La troupe de Winston McCall (à l’avant-plan) fera escale à Québec, le 8 septembre, comme tête d’affiche d’Envol et Macadam.

Parkway Drive: métal sans frontières

Sachant que notre entretien avec Winston McCall, le leader de la formation métal Parkway Drive, avait été repoussé de trois heures pour cause de vol retardé, la conversation a débuté sur des considérations géographiques. «Tu arrives de l’Australie là, maintenant?» lui demande-t-on. Devant sa réponse positive, on ne peut s’empêcher d’ajouter : «Et tu accordes une entrevue après t’être tapé ce voyage?» Au bout du fil, un grand éclat de rire : «Bah! Pourquoi pas!» de lancer notre homme.

On ne pourra donc pas reprocher à Winston McCall de manquer de dévouement… Le gars est précédé d’une réputation de bon Jack qu’il ne semble pas près de faire mentir. Même avec près de 20 heures de vol (et un solide décalage horaire) dans le corps.

Fraîchement arrivé en Californie avec ses complices de Parkway Drive, le chanteur piaffait d’impatience de reprendre du service sur les planches. Le groupe a notamment à son agenda une escale dans la capitale, le 8 septembre, à titre de tête d’affiche du festival Envol et Macadam.

Lancé en mai, l’album Reverence, le sixième de la formation, l’a propulsée dans une sportive tournée internationale. Et si certains puristes du metalcore — genre auquel ces piliers de la scène métal australienne étaient associés depuis leurs débuts — ont décrié le virage amorcé en 2015 avec l’album Ire, celui-ci semble sourire au groupe de Byron Bay. Tant pis pour les étiquettes, Parkway Drive ne s’impose plus de frontières et fait désormais ce qui lui plaît.

«Ire a été une expérience, évoque Winston McCall. On s’est demandé ce qu’on allait faire, on ne savait pas jusqu’où iraient nos idées. On a vraiment apprécié le faire et aimé le résultat. Pour Reverence, on n’a pas mis de limites. Si ça fonctionnait dans nos oreilles et avec nos personnalités, on y allait.»


« Je ne pensais pas savoir chanter, je ne jouais pas de guitare, alors je criais!  »
Winston McCall

Pour le chanteur, la transition a impliqué un important travail vocal, lui qui, de son propre aveu, ne savait que crier. «Jusqu’au moment où on a fait Ire, mon rôle dans le band depuis 10 ans se résumait à ça. Je ne pensais pas savoir chanter, je ne jouais pas de guitare, alors je criais! J’avais présumé qu’après 10 ans à hurler, j’avais endommagé mes cordes vocales. Mais quand j’ai vu un docteur, il m’a dit: “tes cordes vocales sont correctes, peu importe ce que tu faisais, tu l’as bien fait!”»

En somme, il criait bien? «Ouais, c’est ça! rigole l’Australien. «Ça m’a surtout donné la chance d’apprendre un instrument, qui est la voix, reprend-il plus sérieusement. Alors j’ai commencé à apprendre à chanter. Et ç’a ouvert toutes ces avenues pour nous. Ce n’est pas une question de devenir un band qui passe à la radio ou de tout virer à l’envers pour devenir quelque chose de complètement différent. C’est plus d’être en mesure d’explorer des concepts plus subtils. On en a eu dans le passé, mais on était tellement limité dans ce qu’on pouvait exprimer vocalement parce que tout ce que je pouvais faire, c’était de crier tout le temps.»

Album de deuil
Au fil de l’entrevue, notre interlocuteur semble de bien bonne humeur. Mais nous savons que Reverence, à la fois sombre et personnel, a été créé dans un contexte difficile, alors que les membres du groupe ont été endeuillés à plus d’une reprise ces dernières années. Ces drames ont offert un fil rouge à l’album: de la première chanson, Wishing Wells (qui lance les hostilités toutes voiles métal dehors), à la dernière pièce, The Colour of Leaving, étonnamment sobre, mais indéniablement chargée d’émotions.

«Ç’a été très difficile à enregistrer, confie McCall. Je devenais très émotif. On a fait quatre prises et on a gardé celle qui contient cette émotion, mais qui ne sonne pas comme si j’allais m’écrouler. Parce que cette chanson a vraiment été écrite dans un contexte de détresse émotionnelle.»

Si la pièce détonne avec le reste de l’album, le chanteur tenait à ce que ce soit celle-là qui en offre les notes finales. «C’était vraiment important pour moi, confirme-t-il. Ça résume vraiment l’esprit du projet. Et c’était important qu’elle se démarque pour que les gens comprennent combien cette période avait été difficile. On ne pouvait pas terminer cet album dans un crescendo massif. C’était le moment d’épurer et d’assumer cette vulnérabilité.»

The Colour of Leaving ne figure pas au programme de la présente tournée, mais Winston McCall ne renonce pas à l’idée de l’inclure un jour. «On crée toujours dans l’optique de jouer sur scène, indique-t-il. Je vais certainement pratiquer pour voir si c’est possible. Des gens m’ont confié avoir perdu des proches et s’être reconnus dans la chanson. L’idée de pouvoir partager ce moment en spectacle, ça rejoint ce qu’on fait, c’est-à-dire de créer un lien avec les gens.»

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Note: Parkway Drive se produira à l’Îlot Fleurie le 8 septembre à 21h30. August Burns Red, The Devil Wears Prada et Obey the Brave sont de ceux qui le précéderont sur les planches. Détails et programmation complète au envoletmacadam.comPasseports et billets en vente à la boutique EXO et sur lepointdevente.com