Le 7 janvier, à l’occasion d’une soirée soulignant les 20 ans de la Ligue, les spectateurs rassemblés à L’Impérial ont ainsi eu droit à un affrontement où chacune des trois périodes renvoyait à l’époque du Fou Bar, de Méduse et du Cercle.

Vingt ans d’impro musicale à Québec

Le 9 janvier 1999, par une soirée de grand froid, des dizaine de curieux patientent devant un Fou Bar bondé, rue Saint-Jean, afin d’obtenir une place pour le premier match de la Ligue d’improvisation musicale de Québec (LIMQ). Vingt ans, 158 parties et 2500 impros plus tard, ses fondateurs se félicitent de voir ce concept festif perdurer et continuer à séduire un public friand de performances parfois mémorables.

À l’époque, Annie Frenette et Martien Bélanger ne se doutaient pas qu’un simple événement de levée de fonds allait passer à l’histoire. «J’avais coécrit avec une amie la pièce Les parapluies du faubourg et nous cherchions une façon d’aller chercher de l’argent, raconte la cofondatrice. L’idée est venue de faire un match d’improvisation musicale, basé sur les mêmes règlements que la Ligue nationale d’improvisation. On a seulement remplacé les comédiens par des musiciens.»

Martien Bélanger a été un artisan de la première heure, en compagnie de son grand ami et collaborateur Fred Lebrasseur. Les deux hommes comptent parmi la centaine de musiciens professionnels qui, au fil des ans, ont fait étalage de leur talent à improviser, que ce soit à la guitare, à la batterie ou aux claviers, sur des thèmes et des genres souvent loufoques.


« L’idée est venue de faire un match d’improvisation musicale, basé sur les mêmes règlements que la Ligue nationale d’improvisation. On a seulement remplacé les comédiens par des musiciens »
Annie Frenette, cofondatrice de la LIMQ

Après le Fou Bar, le complexe Méduse et le Cercle, c’est maintenant sur les planches de L’Impérial, rue Saint-Joseph, que s’affrontent, chaque premier lundi du mois, deux équipes de quatre musiciens, selon les mêmes règlements édictés en 1977 par le regretté Robert Gravel pour la Ligue nationale d’improvisation.

Un arbitre, Jean Bélanger, en poste depuis les débuts de la ligue, veille à ce que les joueurs respectent le thème et le style de l’improvisation. À l’issue de chaque numéro, le public est invité à voter pour la meilleure équipe à l’aide de cartons de couleur.

Un arbitre, Jean Bélanger (à droite), en poste depuis les débuts de la ligue, veille à ce que les joueurs respectent le thème et le style de l’improvisation.

Pantoufles en phentex

«Le rôle de l’arbitre, c’est de nous haïr. Il ne connaît rien à la musique...» lance Martien Bélanger, pince-sans-rire. Au micro, Michel Marcoux et Marc Bélanger passent au peigne fin, avec humour, chacune de ses décisions, ainsi que les performances des joueurs. Que ce soit les commentaires des deux analystes ou les échanges entre les capitaines et l’arbitre, le ton est toujours narquois et bon enfant. Tout est prétexte à la rigolade.

Le 7 janvier, à l’occasion d’une soirée soulignant les 20 ans de la Ligue, les spectateurs rassemblés à L’Impérial ont ainsi eu droit à un affrontement où chacune des trois périodes renvoyait à l’époque du Fou Bar, de Méduse et du Cercle. Parmi les curiosités, une improvisation sur le thème de Lâche-pas la patate, version latino, à la manière de Ti-Gus et Ti-Mousse... 

La propriétaire du Fou Bar, Lily Jodoin, considérée comme «la marraine» de l’impro musicale à Québec, est également montée sur les planches pour entonner une impro endiablée avec les musiciens.

Si les décisions controversées de l’officiel de la LNI étaient souvent reçues avec un déluge de claques en caoutchouc, lancées sur la patinoire, la LIMQ n’est pas allée aussi loin. «À l’époque, les spectateurs recevaient des pantoufles en phentex. On a arrêté d’en donner, car certains y mettaient des objets», mentionne Annie Frenette. 

Annie Frenette et Martien Bélanger, les cofondateurs de la Ligue d’improvisation musicale de Québec

Unique et inattendue

Le choix du lundi soir pour tenir les rencontres ne tient pas du hasard. C’est le moment de la semaine où les musiciens sont libres. «On fait ça le lundi, parce qu’il n’y a pas de musiciens disponibles les jeudis, vendredis et samedis, explique Martien Bélanger. On n’avait pas envie de passer notre temps à courir des remplaçants. Le lundi soir, on n’a pas non plus à se battre contre d’autres activités en ville, c’est plus tranquille.»

Parmi les spectateurs présents à ce spectacle anniversaire, une professeure du cégep Lévis-Lauzon, venu avec son conjoint et son fils de 12 ans. «On vient une fois par année, après les Fêtes. C’est une façon de découvrir des musiciens dans un autre contexte, explique Annie Demers-Caron. Chaque impro est unique et inattendue, et nous amène ailleurs.»