Rock, Sleep Well Beast, par The National

The National: l'usure du temps ***1/2

CRITIQUE / Plus les années passent, plus The National est lent à pondre ses albums. Quatre ans se sont ainsi écoulés entre Sleep Well Beast et son prédécesseur.
Certes, les musiciens ont été occupés par divers projets parallèles, or on sent que la machine originaire de Cincinnati n'avance plus aussi facilement que dans ses belles années. La troupe continue de creuser le même sillon, se reposant sur des orchestrations subtiles, en demi-teintes, sur une rythmique inventive et s'appuyant, bien sûr, sur la voix de baryton caractéristique de Matt Berninger.
Ce dernier chante la réalité de sa génération, le temps qui passe, l'usure des relations amoureuses. C'est fait avec la minutie propre à The National - et même avec la fougue presque punk que le band aime parfois déployer live (Turtleneck).
Il y a des compositions exquises (Walk It Back, Day I Die, Guilty Party) qui combleront les fans de longue date, mais on sent aussi que le groupe peine à sortir de sa zone de confort et, lorsqu'il le fait (pièce-titre, Born To Beg), il peine à convaincre, s'enlisant dans la linéarité...