La soirée d’ouverture du 25e Bluesfest a été confiée au trio britannique CVRCHES.

Snoop Dogg, CHVRCHES et The Killers au Bluesfest

Le trio synthpop britannique CHVRCHES sera la tête d’affiche de la soirée d’ouverture Bluesfest, tandis que le second soir sera confié à une vedette country, l’Américain Eric Church.

Dévoilée en ligne ce mardi matin, la programmation du 25e Bluesfest se veut des plus éclectiques, dans la plus pure tradition du festival ottavien.

Elle comprend notamment le rappeur/reggaeur Snoop Dogg (qui y avait fait un premier passage en 2014) et la gang du Wu-Tang Clan (en plateau double, pour une veillée hip-hop festive), la bande rock de The Killers et les punk-rockeurs d’Alexisonfire, sans oublier la Torontoise Jessie Reyez – ni, bien sûr les backstreet Boys, dont on sait depuis quelques mois qu’ils assureront la clôture du festival.

Brochette Franco

La grande nouveauté, c’est que cette 25e édition du Bluesfest ouvre considérablement ses portes aux artistes francos... à défaut de l’ouvrir véritablement à la chanson francophone.

Le directeur exécutif et artistique du Ottawa Bluesfest, Mark Monahan, est en effet allé chercher plusieurs chanteurs (et chanteuses, surtout) ayant déjà séduit le marché anglophone – telles Charlotte Cardin et Lou Doillon, qui chantent essentiellement en anglais – ainsi qu’une conséquente brochette de talents franco-ontariens, où figurent Gabrielle Goulet, Marie-Clo, Melanie Brulée, Moonfruits, Renée Landry et Rebecca Noelle, ou, si on regarde du côté gatinois, le trio Outside I’m A Giant et la toute jeune Mia Kelly. Tous des artistes bilingues... mais dont le répertoire, là encore, est essentiellement anglophone. Reste qu’ils et elles risquent fort de contribuer à attirer le public québécois de l’autre côté de la rivière des Outaouais.

Le manque d’artistes francophones sur les scènes du Bluesfest est « un souci qu’on a identifié depuis plusieurs années », reconnaît M. Monahan. « On a fait des efforts pour attirer les artistes francophones. On s’est notamment demandé comment faire pour attirer plus de candidatures. Une des pistes de solution a été de rendre bilingue le processus de soumission. Et ça a fonctionné : on en a reçu vraiment plus. » Le directeur artistique convient du même souffle qu’« il reste encore du travail à faire ».

Les gros canons

Parmi les noms qui devraient permettre au Bluesfest d’atteindre ou dépasser ses objectifs de fréquentation (300 000 festivaliers en moyenne, pour les dernières éditions), mentionnons The Offspring et les punkettes-rockeuses du Pussy Riot (ces féministes russes ouvertement anti-Vladimir Poutine, que Moscou a fait incarcérer en 2012).

Du côté de la musique country, on compte sur plusieurs joyaux, bruts ou raffinés, d’Elle King à Pokey LaFarge en passant par le Canadien Colter Wall (fils du 14e premier ministre de la Saskatchewan Brad Wall), de retour au Bluesfest.

Snoop Dogg

Le talent canadien brillera sur cette édition anniversaire au fil des prestations du bluesman Matt Andersen, des envolées blues de Dawn Tyler Watson (Britannique, certes, mais Montréalaise), des riffs rock de The Sheepdogs et ceux de The Trews, des coups d’archet d’Ashley MacIsaac et des vocalises R&B pleines d’attitude de la jeune Jessie Reyez.

Le talent émergent de la région d’Ottawa n’est pas en reste, qu’on pense à Mia Kelly ou au Loon Choir, un ensemble synth-rock de neuf musiciens.

Le budget total (cachets plus logistique) de cette édition anniversaire s’élève à 17 millions $, évalue Mark Monahan. Le même chiffre que l’an passé. On est loin des débuts du Bluesfest : le tout premier Bluesfest, tenu en 94 au parc Major, avait coûté la bagatelle de 100 000 $, se remémore M. Monahan, qui faisait déjà partie de l’organisation à l’époque.

Rétrospective

Quart de siècle oblige, ces premières années – et les suivantes – feront l’objet d’une expo-rétrospective, à découvrir sur les plaines LeBreton. Ce n’est pas la première. Mais cette fois, c’est le regard des fans et des habitués du festival qui primera. On y verra des photos et des vidéos illustrant les témoignages de « fidèles » recueillis par l’équipe du Bluesfest. M. Monahan et son équipe tenaient à mettre en évidence le « sentiment de communauté » qui s’est forgé parmi les festivaliers, au fil des ans.

« On va essayer de donner l’occasion au public de revivre certains de leurs souvenirs du festival, et les exposer [car] ce sont précisément ces souvenirs qui les fait revenir », indique-t-il.

La programmation dévoilée ce mardi inclut plus de 90 concerts. Dont certains pourraient réserver de grosses surprises, en terme de foule, postule le directeur artistique en songeant par exemple au Texan Shakey Graves, versé dans l’americana bluesé.

Ce line-up demeure toutefois préliminaire. D’autres annonces suivront dans les semaines à venir.

Le 25e Bluesfest se tiendra sur les plaines LeBreton du 4 au 14 juillet.

Renseignements : ottawabluesfest.ca