Dans son dernier album Day Breaks, Norah Jones retrouve des couleurs plus jazz et acoustiques, en y faisant en particulier jouer le saxophoniste Wayne Shorter, légende vivante du jazz âgée de 83 ans.

Retour aux racines jazz pour Norah Jones

Pour sa première fois au festival, l'Américaine Norah Jones a ouvert vendredi la 40e édition de Jazz in Marciac (JIM), marquant ainsi le retour à ses racines jazz, après un crochet par le pop-rock.
«Bonsoiiiiir» : la voix chaude et suave, mâtiné d'accent yankee, traverse le chapiteau de Marciac (sud-ouest de la France), où aucune des 5000 places n'est libre. Les notes bleues s'alignent et les applaudissements crépitent. Pour la première fois, Norah Jones monte sur la scène de Marciac. C'est un événement, sent la foule.
Son premier album, Come Away With Me, reste l'un des plus vendus de l'histoire du jazz, avec 23 millions d'exemplaires écoulés et cinq Grammy Awards. Pourtant, la New-Yorkaise n'était jamais montée sur cette scène incontournable du jazz, à la différence de la plupart des grands noms du genre.
Il fallait cette fois qu'elle le fasse, alors qu'elle semble amorcer un retour aux sources, après avoir flirté avec le country, le folk puis le pop-rock minimaliste.
Dans son dernier disque Day Breaks, que Norah Jones présente au JIM, l'artiste aux 40 millions de disques vendus retrouve des couleurs plus jazz et acoustiques, en y faisant en particulier jouer le géant du saxophone Wayne Shorter, légende vivante du jazz âgée de 83 ans.
Voilà un formidable cadeau que la fille du grand cithariste indien Ravi Shankar offre au JIM pour sa 40e édition, d'autant plus que la chanteuse-compositrice s'était faite rare en France : elle n'y avait pas tourné pendant quatre ans, jusqu'à fin 2016.
Le JIM, un des plus grands festivals du genre avec 220 000 visiteurs environ, se déroulera jusqu'au 15 août.
Hancock, Dibango, Lockwood...
Comme à l'accoutumée, le petit village médiéval du Gers voit défiler les plus grandes stars : l'explorateur du jazz Herbie Hancock, le Camerounais Manu Dibango, le guitariste aux 10 Grammy Awards George Benson...
Anniversaire oblige, cette année réserve quelques exclusivités. Ainsi, le violoniste français Didier Lockwood présentera pour la première fois, son nouveau quartet, tandis que le pianiste cubain Roberto Fonseca jouera un répertoire inédit taillé sur mesure pour cette 40e édition.
Parmi les grands habitués du JIM, Wynton Marsalis, parrain du festival qui s'y produit chaque année, jouera avec le musicien irakien Naseer Shamma, puis avec la chanteuse Cecile McLorin Salvant.
Autres incontournables, la diva Dee Dee Bridgewater présentera son album bientôt dans les bacs, Memphis, qui est un hommage à la musique blues et soul.
Le trompettiste Ibrahim Maalouf et le Cubain Chucho Valdès, qui avait remporté le Latin Grammy Award pour son album Tribute to Irakere enregistré à Marciac en 2015, rejoindront également le chapiteau.
Jazz in Marciac a été créé en 1978 à l'initiative d'une poignée d'amateurs dans cette bastide médiévale de moins de 2000 habitants. D'abord consacré au jazz traditionnel, il se concentre sur des formations de La Nouvelle-Orléans, avant de se diversifier et d'être considéré comme l'un des plus importants festivals de jazz au monde.
La plupart des grands noms du jazz s'y sont produits : Bill Coleman, Lionel Hampton, Dizzy Gillespie, Stan Getz, Keith Jarrett...