Philippe Katerine: introspectif et décalé ***1/2

CRITIQUE / Après une série de parutions aux couleurs vives, qui l'ont mené autant dans le registre pop, qu'électro ou dansant, Philippe Katerine signe un album intimiste, s'accompagnant presque uniquement au piano.
Secoué par le décès de son père, le chanteur se fait personnel, voire philosophique, sans perdre de vue son rôle d'observateur. Dans ce contexte, on comprendra que Le film fait référence au film de la vie et que, s'il se débobine avec l'humour propre à l'artiste (Compliqué), il se double de sensibilité.
Katerine pose son regard sur son paternel (Papa), comme sur la mort (Les objets), les enfants (Trois ans) ou les bonheurs quotidiens (Moment parfait). On passe ainsi de l'ombre à la lumière. Le Français n'est pas un chanteur à voix et comme il est très à l'avant-plan dans le mixage, défendant des mélodies singulières, Le film pourrait effrayer certains auditeurs.
Or il faut éviter les écoutes distraites : cette parution abrite 16 vignettes adroites, ficelées sans prétention, qui recèlent une étonnante profondeur.