Dominic Pelletier et Noé Talbot
Dominic Pelletier et Noé Talbot

Racines punk-rock, hommage acoustique

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Noé Talbot et Dominic Pelletier ont fait leurs classes musicales à l’école punk-rock. Voilà qu’ils rendent hommage à ceux qui les ont inspirés en mode acoustique et en français, s’il vous plaît. Résultat : des relectures qui s’affranchissent des pièces originales, sans en dénaturer l’esprit.

Entre Hot Water Music et The Sainte Catherines, Frank Turner, Blink-182, Beach Slang ou No Use For a Name, le duo s’est payé la traite avec le minialbum Reprises acoustiques, Vol. 2, lancé en ligne récemment. Le premier tome avait été signé par Noé Talbot en solo. Ce dernier a eu envie de rebrasser les cartes avec Pelletier, chanteur et guitariste pour les formations The Hunters, puis Caravane.

«Je ne voulais pas faire un deuxième volume qui soit pareil au premier», résume Talbot, qui a pris goût à l’exercice de rhabiller en douceur des pièces punk-rock. «L’idée, c’était de revisiter les chansons d’une façon un peu différente. Des fois, dans le punk-rock, il y a des beats hyper rapides, mais des mélodies super belles. Ça peut restreindre le public beaucoup. En enlevant ce beat, tu ramènes la chanson à sa mélodie, à l’essentiel», explique le musicien, qui a tendu une perche à Pelletier pour pimenter un peu l’expérience.

«Si ça n’avait pas été de lui, je pense que je n’aurais jamais fait ça. Ce n’est pas le genre de trucs qui me vient naturellement. Mais quand il me l’a proposé, j’ai tout de suite accepté de mettre mon grain de sel là-dedans», précise Dominic Pelletier.

À distance

Avec un gars à Montréal et l’autre à Québec, le travail qui a mené à ce minialbum s’est souvent fait à distance, les deux complices s’étant rencontrés seulement à deux reprises pendant le processus… Et ce, même avant que la COVID-19 nous impose une période de confinement. «C’est tellement 2020 comme méthode de création!» lance Dominic Pelletier. Celui-ci a principalement planché sur les arrangements, pendant que son partenaire a signé la majeure partie de l’adaptation des textes.

«Les refrains, c’est souvent ce qui est le plus dur à traduire, note Noé Talbot. Ce sont des syllabes très détachées. Cette partie-là de traduire les refrains, on l’a faite ensemble quand on s’est vu. Après, je commence à avoir beaucoup d’expérience en traduction de textes. J’ai amené une sorte de croquis que Dom a pu modifier quand il trouvait que ça coulerait plus facilement autrement.»

À l’écoute de leurs relectures, il est parfois facile d’oublier que les chansons originales brassaient pas mal plus que leurs interprétations. C’était justement l’objectif des deux musiciens. «Je pense que notre mission est réussie. C’était autant de faire plaisir aux nostalgiques que de donner des chansons qu’on trouve belles à des gens qui ne les connaissent pas», avance Dominic Pelletier.

«Nouvel univers»

Le duo cite en exemple leur version tout en délicatesse de Dammit, un grand succès de la formation Blink-182. «Elle est vraiment différente de l’originale. Selon moi, si on ne faisait pas ça, on se plantait. La vraie est tellement bonne. Si on veut que ça serve à quelque chose de la revisiter, il faut lui donner un nouvel univers. C’est pour ça qu’on est allé dans le vraiment plus lent. Naturellement, ç’a donné quelque chose de plus profond», observe Dominic Pelletier.

«Dammit, c’est une chanson que tu écoutes sans t’attarder au texte, ajoute Noé Talbot. Il y a plein de chansons comme ça, plus pop, qu’on connaît par cœur sans jamais vraiment s’être penché sur ce qu’elles disent. Mais quand on la traduit et qu’on ramène la chanson à sa mélodie, ça devient probant. Ça parle de l’humain.»

S’ils ont pris la liberté d’adapter les chansons de leur choix sans demander d’autorisation, les deux musiciens se réjouissent d’entendre des échos positifs des artistes originaux. Hugo Mudie des Sainte Catherines a donné sa bénédiction à leur adaptation de Ring of Fire = 4 points, tout comme Frank Turner pour Good & Gone. Cette semaine, le chanteur de la formation Beach Slang a partagé sur les réseaux sociaux leur reprise de Bad Art & Weirdo Ideas, la décrivant comme «l’une des choses les plus charmantes que j’ai entendues».

La réponse du public a aussi été positive, selon les principaux intéressés. «Il y a eu des gens qui m’ont écrit et qui m’ont dit qu’ils ont eu les larmes aux yeux en écoutant les chansons. Ça, honnêtement, ça m’a surpris», confie Noé Talbot.

«Les larmes, ça doit être à cause du confinement!» rigole à son tour Dominic Pelletier.