Musique

Beyoncé et Jay-Z s'offrent le Louvre

PARIS — Plus de 10 millions de vues en 24 heures pour Beyoncé et Jay-Z devant la Joconde: avec leur nouveau clip, le Louvre s’offre un gigantesque «coup de com» en espérant, au-delà de l’aspect financier de l’opération, élargir son public.

«Dix millions, c’est plus que le nombre de visiteurs annuels au Louvre», s’enthousiasme l’universitaire Françoise Benhamou. «Vous pouvez avoir 9 millions de personnes qui visitent chaque année le Louvre, sans pour autant atteindre certains publics», relève cette spécialiste de l’économie de la culture.

Costume croisé vert clair pour Jay-Z, tailleur pantalon lavande pour Beyoncé: étrangement hiératique, le couple star du r’n’b et du rap est filmé devant Mona Lisa, dans le clip d’Apeshit, tiré de leur nouvel album, Everything is Love, annoncé à la surprise générale en pleine tournée européenne.

La suite du clip est l’occasion de passer en revue les incontournables du musée le plus fréquenté du monde, de la Victoire de Samothrace au Radeau de la Méduse de Géricault, en passant par le Sacre de Napoléon de Jacques-Louis David, devant lequel se déhanchent des danseuses en tenue chair.

Rockfest

Une année solide, un avenir en suspens

Après avoir fait le plein de bon temps et de souvenirs inoubliables, les milliers de festivaliers qui ont participé à la 13e édition du Rockfest de Montebello ont plié bagage et repris le chemin de la maison, dimanche, avec pour la plupart le mal de bloc, les yeux pochés, les tympans amochés, un petit coup de soleil ou deux et le réservoir d’énergie à sec.

Trois jours de festivités plus tard, la page est maintenant tournée sur le Rockfest 2018. Le soleil de plomb qui a régné en maître absolu dans le ciel bleu de l’Outaouais vendredi et samedi a rapidement fait oublier la pluie qui avait contribué, lors de la soirée d’ouverture du jeudi soir, à rendre le site de spectacles légèrement vaseux.

Cette météo, digne d’un scénario hollywoodien, a certainement aidé au niveau de l’achalandage. Aux tourniquets, l’organisation du festival parle une fois de plus d’un succès. La formule revue du festival — avec une programmation musicale coupée de moitié en termes d’artistes présents et trois scènes plutôt que cinq — n’a pas rebuté les mélomanes assidus, loin de là. 

Ajoutées aux quelque autres 70 formations sur place, les grosses pointures telles que Prophets of Rage, Weezer, Godsmack, Stone Temple Pilots, Five Finger Death Punch, Rancid, Sum 41 et Tenacious D ont attiré les masses.

Le bilan complet de l’événement sera fait ces prochains jours, mais déjà le président et fondateur du Rockfest, Alex Martel, estimait dimanche que la foule devrait être comparable aux dernières années où on enregistrait plus de 200 000 entrées sur le site de la marina. « Je pense que la vibe a été super positive. Le feedback que j’ai reçu des festivaliers, des bands et de tout le monde dans village, c’est que ça s’est bien déroulé », a affirmé M. Martel, lorsque joint par Le Droit. 

Comme à l’habitude, l’organisation ne dévoile pas le nombre de billets vendus. Toutefois, selon nos sources, le site de spectacles peut accueillir un maximum d’environ 40 000 personnes, avant d’être saturé. Le lecteur peut ainsi se faire idée approximative des chiffres récoltés à la billetterie.

Musique

Un album commun pour Beyoncé et Jay-Z

NEW YORK — Le couple vedette de la musique Beyoncé et Jay-Z a créé la surprise en annonçant sur scène à Londres samedi soir la sortie d’un nouvel album commun pour célébrer leur amour.

