Benoit Pinette, alias Tire le coyote, se décrit comme un gars qui réfléchit beaucoup. Et il reconnaît que l'écriture de ses nouvelles pièces a parfois été laborieuse, car pour la première fois, il avait les moyens de se donner le temps de réfléchir.

Tire le coyote fait pousser les images

Ce n'est pas d'hier que Benoit Pinette, alias Tire le coyote, cultive les images : la couleur de sa plume est un peu devenue la marque de commerce de l'auteur-compositeur-interprète résidant à Limoilou. Au moment d'échafauder le quatrième chapitre de sa discographie, Désherbage, le musicien a une nouvelle fois joué au jardinier pour faire pousser ses chansons folk, les plus luxuriantes à ce jour.
Benoit Pinette se décrit comme un gars qui réfléchit beaucoup. À tout. Et il reconnaît que l'écriture de ses nouvelles pièces a parfois été laborieuse. Parce que, pour la première fois, il avait les moyens de prendre du recul pour se consacrer uniquement à l'écriture. De quoi se donner le temps de réfléchir. Peut-être même un peu trop. 
«Contrairement à avant, je n'avais pas écrit de chansons pendant la tournée», raconte celui qui s'est donc installé à sa table de travail les mains vides, il y a un an, avec le défi de pondre un maximum de chansons avant les Fêtes. «Je n'ai pas aimé avoir ce laps de temps où je devais produire. J'étais très discipliné, je le faisais tous les jours. Mais à un moment donné, c'est comme si je n'arrivais plus à trouver l'équilibre. Ç'a été plus laborieux à ce niveau-là», ajoute Pinette, qui ne nie pas s'être lui-même imposé de la pression. Parce qu'il en était à son quatrième album et qu'il ne souhaitait pas se répéter. Et parce qu'il était conscient, «contrairement à avant», que ses oeuvres précédentes avaient créé des attentes chez son public. 
«Ç'a m'a un peu tanné de perdre cette espèce de spontanéité que j'ai toujours eue, confie-t-il. Mais au final, je trouve que c'est probablement mon album le plus travaillé. Tout ça a eu un bon côté.»
Ancré dans l'enfance
Benoit Pinette se dit incapable de «réfléchir un album en album concept». Pourtant, la création de Désherbage l'a presque amené à le faire malgré lui. «Je me suis rendu compte que de me retrouver pendant plusieurs mois seul avec moi-même à trop réfléchir, ça m'a replongé dans le thème de l'enfance. Ce n'était pas volontaire au départ. Mais c'était peut-être nécessaire. Je suis rendu à 36 ans, il y a une espèce de bilan qui se fait, avec les enfants qui grandissent et qui entrent à l'école.»
Dans l'univers de Tire le coyote, le ciel est «backorder», on «postule» pour l'amour, un conjoint devient une «aire ouverte» et on grave un nom «sur mon faible taux d'inflation». «Je pars toujours de l'idée que tout peut devenir de la poésie et qu'il n'y a pas de mauvais mots. J'aime travailler à partir d'un mot qui ne devrait pas se retrouver dans une chanson», explique celui qui s'offre sur Désherbage une adaptation bien personnelle de Video Games de Lana Del Rey... Et qui a voulu laisser à ses collaborateurs - les guitaristes Benoit «Shampouing» Villeneuve et Simon Pedneault ainsi que le pianiste Vincent Gagnon, notamment -, plus de corde afin de permettre à ses chansons de bomber le torse davantage. 
«C'est le résultat d'une longue tournée, croit Benoit Pinette. C'est de savoir ce qui marche et ce qui marche moins en show. J'ai la ballade très naturelle. Mes chansons sont très lentes. Parfois, il faut que je me force pour arriver à quelque chose de plus up-tempo. [...] J'ai toujours été influencé par le côté acoustique du folk. Je ne voulais pas qu'on perde ça. Il y a de la guitare acoustique dans toutes les tounes. Mais j'aime aussi beaucoup le folk-rock plus appuyé des années 70.»
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Le moment marquant des Francouvertes
Quand Tire le coyote s'est présenté aux Francouvertes, en 2010, il n'a pas eu la course la plus étincelante. «Je me suis fait sortir en première ronde», confirme le musicien, qui assume cette année le rôle de porte-parole du concours avec Klô Pelgag. «Je suis fier, parce que ça montre qu'il peut y avoir un chemin après ça», ajoute celui qui cite néanmoins cette compétition musicale parmi les moments marquants de son parcours. «Il y a eu des rencontres qui se sont produites là, note-t-il. Entre autres Dany Placard, qui a ensuite réalisé mon premier album. Plusieurs compagnies de disques sont présentes. Pour un jeune qui veut se faire voir, c'est un bon endroit.» Les auteurs-compositeurs-interprètes ou groupes qui souhaitent tenter leur chance ont jusqu'au 29 octobre pour soumettre leur candidature au francouvertes.com. Les Francouvertes se tiendront du 19 février au 7 mai à Montréal.
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Vous voulez y aller?
Qui : Tire le coyote
Quand : 9 décembre à 20h
Où : Grand Théâtre
Billets : 39 $