Raphaelle Standell-Preston, Taylor Smith et Austin Tufts ont voulu explorer l’instant où les sentiments amoureux disparaissent.
Raphaelle Standell-Preston, Taylor Smith et Austin Tufts ont voulu explorer l’instant où les sentiments amoureux disparaissent.

Un disque intime pour Braids

Le groupe indie rock Braids a décidé d’offrir à son public une musique enivrante aux notes douces et apaisantes pour son quatrième album studio. Les neuf chansons originales de Shadow Offering témoignent d’histoires remplies de craintes et d’incertitudes, mais laissent l’auditeur sur une finale optimiste chargée d’espoir. Le Soleil s’est entretenu avec deux des trois membres du groupe albertain, maintenant installé à Montréal.

La chanteuse, Raphaelle Standell-Preston, et les deux musiciens, Taylor Smith et Austin Tufts, ont tenté, pour leur dernier album, de traiter des relations de couple tout en nuances. Au-delà des moments joyeux que deux êtres qui s’aiment peuvent vivre, les trois membres du groupe Braids ont voulu explorer l’instant où les sentiments amoureux disparaissent.

Conscients qu’ils écrivaient à propos de thèmes plus lourds, les membres du groupe ont composé la musique en s’assurant que celle-ci allait «supporter et donner une conclusion heureuse à leur auditoire». «Peut-être que, dans des albums précédents, nous donnions un peu moins de réponses aux spectateurs, précise Taylor. Dans Shadow Offering, nos chansons passent souvent par des moments de crise ou de solitude, mais nous avons vraiment essayé de toujours tendre vers une finale qui donne de l’espoir aux gens.» Selon Raphaelle et Taylor, il était important que les neuf chansons de l’album tendent la main vers l’auditeur, le supportent et l’aident à traverser les épreuves.

C’est notamment de ce plongeon dans des souvenirs pénibles qu’est né le titre de l’album, Shadow Offering. «Pour moi, c’est important de mettre la lumière sur des moments ou des émotions difficiles que nous traversons, tous, au courant de la vie. Mon but, en tant qu’artiste, c’est vraiment de tirer de la force de ces expériences et de la transmettre au public», explique Raphaelle.

Si Taylor confesse qu’il créait d’abord pour lui-même au tout début de sa carrière, il lui est nécessaire, dorénavant, de faire une nuance entre ce qu’il a envie d’expérimenter sur le moment, en tant que musicien, et ce qu’il aimerait entendre sur un album, en tant qu’auditeur.

«On ne crée pas en fonction de ce qu’un fan de Braids, quelque part dans le monde, voudrait peut-être écouter. On pense au public en se mettant nous-mêmes dans leurs souliers. Je crée ce que, moi, Taylor Smith, j’aurais envie d’entendre à la radio. On ne crée pas pour plaire aux radios», nuance Taylor.

Un travail d’équipe jusqu’au clip

Leur nom l’indique, Braids [tresses], ce sont plusieurs membres tissés serrés. « Nous écrivons et composons tout ensemble de manière volontairement très équitable», souligne notamment Taylor.

Que ce soit l’écriture des chansons ou la collaboration avec d’autres musiciens, Braids est reconnaissant du travail de tous les membres de son équipe. C’est d’ailleurs Raphaelle qui a réalisé, pour la toute première fois, le vidéoclip de la chanson Just Let Me.


« Pour moi, c’est important de mettre la lumière sur des moments ou des émotions difficiles que nous traversons, tous, au courant de la vie. Mon but, en tant qu’artiste, c’est vraiment de tirer de la force de ces expériences et de la transmettre au public. »
Raphaelle Standell-Preston, chanteuse du groupe Braids

Dès l’écriture de la chanson, la jeune femme avait une vision très précise sur comment elle devait l’illustrer en vidéo : «J’y pensais jour et nuit. J’ai surtout été inspirée par le silence qui peut parfois s’installer entre deux personnes, à quel point il est significatif, et la distance qu’il crée entre les individus.»

La chanteuse souligne le travail exceptionnel des deux danseurs, Stephen John Quinlan et Justin De Luna, qui se sont abandonnés complètement à ses idées folles. Axelle Munezero, la chorégraphe, l’a également beaucoup aidée, selon Raphaelle, à transmettre ses idées à travers les mouvements du corps. En rappelant le travail «admirable» de son coréalisateur, Derek Branscombe, l’artiste précise la chance qu’elle a eu de travailler avec «une équipe aussi dévouée, professionnelle et composée d’amis, experts dans chacun de leur domaine».

Braids, bien déçu de ne pouvoir faire aucun spectacle cet été, promet un retour en force dès que les mesures sanitaires émises par la santé publique le permettront. Le groupe souhaite d’ailleurs visiter davantage les quatre coins de la province lors de sa prochaine tournée canadienne. En attendant des dates plus précises, le groupe annonce le début de sa tournée européenne qui débutera au Royaume-Uni dès le 12 novembre si la situation mondiale le permet.