Alors que le duo parcourt les arénas du monde avec son «Bandito Tour», Twenty One Pilots se prépare à transposer le tout à l’extérieur pour une tournée estivale de festivals qui l’amènera sur les plaines d’Abraham le 7 juillet.

Twenty One Pilots: à haute altitude

Le duo Twenty One Pilots a atteint les plus hauts sommets en explorant un territoire musical qui fait fi des frontières entre les genres : de l’indie pop-rock alternatif au hip-hop à l’électro-pop… certains en sont même venus à parler de «ukulélé screamo»! Tyler Joseph et Josh Dun ne se donnent pas tant de mal : les cases et les étiquettes, très peu pour eux.

«Il y a un moment, un gars a décrit notre musique comme de la “pop schizophrène”. À l’époque, on trouvait que ça sonnait pas mal cool. Pour nous, ça se rapprochait de ce qu’on faisait vraiment. Mais je ne sais pas vraiment comment classifier notre musique», évoque le batteur Josh Dun, en entrevue avec Le Soleil.

«Je comprends l’idée de vouloir catégoriser quelque chose dans ta tête et de vouloir circonscrire ce que tu absorbes, ajoute-t-il. Pour moi, c’est compréhensible que les gens fassent ça. Mais, en même temps, quand on était jeunes, on écoutait toutes sortes de musique. Dans un sens, on ne comprenait pas l’idée de s’en tenir à un seul genre musical. Dans nos iPod et même avant, quand on se faisait des mix sur des CD, on avait tellement de styles musicaux qui se côtoyaient. Pour nous, c’était normal. Ç’a eu pour résultat qu’on n’a jamais eu qu’un style ou un genre dans notre musique.»

Depuis 2009, Twenty One Pilots a gravi les échelons de la scène locale de Columbus en Ohio jusqu’aux plus grandes tribunes du monde. D’abord de manière indépendante, puis sous l’égide de la compagnie Fueled by Ramen — une filiale de Warner à laquelle les noms de Fall Out Boy et Panic! at the Disco ont notamment été associés —, les amis ont vécu une ascension fulgurante depuis 2015. À eux deux — et sans guitare —, ils ont mené une petite révolution avec Blurryface, devenu le premier album de l’histoire à voir chacun de ses titres certifiés or ou platine par la Recording Industry Association of America.

À titre d’exemple, la locomotive Stressed Out leur a valu un Grammy (lire autre texte) et devrait franchir avant longtemps le cap des 2 milliards de visionnements sur YouTube (celui du milliard d’écoutes a été dépassé sur Spotify). Quand est venu le temps de donner suite à Blurryface, la pression s’est fait sentir.

Photo fournie par Fueled by Ramen

«Clairement, confirme Josh Dun. Il y a toujours une pression dans la création, que les gens aient ou non entendu ce que tu as fait auparavant. Une chose que j’ai réalisée, c’est que les gens développent une connexion avec ce qu’ils ont entendu en découvrant un artiste. Très souvent, même si un artiste sort plein d’albums, les fans vont revenir à celui par lequel ils l’ont découvert. Ça met une pression de se dire que les gens n’écouteront jamais autant notre nouvelle musique que celle qu’on a produite auparavant. Mais ça ne doit pas nous empêcher de créer, de tenter de nous améliorer en tant que groupe, de faire de meilleures chansons et de meilleurs spectacles.»

Des arénas aux festivals

Un an loin des projecteurs et des réseaux sociaux a permis à Tyler Joseph, principal auteur-compositeur de Twenty One Pilots, d’échafauder ce qui allait devenir Trench, lancé à l’automne 2018. Un album concept qui illustre le fait que le succès n’a pas atténué les angoisses et les questionnements partagés par ses créateurs...

«Je trouve ça cool de pouvoir être dans un groupe avec quelqu’un qui me ressemble, avance Josh Dun. Nous avons été élevés de manière similaire, nous partageons la même opinion sur beaucoup de choses et nous avons traversé des expériences semblables dans nos vies. Je ne m’imagine pas être dans un groupe avec quelqu’un qui serait mon opposé. Nous sommes si proches, nous sommes toujours ensemble. Nous avons parfois tendance à réagir différemment, mais oui, c’est un périple que nous faisons ensemble.»

