Le Wu-Tang Clan, ici au Festival d'été de Québec en 2013, a renoué avec Sharleen Spiteri, de Texas, pour un nouveau simple.
Le Wu-Tang Clan, ici au Festival d'été de Québec en 2013, a renoué avec Sharleen Spiteri, de Texas, pour un nouveau simple.

Texas et le Wu-Tang se retrouvent après plus de 20 ans [VIDÉO]

Philippe Grelard
Agence France-Presse
PARIS — En 1998, Sharleen Spiteri, de Texas, et Method Man, du Wu-Tang Clan, enflamment la cérémonie des Brit Awards: les deux groupes se retrouvent plus de 20 ans après pour Hi, titre et clip sortis ce mardi.

«C’est vrai que des gens nous disaient, “quel beau moment c’était, avec le Wu-Tang, quand le refaites vous?”, raconte à l’AFP Sharleen Spiteri. Mais nous n’avons jamais forcé les choses, c’est comme quand vous aimez le chocolat, si vous entrez dans l’atelier et en mangez trop, ça vous lasse (rires).»

C’est RZA, cerveau du Wu-Tang, qui a précipité les choses en retrouvant Sharleen et sa bande sur leurs terres à Glasgow, l’an dernier, pour un court métrage retraçant le remix du titre de Texas Say What You Want par l’iconique collectif hip-hop new-yorkais. La deuxième vie de ce succès avait débouché sur la prestation incendiaire aux «Brits», il y a 22 ans.

Pirates et whisky

Le clip roublard de mardi donne une version «pleine d’humour» de la genèse de Hi, comme le décrit la chanteuse écossaise. Sharleen et RZA y apparaissent dans un final inattendu. Cette vidéo est portée par deux petits prodiges, Fenn O’Meally derrière la caméra et Kadeem Ramsay (vu dans Top Boy ou Sex Education) devant.

Les paroles — réparties entre Sharleen, RZA et Ghostface Killah, autre figure du Wu-Tang — jouent habilement sur le double sens phonétique de Hi, qui s’entend en anglais comme «Salut» ou «Défoncé» façon drogues douces.

Les rappeurs du Wu-Tang s’amusent aussi sur un imaginaire liant l’Écosse à contrebandiers et barriques d’alcool fort. «Oui, pour eux les Britanniques sont des pirates, coulent des bateaux et trafiquent du whisky», rigole Sharleen.

«On a tout déchiré !»

Quand on l’interroge sur les souvenirs qu’elle garde du live avec Method Man aux «Brits» en 1998, elle souffle: «Oh, il y en a tellement!». «Ce qui est marrant, c’est qu’il y avait des gens rendus nerveux par l’arrivée de ce rappeur, certains nous disaient “il ne va pas créer de problèmes ?”, on leur répondait “vous-êtes des putains de racistes ou quoi ?” (rires).

«Et puis les Spice Girls sont venues dans ma loge et elles ont demandé si c’était possible de le rencontrer, je lui ai demandé et il a lâché “hell yeah !” («putain oui !») et quand il est rentré à New-York, les autres gars du Wu-Tang l’ont acclamé quand il a raconté cette rencontre (rires).»

Juste avant de rentrer sur scène, pour ce qui allait être le clou du show, elle lance au grand gaillard (plus d’1 mètre 90) «on est les Marvin et Tammi des années 90 !». Elle évoque ici le duo Marvin Gaye-Tammi Terrell des années 1960, sans oublier que Say What You Want cite ouvertement Sexual Healing de Marvin Gaye. «Il a dit “yeaaah”; on est rentrés sur cette intro (elle la chantonne) et on a tout déchiré !»

Et sinon, Hi annonce-t-il un nouvel album de Texas? «Peut-être (rires)... Oui un nouvel album arrive», conclut-elle.