Musique

Rachid Taha enterré vendredi dans sa ville natale

ALGER — Le chanteur algérien Rachid Taha, figure du rock français des années 1980 et voix du raï et du chaâbi, décédé mercredi, sera enterré vendredi dans sa ville natale algérienne de Sig, près d'Oran, a indiqué jeudi à l'AFP son fils Lyes.

Sa maison de disques, Believe, avait initialement annoncé qu'il serait enterré à Alger.

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Mort du chanteur Rachid Taha

PARIS — Il fut une des figures du rock français des années 80, en reprenant avec son groupe Carte de Séjour «Douce France» de Charles Trénet, avant de devenir une voix passionnée du raï et du chaâbi de son Algérie natale : Rachid Taha est mort à 59 ans d’une crise cardiaque.

«Son fils Lyes, sa famille, ses proches, tous ses amis et son label Naïve, ont le regret et l’immense tristesse d’annoncer le décès de l’artiste Rachid Taha, survenu cette nuit suite à un arrêt cardiaque à son domicile des Lilas», selon un communiqué.

«C’était un ami pour qui j’avais une grande et profonde affection. Rachid Taha était talentueux, original et généreux. C’était un artiste à la fois créatif et atypique. Il incarnait un idéal, une fraternité en actes, combative et militante. Il était l’esprit de cette France arc-en-ciel et tolérante», a réagi l’ancien ministre de la Culture, Jack Lang.

«Que de souvenirs professionnels : le succès de Ya rayah, le concert historique de 1,2,3 soleils et que de fêtes, de discussions et de rires jusqu’à la fin de la nuit! Quelle tristesse ..! RIP l’ami», a pour sa part écrit le producteur Pascal Nègre.

«Rachid Taha était un grand artiste, mon ami et mon frère, il sera dans mon cœur pour la vie», a twitté le chanteur Axel Bauer.

Taha était une des personnalités fortes et attachantes de la scène rock française dès ses débuts en 1981 avec Carte de Séjour, qu’il avait formé à Lyon avec quatre autres musiciens et dont il était le charismatique leader.

Si musicalement Carte de séjour s’était démarqué en réussissant la fusion entre raï et rock — une démarche artistique que ne cessera d’avoir Taha par la suite, mélangeant, sons moyen-orientaux avec musiques world, funk ou techno —, le groupe était très engagé dans sa prose. Au point de devenir un porte-drapeau de la communauté française d’origine maghrébine de seconde génération.

«Algérien pour toujours, Français tous les jours»

Né en Algérie, près d’Oran, et arrivé en France à 10 ans, il était encore ouvrier quand il se lança dans l’aventure Carte de séjour. Incarnant la génération beur, le groupe participa notamment à la fameuse Marche pour l’égalité et contre le racisme en 1983.

Une chanson illustra l’engagement qui caractérisa Taha jusqu’au bout. Douce France (1986), que le chanteur et compositeur français Charles Trénet créa en 1943 pour soutenir les expatriés de force durant la Seconde Guerre mondiale, Taha en fit l’hymne d’une jeunesse française métissée et tolérante.

En solo à partir de 1989, Taha, qui a grandi avec le punk et le rock, ne cessa par la suite d’y rester fidèle, tout en les infusant de musique orientale, comme avec sa reprise de Rock the Casbah (2004) des Clash.

Auparavant, il renoua avec le succès avec Voilà, voilà en 1993, un titre fustigeant le retour de la montée des extrêmes dans la Douce France.

«Étranger, tu es la cause de nos problèmes/Moi je croyais qu’c’était fini/Mais non, mais non, ce n’était qu’un répit», chantait celui qui conserva sa «carte de séjour» jusqu’à la fin et s’en amusait dans son autobiographie Rock la Casbah (2008) en écrivant «Algérien pour toujours et Français tous les jours».

Au chaâbi, Taha donna une exposition hors du monde arabe avec sa reprise en 1997 d’une de ses chansons les plus populaires Al Rayah, immortalisée avant lui par Dahman El Harrachi. Un an plus tard, il remplissait la salle parisienne de Bercy avec Khaled et Faudel pour le spectacle 1,2,3 Soleils.