Alors que le duo parcourt les arénas du monde avec son Bandito Tour (qui a notamment fait escale à Ottawa et à Montréal le mois dernier), Twenty One Pilots se prépare à transposer le tout à l’extérieur pour une tournée estivale de festivals qui l’amènera sur les plaines d’Abraham le 7 juillet.

«Tyler et moi adorons jouer dans les festivals, assure Josh Dun. C’est différent d’un spectacle régulier de tournée. Il y a tous ces groupes… Il y a beaucoup de gens qui sont là et on ne sait pas pourquoi. Peut-être qu’ils faisaient juste passer par là et qu’ils te découvrent. Peut-être qu’ils sont là depuis le début pour te voir. On ne sait jamais vraiment et il y a quelque chose d’excitant à propos de ça. On prend ça plus comme un défi. Les festivals peuvent parfois être un peu compétitifs dans un sens. Ça nous plaît à Tyler et à moi.»

Le groupe Twenty One Pilots se produira sur la scène des plaines d’Abraham le 7 juillet à 21h30. Yungblud (19h) et The Glorious Sons (20h) assureront les premières parties du spectacle. Laissez-passer du FEQ obligatoire.

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UN GRAMMY EN BOBETTES

Les gars de Twenty One Pilots se sont mis sur leur 36 pour assister au gala des prix Grammy en 2017. Mais au moment de monter sur scène pour recevoir le trophée récompensant la meilleure prestation par un groupe pop (pour leur chanson Stressed Out), Tyler Joseph et Josh Dun en ont surpris plus d’un en retirant leurs pantalons pour accepter le gramophone doré en bobettes. 

Coiffant dans cette catégorie les Chainsmokers et Halsey, Rihanna et Drake, Lukas Graham et Sia et Sean Paul, le duo de Columbus en Ohio est revenu à ses origines pour expliquer sa défaillance vestimentaire volontaire. Le chanteur a ainsi raconté qu’à une époque où son complice et lui ne gagnaient pas encore leur vie avec la musique, ils s’étaient rassemblés avec des copains pour regarder la cérémonie des Grammy à la télé et qu’à un moment, ils ont remarqué que tout le monde était en sous-vêtements. 

«Josh s’est tourné vers moi et il m’a dit : “si jamais on a la chance d’aller aux Grammy et d’en gagner un, on devrait le recevoir juste comme ça”», a relaté Tyler Joseph. Chose promise, chose due, en somme. «Tout ça est génial, a-t-il ajouté. Mais je veux aussi dire à tous ceux qui regardent à la maison : vous pourriez être les prochains. Quiconque peut accomplir n’importe quoi, peu importe d’où il vient. En voici la preuve.» 

Twenty One Pilots au gala des prix Grammy en 2017.

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UN NOM INSPIRÉ PAR ARTHUR MILLER

Selon la petite histoire, Tyler Joseph a déniché le nom Twenty One Pilots dans le texte All My Sons d’Arthur Miller. Dans cette pièce créée en 1947 dans une mise en scène d’Elia Kazan, le dramaturge américain s’est inspiré d’un fait vécu pour raconter l’histoire d’un industriel qui a en connaissance de cause approuvé l’envoi à l’armée de pièces d’avion défectueuses. Celles-ci ont causé la mort de 21 pilotes pendant la Seconde Guerre mondiale. Le chanteur a raconté avoir été inspiré par le dilemme moral exploité par Miller.

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Le logo officiel de la Skeleton Clique.

UNE CLIQUE DE SKELETTES

En termes d’admirateurs, Justin Bieber a ses croyants (Beliebers), Beyoncé a sa ruche (BeyHive), Lady Gaga a ses petits monstres (Little Monsters), Mariah Carey a ses agneaux (Lambs) et Slipknot a ses asticots (Maggots). Comme l’image du squelette a souvent été présente dans l’esthétique de Twenty One Pilots, les fans du duo se rassemblent quant à eux dans la Skeleton Clique. Le groupe est même doté de son propre logo représentant deux bonshommes allumettes : le squelette représente Tyler Joseph et l’extraterrestre, Josh Dun.