Stalin

Peine de prison allégée pour le rappeur Stalin

RABAT — Un rappeur de 19 ans, condamné à quatre ans de prison par la justice marocaine pour un titre jugé offensant, a vu jeudi sa peine allégée à huit mois en appel, a-t-on appris auprès de sa famille.

Ce rappeur connu sous le nom de « Stalin » avait été emprisonné en décembre à Laayoune (Sahara occidental) pour avoir diffusé sur YouTube un clip Fhemna (On a compris en dialecte marocain), dénonçant notamment le chômage et le pouvoir « dictatorial ».

Hamza Assaber a été condamné quelques jours plus tard pour « offense aux institutions constitutionnelles ». La décision de la cour d’appel a été communiquée à l’AFP par sa sœur qui s’est dite « agréablement surprise » par la réduction de peine.

Le cas de ce lycéen s’inscrit dans une série de sanctions judiciaires visant des publications sur YouTube, Facebook ou Twitter, avec une douzaine de condamnations en deux mois perçues par les défenseurs des droits de la personne marocains comme une « campagne de répression » destinée à « terroriser les usagers des réseaux sociaux ».

Lundi s’ouvre le procès en appel d’un autre lycéen condamné en première instance à trois ans de prison pour avoir repris sur son compte Facebook une phrase considérée comme offensante d’un titre de rap qui cumule 21 millions de vues sur YouTube.

Un des coauteurs de cette chanson intitulée Vive le peuple (Aach al chaab, en dialecte marocain) a été condamné fin novembre à un an de prison pour « outrage à fonctionnaire public », une peine confirmée en appel cette semaine.

Ce titre de Gnawi reprend des slogans scandés dans les stades, dénonçant « l’injustice » et « l’accaparement des richesses », en écho au malaise de la jeunesse marocaine.

Surtout, les paroles attaquent directement le roi, ce qui constitue, selon les médias locaux, un franchissement très net de ce qu’on appelle au Maroc les « lignes rouges ».

Ce titre de rap ne figure pas dans les motifs de poursuite qui concernent une vidéo d’insultes à des policiers, mais a été évoquée en première instance.

Une campagne #freekoulchi (« libérez-les tous ») a récemment été lancée sur Facebook et Twitter pour dénoncer les récentes sanctions judiciaires.

Questionné à ce sujet, le porte-parole du gouvernement Hassan Abyaba a affirmé la semaine dernière que « la situation des droits humains ne connait aucune régression au Maroc » en appelant « à distinguer ceux qui s’expriment librement de ceux qui commettent des délits réprimés par la loi ».