Sam Corbett, Jim Bowskill, Ewan Currie, Shamus Currie et Ryan Gullen forment The Sheepdogs.

The Sheepdogs: à la conquête du Québec

Outre sa carrière internationale qui gagne chaque année du terrain, le groupe The Sheepdogs en a fait du millage dans son Canada natal depuis qu’il distille un rock qu’on croirait sorti d’une capsule temporelle enfouie dans les années 70. Mais ses membres n’avaient curieusement pas trop exploré le Québec en dehors de la capitale et de la métropole. C’était avant qu’ils ne cassent la baraque dans une petite salle de Saint-Casimir. Ils en ont été les premiers surpris… Et ça leur a donné le goût de revenir!

Les Saskatchewanais prendront donc sous peu la route pour une première tournée québécoise qui fera escale à Shawinigan, Jonquière, Québec, Drummondville, Sherbrooke et Montréal. Et ils n’en sont pas peu contents. 

«Je me sens vraiment coupable de ne pas parler français, confesse sans détour le bassiste Ryan Gullen. Je viens de la Saskatchewan et quand j’étais jeune, il n’y avait pas de français à notre école. Mais j’adore le fait que les gens du Québec aiment la musique rock ’n’ roll. Je sens que c’est un type de musique qui n’est pas apprécié autant partout. Quand tu as un groupe de rock ’n’ roll, il faut aller là où les gens veulent en entendre. C’est excitant, parce qu’on a beaucoup tourné au Canada, mais là, c’est pour nous une toute nouvelle partie du pays où nous ne sommes pas encore allés.»

Quand il décrit cette soirée de mars 2018 dans Portneuf, Gullen ne semble pas encore en être revenu. Pour la formation, il s’agissait d’une sorte de ballon d’essai pour voir si son rock classique et ses harmonies vocales pouvaient trouver un terreau fertile dans des coins plus ruraux du Québec. Elle en a eu la preuve de bruyante manière. 

«Ç’a été un show de fou, raconte le musicien. Nous savions que les Québécois aiment le rock. Même en comparant avec des endroits anglophones où nous avons joué, ç’a été le spectacle où les gens ont chanté le plus fort nos chansons. C’était une salle assez petite, nous avons fait des salles plus grosses à Toronto, à Vancouver, à Winnipeg ou ailleurs. Mais là, c’était si puissant que nous pouvions entendre les gens chanter par dessus nos guitares et notre propre chant. Nous étions vraiment excités.»

Pag revisité

Visiblement, l’enthousiasme ne s’est pas trop essoufflé. Question de mettre la table pour leur virée au Québec, les Sheepdogs se sont commis en enregistrant une version acoustique de la chanson What the Hell I Got de Michel Pagliaro. Une occasion, nous résume Ryan Gullen, de rendre hommage à un Québécois sans avoir à écorcher la langue de Serge Fiori. 

«Nous aimons beaucoup faire des reprises qui sont reliées à des choses que nous faisons, explique le bassiste. Quand nous avons joué au Massey Hall, nous avons fait une reprise de Old Man de Neil Young parce que nous avons découvert Neil Young à travers son album Live at Massey Hall quand nous étions plus jeunes. Pour nous, c’était une chanson spéciale. Dans ce cas, nous nous sommes demandé quelle chanson pouvait à la fois avoir un côté francophone sans avoir à massacrer une chanson en français et à nous faire huer par la foule! Nous aimons tous Pagliaro. Nous avons joué au concert de Noël d’Andy Kim il y a deux ans et il était là. Nous étions tous là à nous dire : “Oh man! C’est Pagliaro! C’est trop fucking cool!”»

Lorsque nous mentionnons à Ryan Gullen qu’une version francophone du succès de Pag existe déjà — celle endisquée par Laurence Jalbert au début des années 2000 — si son groupe souhaite tenter sa chance, notre homme patine un peu, mais donne le change!

«Oh non! Je ne sais pas ce qu’on va faire! Nous serons vraiment embarrassés s’il faut essayer!» lance-t-il, avant de remettre la promesse à plus tard : «Si nous voulons venir plus souvent au Québec, il faudra vraiment nous améliorer avant de vous impressionner avec une chanson en français!»

Le groupe The Sheepdogs se pro­duira à l’Impérial de Québec le 22 janvier. The Damn Truth se chargera de la première partie du spectacle.

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TOUJOURS PLUS LOIN 

Le groupe The Sheepdogs pourra prochainement inscrire Shawinigan, Sherbrooke et Drummondville à la liste des villes où il a joué… Une liste qui comptera d’autres ajouts notables en 2019 : Copenhague, Stockholm, Prague ou Parme, par exemple. De quoi perdre le fil du nombre de destinations visitées...

«J’ai dû faire l’exercice quand j’ai rempli un formulaire pour renouveler ma carte Nexus, précise le bassiste Ryan Gullen. Il fallait écrire tous les pays où je suis allé. J’ai dû repenser à mon itinéraire. C’est une expérience un peu folle. Je ne suis pas du genre à noter ça sur papier… Ça se passe dans ma tête. Mais une fois qu’on se met à l’écrire, c’est plutôt drôle. Écrire Kazakhstan sur mon formulaire Nexus, ça m’a fait rire.»

De sa propre observation, Ryan Gullen et ses complices forment un groupe «qui sort de nulle part» en Saskatchewan. «Et nous nous retrouvons à jouer dans des lieux où personne ne peut nous parler en anglais après le spectacle, ajoute-t-il. Expérimenter tous ces voyages et toutes ces cultures est quelque chose que je n’aurais jamais pensé faire dans ma vie. Avant qu’on lance ce groupe, je vivais à Saskatoon et je ne serais probablement jamais parti sans ce groupe.»