De gauche à droite : Craig Silverman (guitare), Roger Miret (voix), Jimmy «Pokey» Mo (batteur, présentement en convalescence, il ne sera pas à Québec), Mike Gallo (basse) et Vinnie Stigma (guitare).

Rare triplé pour Agnostic Front

Le légendaire groupe hardcore new-yorkais Agnostic Front présentera non pas un, ni deux, mais bien trois spectacles en trois soirs à l’Anti les 5, 6 et 7 avril. Un rare triplé pour la bande du chanteur Roger Miret et du guitariste Vinnie Stigma, qui profiteront de l’occasion pour visiter un peu la capitale.

«Il peut arriver que nous présentions deux spectacles en ligne, mais trois, ce n’est vraiment pas fréquent. On a très hâte et on va en profiter pour faire un peu de tourisme. On adore la ville de Québec, qui est très belle et a un charme européen», explique au bout du fil Miret, qui s’est produit à quelques reprises dans la capitale avec Agnostic Front et avec son autre projet musical, Roger Miret and the Disasters.

Avec ce triplé, Agnostic Front aurait bien aimé offrir une expérience différente aux fans qui assisteront à plus d’un spectacle en variant le programme chaque soir. Cependant, le fait que leur batteur Jimmy «Pokey» Mo (ancien membre du groupe Leeway) soit en convalescence après avoir été opéré pour une hernie vient compliquer les plans. «On voulait faire des pièces différentes chaque soir, mais comme Pokey ne sera pas là, c’est Corey Koniz du groupe Slapshot qui le remplacera. Ça dépendra donc combien de pièces d’Agnostic Front Corey pourra apprendre d’ici les spectacles», résume Miret.

Victim in Pain

Comme le groupe célèbre cette année les 35 ans de son mythique premier opus Victim in Pain, les titres de cet album seront à l’honneur. «Sûrement qu’on en jouera six ou sept pièces. Ce ne sera pas seulement Victim in Pain cependant. Il y a des spectacles où nous faisons seulement Victim in Pain et (le premier minialbum) United Blood, mais les gens veulent aussi entendre nos pièces plus récentes et nous allons en jouer aussi à Québec.» 

Miret l’avoue, il ne se lasse pas du tout d’interpréter les titres qui ont mis Agnostic Front sur la carte du hardcore. «Victim in Pain demeure mon album préféré d’Agnostic Front et j’aime encore l’écouter et l’interpréter. Même 35 ans plus tard, ça me rejoint encore autant même si New York a beaucoup changé depuis.»

Une chose dont Miret ne s’ennuie pas, c’est de la mauvaise réputation qu’avait Agnostic Front à ses débuts. Même avec des titres comme United and Strong qui prêche l’unité entre les races et Fascist Attitude, qui dénonce entre autres l’étroitesse d’esprit et le racisme, le groupe avait à l’époque à tort été étiqueté comme flirtant avec l’extrême droite.

«Comme tu dis, ceux qui croyaient ça de nous n’ont jamais écouté nos paroles! Nous avons toujours prêché pour l’unité, mais, dans les années 80, c’était plutôt dur et plusieurs aimaient pointer d’autres groupes du doigt. Le magazine californien Maximumrocknroll avait ce problème, de juger un livre par sa couverture. Les gens qui y écrivaient ne vivaient pas à New York, mais jugeaient négativement toute la scène de New York. Ils m’ont interviewé une fois et ils ont été vraiment malhonnêtes, alors je n’ai plus ouvert ce magazine depuis 1984», raconte Miret. 

Banni à Cuba

Le chanteur a d’ailleurs raconté l’histoire tumultueuse de son groupe dans le livre My Riot: Agnostic Front, Grit, Guts & Glory publié en 2017. Agnostic Front a aussi fait l’objet du documentaire The Godfathers of Hardcore. Pour ce film, le réalisateur Ian McFarland a tout tenté pour permettre à Roger de retourner à Cuba, où il est né en 1964 et où il n’a jamais remis les pieds depuis que ses parents ont fui le régime Castro alors qu’il n’avait que 4 ans.

«J’aimerais vraiment retourner à Cuba. Mes plus vieux souvenirs d’enfance sont sur la plage, à Cuba, avec mon père. J’aimerais retourner là-bas et y présenter un spectacle avec Agnostic Front, c’est un de mes plus grands rêves! D’ailleurs, on était censés le faire pour le film. Tout avait été organisé, mais jamais le gouvernement cubain n’a accepté de me donner un visa ni à mon frère d’ailleurs. Semble-t-il qu’ils refusent d’en donner à tous ceux qui ont quitté le pays avant 1971! Il a donc fallu tout annuler. C’est vraiment ridicule!»