Kim Churchill amorce une tournée québécoise pour faire découvrir les chansons de Weight_Falls, son plus récent album, qu’il a complètement réécrit en une semaine juste avant son lancement.

Un Kim Churchill plus accompli

Plus mûr, plus accompli, l’Australien Kim Churchill s’entoure pour la première fois de musiciens sur scène pour présenter les chansons de son album Weight_Falls. En tournée dans un Québec qu’il affectionne particulièrement, il propose un spectacle qui se collera davantage aux sonorités de sa plus récente rondelle de 13 titres.

« Je continue d’être un homme-orchestre, avec ma guitare, ma grosse caisse, ma caisse claire et mon harmonica, mais maintenant, il y a deux autres personnes sur scène. Ce sera le Kim Churchill que les gens connaissent avec un percussionniste de chaque côté. Je dois donc être meilleur. J’ai dû apprendre à compter les temps, à chanter en harmonie, pour que le son soit celui que j’ai imaginé dans ma tête », lance l’auteur-compositeur-interprète.

« Il y a assurément plus d’énergie parce qu’il y a trois batteries sur scène. C’est beaucoup plus dans la zone où je veux amener les spectateurs. Si ça se trouve, le spectacle se rapprochera davantage de la façon dont ces chansons ont été enregistrées, ce qui est très bien. Quand je jouais seul sur scène, il était important d’offrir un bon spectacle avec ce que j’avais, alors je jouais souvent plus vite que sur l’album, avec moins d’émotion, et je chantais vraiment à pleins poumons. Maintenant, le soutien des autres musiciens me permet de trouver la puissance naturelle de chaque pièce. Mais j’ai gardé des moments pour des interprétations en solo, comme avant. »

Ce sera le cas pour la magnifique Rosemary, une ballade très particulière inspirée par les derniers moments de sa grand-mère et racontant l’affection unissant deux vieillards en fin de vie. « C’est devenu un de mes moments préférés du spectacle. J’ai été privilégié d’assister à l’histoire de ma grand-mère et de pouvoir en faire une chanson. »

Un album complet jeté

Rosemary est d’ailleurs l’une des rares chansons ayant survécu à la réécriture complète d’un album abandonné alors qu’il était prêt à être lancé. Kim Churchill avait voyagé au Pérou, au Sri Lanka, au Canada. La route parcourue lui avait soufflé des chansons, des airs de folk, des histoires à raconter en mariant sa voix et sa plume.

« J’avais enregistré un album au complet, mais j’avais ce sentiment que quelque chose clochait. Même si tout le monde semblait relativement content du résultat, j’avais l’impression que personne n’était très emballé. J’ai décidé de tout jeter et d’écrire un nouvel album en une semaine. Ce nouvel album est donc une façon de réaliser une percée, de mettre le doigt précisément sur ce que je voulais, d’émerger. C’est un processus qui m’a permis d’apprendre à ne pas m’accrocher aussi désespérément. C’était un problème avec les autres albums : je voulais tellement que ce soit bon que je finissais par étouffer mes chansons. J’ai appris à relaxer, à laisser les choses se développer. »

« Dans le passé, je ne savais pas très bien ce que je faisais. C’était comme si je faisais un pari. Les meilleures chansons qui se dégageaient du hasard de mes compositions étaient celles que j’enregistrais pour l’album. Parfois, je trouvais cette magie particulière sur deux ou trois titres seulement. Sur cet album, j’ai trouvé comment y arriver chaque fois. J’espère que c’est ce qu’on entend, c’est-à-dire plus de maturité, de ma propre compréhension de ce que je fais. Je suis heureux d’en être rendu à un point où toutes les chansons de l’album atteignent un certain niveau. »

Les pièces nées dans les ruines incas ou dans les vagues de l’océan Indien ne correspondaient plus à ce qu’il était. « Normalement, j’écrivais en voyageant. J’ai été très inspiré au Sri Lanka, au Pérou... mais à un moment précis, j’ai eu besoin de m’arrêter, de ralentir, de trouver un endroit silencieux pour me recentrer et ensuite écrire mes chansons. Plusieurs des pièces émanant de mes voyages étaient intenses, pleines d’énergie, au point d’être trop colorées, voire éblouissantes. J’avais perdu mon équilibre. »

Classe à part

Il n’y avait pourtant pas de doute que Rosemary se faufilerait. « Elle est dans une classe à part. Je n’ai jamais eu une once de doute qu’elle serait sur l’album. »

La chanson CYGO a aussi trouvé une deuxième vie. « C’était une chanson intitulée Can You Go On. Elle a survécu, mais a été sérieusement transformée », précise-t-il.

