À la suite de l'attentat au Centre culturel islamique, Byron Mikaloff, des Lost Fingers, a mis sur pied le spectacle «Ensemble», afin de créer un mouvement d'unité et d'ouverture.

Une année d'ouverture pour Byron Mikaloff

Ces artistes de Québec ont marqué l’année de belle façon, chacun dans leur domaine. Découvrez quel bilan ils tirent de l’année qui se termine, leurs coups de cœur et ce que 2018 leur réserve. Aujourd’hui : Byron Mikaloff du groupe The Lost Fingers

Comme tous les citoyens de Québec, Byron Mikaloff a débuté l’année 2017 avec mélange de terreur, de tristesse et d’incompréhension devant l’attentat qui a eu lieu au Centre culturel islamique. Or il s’est empressé, avec le concepteur Olivier Dufour, de transformer l’horreur en un grand mouvement d’unité et d’ouverture par l’entremise du spectacle collectif Ensemble. Son année a aussi été couronnée, avec sa formation The Lost Fingers, de différents moments forts, comme le succès du clip Le Vol du bourdon, visionné par 1,7 million d’internautes, ou d’un concert sans électricité... 

›  Quel est ton meilleur souvenir de 2017?

«Il y en a deux qui me touchent particulièrement, pour des raisons différentes. Le show Ensemble avec Olivier Dufour, c’est un des shows les plus pertinents que j’ai faits dans ma carrière. Ça va plus loin que juste les Lost Fingers, c’était quelque chose de rassembleur, pour la ville en entier. C’est triste, c’est une tragédie, mais parfois dans une tragédie, tu vois qui sont les vrais humains. [...] L’art pour moi, c’est égoïste et ce show-là, ç’a démontré que l’art peut être inclusif, quand tu utilises tout ce que tu as créé pour le bien-être des autres. 

L’autre souvenir, c’est un moment vécu récemment à Amos le [4 décembre], dans une salle où l’on a présenté notre nouveau spectacle, Coconut Christmas. Après la sixième chanson, notre reprise de New Year’s Day, de U2, pouf! Les guitares ont lâché! Il n’y avait plus d’électricité! Il n’y avait des lumières [de secours] que dans les escaliers... Les gens ont allumé leurs téléphones cellulaires et je leur ai demandé «est-ce que vous en voulez plus?» Ils ont dit oui, alors on a joué une heure dans la noirceur totale. Le courant est revenu vers 22h30, quand on est allé signé des autographes! Un moment comme ça, ça n’arrive pas souvent!»

› Ton coup de cœur artistique cette année?

«J’aime beaucoup l’album de Beck [Colours] et celui de Jamiroquai [Automaton], aussi. C’est sûr que ce sont deux groupes qui sont parmi mes classiques. Jamiroquai, je l’aimais bien, je trouve qu’il est revenu en force avec un bon album, peut-être pas son meilleur, mais plus inspiré que les autres. J’adore sa nouvelle équipe et je l’aime beaucoup comme showman. [...] Et l’album de Beck, je le trouve écœurant! La chanson Dreams est parue six mois avant l’album et j’ai dit «wow!» Il est tellement solide comme artiste. Album après album, il se maintient. C’est un des rares artistes avec lequel tu vas toujours être surpris et toujours satisfait.»

› Une déception en 2017?

«Je crois que c’est la grosse montée de racisme ou plutôt la liberté de penser que c’est dans notre droit d’avoir une opinion et que l’on peut être raciste. Je ne suis vraiment pas d’accord avec ça. Ça m’affecte personnellement, parce que je trouve que ce n’est pas seulement un manque d’éducation, mais un manque de proximité, un manque de cœur, carrément. Ne pas laisser la chance à quelqu’un parce qu’il est de tel type ou de telle couleur, ça c’est ma déception et on dirait que cette année on a vu ça de manière plus prononcée que les autres années.»

› Ce que te réserves 2017?

«C’est notre dixième anniversaire, alors pour The Lost Fingers, ça va être la fête, il va y avoir beaucoup d’activités spéciales. Il va y avoir des pop-up à gauche et à droite et on réserve un show pour notre dixième anniversaire. Je peux juste annoncer que ce sera en octobre, mais je ne peux pas dévoiler où, ni qui sera impliqué, mais ça se peut qu’il y ait de grandes vedettes de renommée internationale. Ce sera un genre de best ofait depuis 10 ans.»

› Ce que tu souhaites pour Québec?

Je souhaite que dans la population en général, il y ait une plus grande synergie, une plus grande communication entre les différents groupes ethniques. Je souhaite qu’on soit capable d’avoir un discours et que [les citoyens de] la ville soient capables de se rapprocher et d’accepter leurs différences. J’espère aussi qu’on va avoir un nouveau système de transport, soit un monorail ou quelque chose qui est capable de s’adapter aux besoins de Québec. Je suis content qu’il n’y ait pas de troisième lien, c’est une sage décision en ce moment. Je souhaite un système de transport plus pratique pour les gens pour partir de l’aéroport, de l’université ou des différentes institutions gouvernementales.