En 2016, Rachid Taha reçut une Victoire de la musique pour l’ensemble de sa carrière. Il s’apprêtait à sortir un nouvel album, dont le premier morceau devait s’intituler Je suis africain.

Rachid Taha était un habitué des scènes québécoises. Il était venu plus récemment en juillet 2016, au Festival d’été de Québec, pour une cinquième fois.

Musique

Le ROSEQ fête ses 40 ans en grand

RIMOUSKI — La 27e Rencontre d’automne du Réseau des organisateurs de spectacles de l’Est-du-Québec (ROSEQ), qui se tiendra du 10 au 14 octobre à Rimouski, culminera par une soirée spéciale visant à célébrer les 40 ans de l’organisme. Pour l’occasion, le spectacle «Mon cher ROSEQ...» réunira sur scène 10 grands noms de la chanson québécoise qui ont déjà parcouru les routes du réseau.

Le rideau de la programmation de cette Rencontre d’automne tombera le 13 octobre à 20h après le spectacle du 40e anniversaire. Animé par Monique Giroux et mise en scène par Nelson Minville, la production réunira notamment sur scène Laurence Jalbert, Ingrid St-Pierre, Patrice Michaud, Vincent Vallières et Richard Séguin.

Documentaire

Un documentaire sur l’histoire du ROSEQ est actuellement en production. Le tournage et le montage sont assurés par Les Productions Gaspa Vidéo de Carleton-sur-Mer, en Gaspésie. Sous l’œil du réalisateur et scénariste Jean Guénette, le documentaire témoignera du travail des diffuseurs et de la réalité des artistes en tournée.

Ce 40e anniversaire marque aussi le départ à la retraite de celle qui a été, pour plusieurs, l’âme du ROSEQ: Solange Morrissette. Quand elle regarde dans le rétroviseur de ses 20 ans à la direction générale, elle a le sentiment du devoir accompli. Elle n’en a cependant pas moins le vertige en pensant à la retraite. «J’ai beaucoup de tristesse, laisse-t-elle tomber. C’est toute une vie! Je me suis définie par le travail. Il va falloir que je me trouve d’autre chose à faire.» Après une pause et du repos, elle croit que cette «autre chose» sera peut-être de défendre le français dans la diffusion de la chanson au Québec.

Sa succession sera assumée par Frédéric Lagacé, bien connu dans le milieu de la diffusion de spectacles depuis 15 ans, dont les six derniers à la tête du Festi Jazz international de Rimouski. «Je suis reconnaissant de la confiance qui m’est accordée pour la relève de ce défi, indique le musicien de formation. Devant moi, il y a une belle grande famille qui m’attend. Je perçois ça aussi comme une belle manière de me renouveler personnellement.»

Artistes «en vitrine»

Depuis 27 ans, le ROSEQ organise une Rencontre d’automne, qui permet à des artistes de faire découvrir leur talent. 

Bien que l’événement s’adresse aux intervenants des arts de la scène, la population aura 26 occasions d’entendre des artistes lors de leur «vitrine», qui consiste à livrer un extrait de 20 minutes de leur spectacle. Parmi eux, nommons Bïa, David Goudreault, Louis-Philippe Gingras, David Myles, Will Driving West, Gino Quilico, David Marin… 

Les spectacles auront lieu à la Salle Desjardins-Telus de Rimouski et à l’Hôtel Rimouski. La 27e Rencontre d’automne réunira également 105 exposants qui feront valoir leurs offres auprès des diffuseurs de spectacles.

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Chilly Gonzales en équilibre dans l'extrême

PARIS — «Il faut toujours tutoyer les extrêmes avant de trouver le bon équilibre»: génie autoproclamé, artiste punk, virtuose, flamboyant, excentrique et généreux, Chilly Gonzales a sorti vendredi «Solo Piano III» et se dévoile dans un passionnant documentaire bientôt dans les salles.

Shut Up and Play the Piano, de l’Allemand Philipp Jedicke, sortira au Québec le 5 octobre. On y découvre, avec de nombreuses images d’archives, le cheminement du musicien de 46 ans, Jason Beck au civil: son enfance au Canada, sa sulfureuse période berlinoise au tournant des années 2000, son retour aux sources du piano classique qu’il ne cesse de dépoussiérer et qui lui apporte aujourd’hui plénitude, reconnaissance et respectabilité.