Ses admirateurs pourront donc profiter de la tournée Weight_Falls pour entendre pratiquement toutes les chansons du dernier album, de même que les titres principaux de l’effort précédent, Silence/Win. Quelques compositions choisies selon l’humeur du moment seront tirées des premières réalisations de Kim Churchill.

« Ça peut devenir énorme, complètement fou et plein d’énergie par moments, et très doux et magique, je l’espère, dans les instants acoustiques. La chanson The Border a une ambiance très sympathique sur l’album, à la Radiohead. Sur scène, c’est un moment énorme et excitant, mais je ne sais pas pourquoi, parce que nous la jouons exactement comme sur l’album. Le fait de jouer au rythme de l’album, sans accélérer comme je le faisais avant, est complètement magique. »

La tournée se poursuivra jusqu’à la fin de 2018 et pourrait bien ramener le blondinet dans les festivals québécois cet été. « Il est trop tôt pour le dire, mais je suis assez certain que vous me reverrez au cours de l’été. »

Kim Churchill lors de son passage à la Fête du lac des Nations en 2014.

Un fervent amour pour le Québec

Par trois fois le chanteur Kim Churchill a présenté son folk au parc Jacques-Cartier dans le cadre de la Fête du lac des Nations. Il jure que, de chacune de ses prestations, il garde un souvenir impérissable. Son idylle avec le Québec est à ce point importante qu’il avait promis, sur les planches du Théâtre Granada en 2011, qu’il apprendrait le français pour ses prochaines visites.

« Malheureusement, ça ne s’est pas produit. Le problème, c’est que je commence à apprendre quand je viens au Québec. Je retiens de plus en plus de mots et je promets que je parlerai français la prochaine fois, mais la vérité, c’est qu’en Australie, nous sommes beaucoup trop loin et que personne n’y parle autre chose que l’anglais. Maintenant, je ne suis pas venu depuis plus de deux ans... »

Mine de rien, le surfeur australien est devenu un habitué de la Fête du lac des Nations. « La première fois que j’y ai joué, il y avait un groupe de spectateurs de mon âge. Ils étudiaient à l’université, j’imagine. Ils nous ont emmenés à une fête complètement folle dans leur maison. C’était la première fois de ma vie que je jouais au beer pong. Ils sont demeurés de très bons amis. Souvent, quand je pars en tournée, je passe surtout du temps avec des gens plus vieux que moi. Je vois aussi beaucoup d’amateurs qui sont plus jeunes, mais avoir la chance de faire la fête avec des gens de mon âge était très spécial pour moi. Je n’oublierai jamais mes spectacles à la Fête du lac des Nations ni ceux au Théâtre Granada. Je me souviens de chacun d’eux. »

Pour la tournée Weight_Falls, Kim Churchill effectuait un retour à Rimouski avant de débarquer à Trois-Rivières, Sherbrooke, Drummondville, Gatineau, Québec et Montréal. « Depuis cinq ou six ans, le Québec est devenu un de mes endroits favoris sur la planète. Ses festivals d’été sont tellement magiques. Je suis heureux d’y voir la réponse de la foule, ça signifie que j’aurai l’occasion de revenir. Pour les spectacles en salle, je préfère les tournées en hiver parce que personne ne veut être à l’intérieur l’été. »

Pourquoi cet amour pour le Québec? « L’été y est tellement verdoyant. La nature est abondante. Les gens sont aussi un peu fous (fous dans un sens positif). Ils sont joyeux, passionnés, énergiques, pas trop précautionneux. Ils sont pleins de vie et c’est le genre de personnes que j’aime bien à travers le monde. Je peux venir au Québec et trouver tellement de gens qui me font sentir vivant. »

Vous voulez y aller
Kim Churchill
Dimanche 25 février, 20 h
Théâtre Granada
Entrée : 36,50 $