Panorama: vu, lu, entendu cette semaine

CINÉMA

La maison des Syriens, documentaire de Nadine Beaudet et Christian Mathieu Fournier ***

Il y a deux ans, un comité de citoyens de Saint-Ubalde, dans Portneuf, a décidé de lancer un mouvement de parrainage d’une famille syrienne. Une maison est trouvée, gracieusement prêtée par une dame de l’endroit. Pendant de longs mois, Nadine Beaudet et Christian Mathieu Fournier, deux cinéastes installés à Grondines, ont assisté aux réunions et aux préparatifs pour le documentaire La maison des Syriens. Discrète, la caméra s’invite au cœur des discussions, sans entrevue directe, afin de montrer tout le travail effectué en amont de ce bel élan de solidarité, à mille lieues des préjugés véhiculés sur l’accueil fait aux immigrants.  Normand Provencher

LIVRE

La disparition de Stephanie Mailer, roman policier de Joël Dicker ***

Une chose est sûre, Joël Dicker est un expert ès suspense, et il le prouve de nouveau avec La disparition de Stephanie Mailer. Son intrigue est particulièrement complexe, et les rebondissements, presque pléthoriques: mieux vaut avoir du temps rapproché à consacrer à cette brique, sinon, le risque de perdre le fil est réel… C’est qu’il y a une galerie foisonnante de personnages qui se croisent dans la petite ville d’Orphea, où une affaire de quadruple meurtre assez sordide, mais néanmoins classée, refait surface quand un journaliste se met à fouiller dans les détails. Rien à reprocher du côté de l’action et de l’intérêt, donc. Mais certains personnages ou situations très typés laissent un petit arrière-goût de cliché: la misogynie exagérément crasse d’un poste de police rural, le critique de théâtre grandiloquent et intransigeant, la maîtresse manipulatrice qui tient son amant par les couilles… Heureusement, les trois policiers qui mènent l’enquête, plus complexes et nuancés, sauvent la mise.  Isabelle Houde

LIVRE

Miley Cyrus et les malheureux du siècle, essai de Thomas O. St-Pierre ****

Si la vedette pop Miley Cyrus est citée dans le titre et très souvent dans les pages de cet essai, on y entend aussi beaucoup en filigrane la chanson Dégénérations. Visiblement, l’auteur l’avait aussi en tête dans sa réflexion sur notre époque, ses jeunes et leurs mœurs, qu’on se plaît à dénigrer, voire à mépriser. Quand il pointe finalement directement la pièce de Mes Aïeux, c’est pour confesser qu’il la hait profondément (nous sommes au moins deux!). Dans cette plaquette joliment illustrée par Thaïla Khampo, St-Pierre ancre dans le parcours de Miley Cyrus (ses frasques de jeune femme, le jugement qu’on porte sur elle, sa quête de crédibilité artistique, sa manière de s’exprimer, etc. ) des observations lucides sur la société actuelle : notre rapport à la jeunesse, au succès, aux réseaux sociaux… Le tout ponctué de références et de citations — entre Proust, Houellebecq, Pascal ou Rousseau — qui remettent bien des clichés en perspective. Un plaidoyer pour l’ouverture et la transmission, porté par une plume acérée, trempée dans une bonne dose d’humour et d’autodérision. Miley Cyrus et les malheureux du siècle fera l’objet d’un lancement le 17 mai à 17h30 à la librairie Pantoute de la rue Saint-Jean.  Geneviève Bouchard

MUSIQUE

Vu d’ici, album pop de Petula Clark ***1/2

À 85 ans, Petula Clark n’a pas peur de se réinventer et de sortir des sentiers battus. À preuve, ce nouvel album fait de «nouvelles chansons 100 % québécoises», conçu avec plusieurs compositeurs d’ici. C’est avec toute la chaleur de son accent reconnaissable entre mille que la vedette internationale  fait la part belle aux compositions des Louis-Jean Cormier (Sur le chemin de la gare, notre préférée), de Luc De Larochellière (Partout sur la terre), de Nelson Minville (Jamais adieu, La valse du temps et Avec tes yeux / Avec tes mains), Antoine Graton (Sourire) et autres France D’Amour (À corps perdu). Un album qui va comme un gant à celle qu’on peut désormais qualifier de la plus québécoise des chanteuses anglaises… Normand Provencher

Nos cotes: ***** Exceptionnel; ****Excellent; ***Bon; **Passable; * À éviter