Le spectacle d'Éric Lapointe (au centre), accompagné de Daniel Boucher (à gauche) et de Kevin Parent

«Une très belle édition» des 30es Francofolies

MONTRÉAL — Les 30es Francofolies de Montréal auront été particulièrement florissantes et les organisateurs doivent remercier en partie Dame Nature, qui a amené du temps chaud et ensoleillé aux premiers jours du festival.

Les organisateurs ont fait part de leur bilan de l’événement samedi, un jour avant la fin des festivités.

En entrevue samedi après-midi, le directeur de la programmation des Francofolies, Laurent Saulnier, a révélé qu’ils avaient atteint leurs objectifs, tant sur la vente de billets que sur les ventes sur le site - on entend par là la consommation de nourriture et de boisson sur les lieux du festival.

Au moment de faire ce bilan, il restait tout de même une soirée et une journée entière aux Francofolies, ce qui pourrait les amener à même dépasser leurs attentes.

Ces chiffres encourageants ne sont pas étrangers aux bonnes conditions météorologiques observées dans les cinq à six premiers jours du festival, selon M. Saulnier.

Le bon temps a «changé la donne complètement», a-t-il insisté.

Cette année lucrative pourrait toutefois ne pas suffire pour combler le déficit du festival, a nuancé M. Saulnier.

«Je ne crois pas que nos objectifs seront suffisamment dépassés pour qu’on puisse résorber l’entièreté du déficit, mais chose certaine, on va en gruger une petite partie, ça, ça me semble assez sûr», a-t-il soutenu.

Parmi les journées les plus achalandées de cette année, il y avait le premier samedi du festival, lors duquel se sont produits l’artiste hip-hop Souldia, Laurence Jalbert et Éric Lapointe sur les différentes scènes extérieures.

Les spectacles de Daniel Bélanger et d’Amadou et Mariam, présentés le mardi suivant, ont aussi été très populaires.

Hubert Lenoir

La révélation Lenoir

Selon Laurent Saulnier, la grande révélation de ce festival est sans aucun doute Hubert Lenoir, lauréat du prix Félix-Leclerc, une récompense remise chaque année aux Francofolies.

Le chanteur au style androgyne a fait une «énorme impression» à ces 30es Francofolies, selon M. Saulnier.

«Chaque fois que Hubert débarque sur une scène, il se passe quelque chose, a-t-il souligné. C’est juste un démarrage ici, oui, c’est vrai, mais ça va aller extrêmement vite pour lui ici et en Europe, ça, c’est sûr et certain.»

Des 31es Francofolies à l’image des 30es?

Pour célébrer son 30e anniversaire, le festival a offert un total de 150 spectacles gratuits et a prolongé l’événement pour un jour de plus.

L’an prochain, ce pourrait être une année plus «normale», mais il est encore trop tôt pour le dire, selon le directeur de la programmation.

«L’an dernier, ça devait être une année normale, et puis finalement, le 375e anniversaire de la ville arrive, et puis on a ajouté une journée aussi l’an dernier», a-t-il indiqué.

«J’allais dire que l’an prochain, ça devrait être une édition normale, où on va terminer le samedi, et là, au moment où j’allais le dire, je me suis dit: «Tout d’un coup que...»», a-t-il ajouté en éclatant de rire.

«Mais normalement, l’an prochain, ça devrait se terminer le samedi et ne pas [se poursuivre] pour un deuxième dimanche.»

Des négociations en cours

Lorsque les organisateurs faisaient leur bilan de l’événement l’année dernière, ils avaient lancé un cri du coeur pour obtenir plus de soutien financier.

«Le message qu’on lance à nos partenaires, c’est de nous aider à créer un développement durable pour cet événement-là, pour qu’il puisse continuer à faire le travail qu’il fait auprès des artistes», avait déclaré le président-directeur général des Francofolies.

Un an plus tard, Laurent Saulnier reconnaît que «tout n’est pas réglé», mais les organisateurs sont en ce moment en négociation avec plusieurs acteurs pour tenter de remédier au problème.

«Tout n’est pas encore réglé, mais on avance. On espérait pouvoir le régler avant les Francos, ce n’est pas fait, mais ce n’est pas grave, on a bon espoir que tout ça se règle d’ici la 31e édition», a-t-il expliqué.

«On parle à plein de monde, parce que le problème qu’on a n’est pas que d’une source.»

M. Saulnier a donné l’exemple des ventes sur le site, qui sont affectées par la multiplication des commerces autour du Quartier des spectacles où est établi le festival.

«Il y a tout un système qu’on essaie de trouver actuellement avec les commerçants, avec la municipalité, pour trouver une façon de récupérer une partie de ces revenus qui ne sont plus chez nous», a-t-il indiqué.