Steve Hill a fouillé dans ses disques durs pour finalement ressortir des chansons écrites en 2016 lors d’un périple dans le désert californien.
Steve Hill a fouillé dans ses disques durs pour finalement ressortir des chansons écrites en 2016 lors d’un périple dans le désert californien.

Steve Hill: un Desert Trip californien

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Après trois semaines sur les routes ensablées du désert californien, pas surprenant que le nouvel album de Steve Hill a comme un p’tit arrière-goût de serpent à sonnettes.

Intitulé Desert Trip, cet album qui compte 10 chansons a été composé en partie en 2016 lors d’un voyage que le musicien a fait en Californie. 

Le but premier de ce voyage était d’aller voir quelques spectacles au festival Desert Trip, près de Palm Spring. 

À son agenda, il y avait les prestations de Bob Dylan, The Rolling Stones, Neil Young, Paul McCartney, The Who et Roger Waters. Mais, après avoir entendu toutes ces icônes de la musique rock, il n’en fallait pas plus pour que Steve Hill soit tenté par une traversée du désert qui l’a conduit sur les routes sinueuses de Big Sur, Death Valley, Joshua Tree, San Rafael et Yosemite.

«Après ces trois jours de festival, je n’avais vraiment pas envie de rentrer à la maison, se rappelle-t-il. J’ai plusieurs amis qui vivent en Californie et je me suis dit que c’était le temps ou jamais de les visiter puisque, à ce moment-là, j’avais une pause dans mes tournées.»

Le musicien en a donc profité pour louer un petit véhicule récréatif, s’acheter une guitare et partir sur les routes.

L’album <em>Desert Trip</em> compte 10 chansons, dont la moitié ont été écrites et composées sur les routes de la Californie.

«J’étais en Californie pour le festival donc je n’avais pas de véhicule ni de guitare avec moi, explique-t-il. J’ai loué un VR et acheté une acoustique et j’ai pris la route. Pendant trois semaines, j’ai roulé dans les déserts. Je m’arrêtais pour camper, faire un feu, manger, composer des chansons et dormir. Je ne prends presque jamais de vacances et là, j’avais tout mon temps. C’était génial.»

Au bout de ces trois semaines de «vagabondage», Hill s’arrête chez un ami, Nick Jodoin, avec qui il avait mixé un de ses premiers albums. 

Jodoin dirige un studio qui, selon Hill, est resté figé dans le temps. «C’est un vieux studio des années 60 qui est resté identique à ces années-là. Même les meubles et les magazines sur les tables sont d’époque, se rappelle-t-il. J’en ai profité pour faire quelques démos et extraire les enregistrements que j’avais faits sur mon téléphone.»

Au terme de cette pause californienne et de retour à Montréal, l’horaire de Steve Hill a repris de plus belle surtout à la suite de la sortie du volume 3 de ses Solo Recordings. De longues tournées en Europe — il en fera trois en 2017 — et tout ce qui s’en suit au Canada et aux États-Unis l’ont forcé à laisser de côté ses enregistrements «désertiques». Et au fil des mois, il les avait quasiment oubliés. 

En 2019, il a consacré presque neuf mois à la préparation d’un concerto pour guitare électrique avec l’Orchestre symphonique de Montréal et le maestro Kent Nagano. 

«Jouer à la Maison symphonique avec l’OSM et à quelques pieds de Kent Nagano, c’est drôlement intimidant, avoue-t-il. Ce fut l’expérience d’une vie. Un grand moment dans ma carrière.»

Un concept

«Quand sont arrivées la pandémie et les mesures de confinement, j’étais prêt à sortir un album au mois d’avril qui devait s’accompagner d’une tournée, confie-t-il. Mais, comme beaucoup d’artistes, on a décidé de retarder le lancement et tout a été mis sur la glace.»

Intitulé Dear Illusion, ce nouvel opus et la tournée ont donc rapidement été mis sur la touche. 

Afin de se garder occupé et, du coup, tenter de se maintenir à flot, Hill a offert quelques prestations en webdiffusion. Il a aussi offert des cours de guitare en ligne et il a mis sur ses plateformes des nouvelles chansons que ses fans ont achetées. 

«C’est en fouillant dans mes disques durs que je retrouvé mes enregistrements de 2016. ajoute-t-il. À ce moment, j’ai eu l’idée de les dépoussiérer et de les regrouper dans un album qui cadrait bien avec le moment qu’on vivait et surtout, qui s’inscrivait dans mon idée d’avoir un album concept.»

C’est au début septembre que Hill a repris le travail qu’il avait entrepris en 2016.

«Ça s’est fait rapidement, surtout parce que tout se mettait bien en place, dit-il. J’avais du temps pour travailler, de bonnes chansons et un concept qui les regroupait toutes. C’est comme ça que Desert Trip est né.»

L’album compte donc 10 chansons, dont la moitié ont été écrites et composées sur les routes de la Californie. 

La pochette de l'album <em>Desert Trip</em>

Les autres avaient été écrites avant et après ce périple, mais les arrangements acoustiques semblaient se fondre à la perfection avec le concept de l’album. 

«À ce que j’ai écrit pendant ce voyage, j’y ai ajouté des versions alternatives de quelques-unes de mes vieilles chansons qui méritent une réédition et surtout qui semblent vouloir vivre dans le même espace, explique le musicien originaire de Trois-Rivières. En fait, j’ai l’impression de les avoir toutes chantées la même journée.»

Parmi les pièces les plus réussies, soulignons Rain, Evening Star, Make Believe et Days. La très sombre I Won’t complète aussi très bien le tableau.

Avec des chansons revisitées comme Judgement Day, Gotta Be Strong, Cold Hearts et Follow you Down, la sélection est complète. 

Grand amateur de vinyle, Steve Hill fera également graver Desert Trip en format 33 tours qui sera vendu sur commande dès le 27 novembre.

Steve Hill se produira au Palais Montcalm le 4 décembre dans un spectacle hommage à Jimi Hendrix, qui sera webdiffusé en direct. Les détails au palaismontcalm.ca