Jon Matte se définit comme celui qui «donne le style et supervise la production» du groupe.

The Franklin Electric: tous pour un

Jon Matte est un artiste qui accorde beaucoup d’attention à la chimie au sein de son groupe musical. Si les membres de la formation indie folk The Franklin Electric, qu’il a fondée en 2012, n’ont pas toujours été les mêmes au fil du temps, c’est lui qui en reste le cœur et l’âme.

«C’est un collectif de musiciens qui tourne, mais c’est moi qui donne le style et supervise la production», souligne Matte, chanteur et guitariste du band qui a vu défiler huit compagnons de scène depuis ses débuts. Ken Pressé, Martin Desrosby et Adam Passalacqua sont ceux qui font équipe aujourd’hui avec lui.

L’entrevue par téléphone a été réalisée à la mi-juillet, alors que Matte se trouvait aux Îles-de-la-Madeleine pour un spectacle «de réchauffement» en vue de la tournée du groupe prévue à l’automne. Après une baignade dans la baie Old-Harry, c’est depuis le sommet d’une falaise, avec (évidemment) de forts vents venant gêner la conversation, que le chanteur raconte la genèse de son groupe, dans les deux langues officielles du pays. 

Les magnifiques paysages madelinots lui serviront sûrement d’inspiration, lui qui se décrit comme quelqu’un de «très philosophique, une sorte de penseur existentiel». C’est à partir de ses réflexions, puisées à même ses «émotions de tous les jours», qu’il compose ses airs accrocheurs. Dans sa musique, on devine un petit quelque chose à la Damien Rice.

The Franklin Electric, le nom fait tout de suite penser à Benjamin Franklin, célèbre pour des travaux dans le domaine de l’électricité. L’inventeur du paratonnerre, c’est lui. «Il y a un peu de ça, confirme le chanteur, mais c’est aussi en raison de l’enfant d’un de mes amis qui a été appelé Benjamin. J’aimais ça.»

Nomination à un Juno

Né à Hudson, dans la banlieue ouest de Montréal, d’un père québécois et d’une mère irlandaise, Jon Matte a baigné dans un environnement musical. «J’ai été chanceux, car ma mère m’a forcé à apprendre le piano et à répéter régulièrement. Plus tard, je cherchais quoi faire de ma vie et j’ai décidé de partir le groupe. Grâce à nos fans québécois, on a commencé ce qui ressemble à une carrière. Nous en avons beaucoup dans la communauté francophone, même si c’est parfois difficile de franchir la barrière.»

Un premier album est né, This is How I Let You Down, en 2013, suivi d’un second, Ceilings, deux ans plus tard. The Franklin Electric a attiré suffisamment l’attention pour obtenir une nomination au prix Juno, l’an dernier, à Vancouver, dans la catégorie Groupe émergent de l’année. 

«On a été vraiment chanceux. C’est cool comme truc. Juste d’aller là-bas, voir comment ça marche, ç’a été un honneur», mentionne Matte.

Le groupe, qui s’est déjà produit quelque 300 fois ici et là sur la planète, a lancé le 2 août son EP In my Head. Ce sera ensuite une série de spectacles au Québec, avant de prendre la route pour l’Europe. Et une percée aux États-Unis, c’est pour quand? «On prend ça relax. Il y a tellement de belles places dans le monde, on ne peut pas toutes les faire en même temps...»

The Franklin Electric sera en spectacle à L’Impérial le 28 novembre.