Cet album, intitulé «Everything is love» et comptant neuf titres, est sorti exclusivement sur la plateforme de streaming Tidal, propriété de Jay-Z. Il n’est pas disponible sur Spotify, plateforme concurrente nettement plus importante et dont Beyoncé se moque sur l’album à grand renfort de jurons.

La diva de la pop et le rappeur superstar ont annoncé la sortie de leur nouvel opus à la fin du concert londonien dans le cadre d’une tournée internationale débutée le 6 juin au Royaume-Uni.

Le couple a également publié une vidéo soigneusement chorégraphiée qui se déroule à l’intérieur du Musée du Louvre à Paris pour une chanson tirée de l’album, nommée Apeshit.

La vidéo s’ouvre sur les époux posant, hiératiques, devant la Joconde —Jay-Z vêtu d’un costume croisé vert clair, Beyoncé d’un tailleur pantalon lavande-- et se poursuit avec des danseurs, eux très déshabillés, devant «Le Sacre de Napoléon» de Jacques-Louis David.

Un mariage encore plus public

Au plan musical, Everything is Love marie les styles des deux artistes avec des chansons marquées par une soul chaleureuse et sensuelle et une facture hip-hop.

Dans l’album, la chanteuse de Say My Name et Single Ladies (Put a Ring On It) livre généreusement des détails sur sa vie sexuelle avec Jay-Z.

Les deux vedettes, qui ont eu trois enfants dont des jumeaux nés en juin 2017, avaient déjà enregistré ensemble, comme sur l’album de Beyoncé Drunk in Love, mais livrent leur nouvel album après avoir particulièrement exposé leur vie maritale.

Sur son dernier album solo en 2016, Lemonade, Beyonce avait révélé l’infidélité de son mari. Un an après, Jay-Z lui avait demandé pardon dans son propre album 4:44.

Leur relation semble s’être améliorée, suggère le titre du nouvel album où Beyoncé dit à son mari dès les premières paroles «faisons l’amour en été». Dans la dernière chanson, Lovehappy, ils reconnaissent les difficultés passées, mais aussi leurs efforts de réconciliation. «Nous avons des défauts/,Mais nous sommes toujours parfaits l’un pour l’autre», chante Beyoncé.

Jay-Z et Beyoncé, deux des principales figures de la scène pop afro-américaine, jouent un rôle politique de plus en plus visible après leur soutien à la campagne pour l’ex-président Barack Obama ou au mouvement Black Lives Matter.

Refus du Super Bowl

Everything is Love comporte un hymne à l’identité afro-américaine avec «Black Effect» qui s’ouvre sur un monologue à la manière de Beyoncé, consacré à l’amour de soi-même, avant un sample de soul ensorcelant.

Dans la chanson, Jay-Z cite le nom de Trayvon Martin, un adolescent noir abattu par un vigile en Floride en 2012, et détourne les appels coutumiers au public en concert en rappant «levez les mains en l’air bien haut comme pour une fausse arrestation».

Ailleurs sur l’album, Jay-Z semble confirmer des informations de presse selon lesquelles il a refusé une offre de la Ligue nationale de football américain (NFL) pour le Super Bowl en février - l’événement le plus regardé à la télévision américaine - durant lequel s’était finalement produit Justin Timberlake.

Jay-Z est un partisan affiché de Colin Kaepernick, l’ex-quaterback de San Francisco maintenant sans emploi qui avait initié un mouvement de protestation dans le football contre les violences raciales en mettant un genou à terre durant l’hymne national en 2016. Le président Donald Trump avait alors entamé un bras de fer avec la NFL, exigeant le licenciement des joueurs qui, selon lui, manquaient de respect au pays.

«J’ai dit non au Super Bowl/Vous avez besoin de moi, je n’ai pas besoin de vous», rappe Jay-Z, évoquant ensuite le fait que dans le football américain les employeurs sont presque tous blancs et les joueurs presque tous noirs.

