Premier concert de l'OSQ devant un public depuis mars.
Premier concert de l'OSQ devant un public depuis mars.

Sérénade pour un renouveau

Emmanuel Bernier
Collaboration spéciale
CRITIQUE / «Vous ne pouvez pas imaginer le bonheur qu’on a d’être ici avec vous!» Le chef Nicolas Ellis rayonnait hier soir à la barre de l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ) pour le premier concert de l’ensemble devant public depuis le mois de mars.

Même si le bonheur était visiblement au rendez-vous, autant au parterre que sur la scène de la salle Louis-Fréchette, les procédures exigées par la Santé publique conféraient à l’événement une teinte bien spéciale. Entrée unique via la rue Jacques-Parizeau, couloirs à suivre avec différentes stations où le personnel du Grand Théâtre veillait gentiment au grain pour assurer le suivi des consignes, une rangée sur deux vide, deux bancs libres entre chaque spectateur, absence de pause… Le virus n’a décidément eu aucune chance hier soir au Grand Théâtre. 

Pour respecter le maximum de 250 personnes permises dans la salle – y compris les musiciens et le personnel – et maximiser le nombre de spectateurs, le répertoire a été choisi afin de confier les deux moitiés du concert à deux groupes bien distincts, les vents et les cordes, qui occupaient chacun une section différente de la scène, allongée pour l’occasion : les premiers à l’arrière, les seconds devant, sans chaise (sauf violoncelles et contrebasses). 

Une vingtaine d’instrumentistes à vent, accompagnés de deux percussionnistes, se sont d’abord attaqués à la splendide Ouverture pour vents en do majeur, opus 24, écrite par un Mendelssohn de 15 ans, œuvre dont la joie sans nuage convenait à merveille pour cette soirée tant attendue. L’idée de poursuivre avec la Sérénade pour vents en mi bémol, opus 7, de Richard Strauss, était tout à fait à propos, puisque ce morceau de jeunesse comporte plusieurs passages aux accents mendelssohniens. 

Après le départ des vents et l’arrivée des cordes, l’orchestre a livré un hommage à Ennio Morricone, décédé il y a un mois, avec le célèbre Gabriel’s Oboe, musique-thème du film The Mission (1986) de Roland Joffé. Le hautboïste solo de l’orchestre, Philippe Magnan, a interprété la partie solo avec naturel et délicatesse. Après le bref, mais poignant Sospiri, opus 70, d’Elgar, pour cordes et harpe, l’orchestre a enchaîné avec le plat de résistance, la Sérénade pour cordes en do majeur, opus 48, de Tchaïkovski.

Ancien chef assistant de l’OSQ, le Saguenéen Nicolas Ellis était loin de faire office de second couteau. Les tempos étaient toujours idéaux, avec un geste clair, alerte et expressif, des phrasés nourris et un plaisir manifeste d’être sur la scène. Que demander de plus ? 

Orchestre symphonique de Québec. Direction : Nicolas Ellis. Soliste : Philippe Magnan. Mendelssohn : Ouverture en do majeur pour vents, opus 24. R. Strauss : Sérénade en mi bémol majeur, opus 7. Morricone : Gabriel’s Oboe (thème du film The Mission). Elgar : Sospiri, opus 70. Tchaïkovski : Sérénade pour cordes en do majeur, opus 48.