Nana Mouskouri au Grand Théatre de Québec en avril 2014

Nana Mouskouri a pleuré en visitant l’exposition consacrée à Cohen

La chanteuse Nana Mouskouri ne pouvait laisser passer la chance de revivre les souvenirs de son vieil ami Leonard Cohen.

L’artiste grecque était de passage à Montréal, le mois dernier, pour faire la promotion de sa tournée canadienne, lorsqu’elle a réalisé que ce serait peut-être sa seule occasion de voir l’exposition consacrée au poète au Musée d’art contemporain.

L’exposition Une brèche en toute chose/A Crack in Everything prend fin jeudi et pourrait ensuite partir en tournée internationale.

Tourbillon d’émotions

Nana Mouskouri a été plongée dans un tourbillon d’émotions lorsqu’elle a de nouveau vu et entendu Leonard Cohen.

«J’ai pleuré tout le long, raconte la femme de 83 ans. Mon cœur battait à pleine vitesse. Il y avait tellement de gens et c’était vraiment encourageant. Ils devaient y aller, et moi aussi, je devais y être.»

L’exposition a permis à la chanteuse de renouer avec l’amitié qu’elle a entretenue avec le Montréalais pendant des décennies. Elle n’avait pas été en mesure d’assister aux événements organisés à Montréal après sa mort en novembre 2016, à l’âge de 82 ans.

Nana Mouskouri et Leonard Cohen se sont rencontrés pour la première fois au début des années 70, quand il s’est présenté à un de ses concerts à Montréal et qu’il l’a ensuite invitée chez lui pour un café, a-t-elle déjà raconté dans de précédentes entrevues.

Ils se sont retrouvés à Los Angeles en 1974 lors d’une réception qu’ils ont quittée pour aller assister à un concert de Bob Dylan. Les trois chanteurs se sont rencontrés derrière la scène, où ils ont forgé une amitié durable.

Cette amitié n’a jamais faibli au fil des ans, même s’ils se sont rarement croisés dans leur parcours professionnel respectif.

Nana Mouskouri s’est retirée pendant près de dix ans, mais Leonard Cohen s’est empressé de l’encourager quand elle a annoncé son retour en 2014.

«Il y a vingt ans, dans ce monde étrange, vous avez fait entendre votre voix en chantant. Je vous ai entendue à ce moment et je vous entends maintenant. J’écoute. Nous écoutons tous», lui avait-il notamment écrit.

Un mentor

La chanteuse grecque considère qu’il s’agissait des paroles d’un mentor.

«Il est entouré d’un mysticisme religieux. Il y a ceux qui ont foi en son œuvre et ses paroles (...) et j’en fais partie, a-t-elle dit. J’écoute (ses) disques très souvent. J’essaie de lire encore plus loin entre les lignes pour en découvrir plus. Ce n’est pas facile, mais c’est merveilleux.»

Le nouvel album Forever Young de Nana Mouskouri révèle au grand jour son admiration pour Leonard Cohen avec son interprétation de Hallelujah, une chanson qu’elle sait avoir été adaptée par d’autres artistes un nombre incalculable de fois au fil des ans.

Elle croit qu’il s’agissait toutefois de la meilleure chanson pour commémorer le départ de son ami. Ses paroles faisaient écho à ses sentiments et elle ne voulait pas «déranger» son œuvre plus récente en l’enregistrant elle-même.

Ce nouvel album de Nana Mouskouri comprend aussi des chansons comme (Everything I Do) I Do It For You, de Bryan Adams; Love is a Losing Game, d’Amy Winehouse; et la chanson titre, qui a tout d’abord été interprétée par Bob Dylan.

À Québec le 18 mai

Sa tournée canadienne entraînera Nana Mouskouri à travers le pays. Elle sera notamment au Grand Théâtre de Québec le 18 mai et à la Maison symphonique de Montréal le lendemain.

La chanteuse ne sait pas ce qui l’attend après cet album.

«Je ne suis plus en position de dicter ce qui arrivera ensuite, a-t-elle dit. Commençons par bien faire ceci, et on verra pour l’avenir. Le futur appartient aux jeunes de toute manière.»