Le rappeur, connu également sous le surnom de Hov, s’en prend directement à M. Trump sur un autre morceau, avec Beyoncé et intitulé «Salud!», qui ne figure pas sur l’album, mais a été publié simultanément en bonus.

«Votre président tweete à propos de Hov comme s’il nous connaissait/Mon chemin vers le sommet c’était pour reprendre ce que vous nous devez», rappe Jay-Z.

La nouvelle tournée du couple vedette, intitulée «On The Run II» en référence à celle de 2014, traverse l’Europe avec deux dates en France - le 14 juillet à Saint-Denis au Stade de France et le 17 juillet à Nice - avant de se poursuivre outre-Atlantique pour s’achever à Vancouver au Canada le 2 octobre.

Musique

Trois questions à Yannick Nézet-Séguin

Le concert d’ouverture du Festival international du Domaine Forget a été confié à l’Orchestre métropolitain, dirigé par Yannick Nézet-Séguin. Le chef montréalais a accepté de répondre à quelques questions par courriel, entre une tournée en Israël avec l’Orchestre de Philadelphie qui a causé bien des remous — et qu’il a préféré ne pas aborder — et une série de concerts avec l’Orchestre de chambre d’Europe.

Celui pour qui «faire de la musique, c’est transmettre de la beauté», est évidemment ravi d’aller jouer au Domaine pour présenter le concert en hommage à Mme Jacqueline Desmarais, «amoureuse insatiable de musique» et «grande dame qui a tant fait pour les artistes et institutions musicales d’ici».

1. Pouvez-vous nous dire quelques mots sur les œuvres au programme le 23 juin? 

Le Concerto pour flûte de Jacques Ibert est une œuvre magnifique, très colorée, où le soliste brille grâce à une partition qui requiert beaucoup d’agilité. Bien que relativement complexe et rarement joué en concert, ce concerto est très amusant et demande une grande cohésion entre le soliste et l’orchestre, notamment en raison de la précision rythmique qu’il exige. Le Concerto pour piano no 1 de Tchaïkovski est assurément l’une des œuvres les plus connues, les plus aimées du public, et on comprend bien pourquoi! Son grand lyrisme, son côté majestueux et généreux, l’héroïsme qui se dégage de la partition du pianiste, jumelés à la grandeur de l’orchestration, en font un chef-d’œuvre aussi stimulant à interpréter qu’à entendre. La 4e Symphonie de Tchaïkovski, que j’ai dirigée plusieurs fois cette saison avec différents orchestres, est une œuvre que je redécouvre chaque fois. Bien que bouleversante et exigeante pour l’orchestre à cause de la grande charge émotive qui s’en dégage, je sais que les musiciens de l’OM adorent cette grande symphonie et qu’ils saisiront, tout comme moi, l’occasion de s’abandonner à sa beauté inspirante. 

2. Parmi vos prochains engagements, qui sont nombreux, lequel a une importance particulière à vos yeux? 

Des défis merveilleux et stimulants m’attendent au Metropolitan Opera de New York où j’entrerai officiellement en poste comme directeur musical à la mi-août. Dans l’immédiat, j’enregistrerai La Flûte enchantée, mon sixième opéra de Mozart pour Deutsche Grammophon, en juillet à Baden Baden, puis je dirigerai plusieurs concerts d’été avec mon Orchestre métropolitain, notamment au Festival de Lanaudière et au sommet du Mont-Royal, pour notre concert traditionnel, en symbiose parfaite avec Montréal, ma ville. J’ai bien hâte! 

3. Que faites-vous lorsque vous ne faites pas de musique? 

Les gens sont parfois étonnés d’apprendre que je suis plutôt doué dans l’art de relaxer! Je suis aussi un passionné de tennis et un grand fan de Rafael Nadal! J’aime lire et aller au cinéma, me rendre au marché pour choisir des aliments frais, surtout l’été. Je suis un amateur de champagne. Je m’entraîne aussi régulièrement avec mon entraîneure privée.