Man Machine Poem The Tragically Hip

The Tragically Hip: chants du cygne***1/2

L'écoute du 14e album des Tragically Hip est évidemment teintée par le cancer de Gord Downie­. Mais comme le charismatique chanteur s'est toujours distingué par l'intensité et l'émotivité de son interprétation, on décèle à peine une plus grande fragilité.
Mais elle s'entend derrière chaque inflexion de voix, surtout sur la complainte Tired As Fuck. Ce qui est d'autant plus triste que le quintette livre un de ses plus solides recueils de ses 32 ans d'existence. Un disque rempli de leur rock emblématique entraînant et sans fioritures, bâti sur les variations de tempo et soutenu par des guitares affutées et une solide rythmique. Le son des Hip, quoi. Mais il y a aussi sur ce Man Machine Poem une volonté de briser le carcan et de repousser leur musique plus loin, notamment dans l'utilisation d'éléments électroniques. C'est, ironiquement, leur effort le plus moderne et le plus créatif, un disque comme on n'en espérait plus vraiment de leur part.
S'il faut que ce soit les chants du cygne de Downie et de sa bande, ils sont juste parfaits.