa maman, qu'il a perdu il y a peu. Or il a insisté pour dire qu'au delà de son chagrin, sa mère lui avait fait le don de la musique, qui lui permettait d'être heureux. Un don qu'ont aussi les Québécois: «Nous avons le don d'être profondément heureux par la musique et de l'offrir à ceux qui ont le privilège de venir vivre chez nous.»
Revue et augmentée
Noir et blanc 2 est en quelque sorte une version revue et augmentée, avec la présence de Marc Hervieux, du spectacle que Gregory Charles avait présenté à partir de 2002. Dans un premier temps, les deux hommes ont revu des incontournables des années 50 à aujourd'hui, où, comme le titre du show l'indique, des Blancs chantaient souvent de la musique noire et vice versa. Derrière son piano, Gregory Charles commande son orchestre de six musiciens, part d'une chanson qu'il choisit sur le coup - il a maintes fois indiqué que rien n'était préparé - pour en faire des medleys. Hervieux s'est intégré dans la formule avec aisance, autant au chant qu'avec ses réparties humoristiques. Il pouvait utiliser toute la puissance de ses envolées lyriques, mais aussi opter pour une approche pop nuancée.
En deuxième partie, les deux hommes ont répondu aux demandes spéciales des spectateurs selon le concept qui est devenu la signature de Gregory Charles. Ils sont allés de Poker Face de Lady Gaga à Uprising de Muse, non sans un segment de Turandot
On a eu droit à un autre moment touchant quand les chanteurs sont descendus dans la foule pour répondre à la demande d'une spectatrice, Louise, qui fait face «à un défi de santé majeur». Toute la foule s'est levée pour Ça fait rire les oiseaux, de la Compagnie Créole, afin de lui donner de l'énergie...
La soirée s'est terminée en puissance, lorsque Charles et Hervieux ont été rejoints par les petits chanteurs de Charlesbourg.
Si, dans sa forme, Noir et blanc 2 n'est forcément pas aussi surprenant que son prédécesseur, il reste que la formule fonctionne toujours aussi bien et que vendredi, on a eu droit à une large palette d'émotions...