Michelle Wolf

Panorama: vu, lu, entendu cette semaine

TÉLÉ

The Break, série avec Michelle Wolf ***1/2

Dire que Michelle Wolf n’a pas la langue dans sa poche relève de l’euphémisme. Pour ceux qui en doutaient encore, l’humoriste américaine en a servi un percutant rappel, fin avril, en prenant à partie la porte-parole de la Maison-Blanche Sarah Huckabee Sanders (envoyée en remplacement du président Donald Trump), lors du dîner des correspondants à Washington. Son irrévérencieuse intervention a certes soulevé la controverse… Mais elle a aussi donné envie d’en entendre davantage de la mordante comique à la voix de crécelle. Voici donc qu’elle répond à la demande avec une série sur Netflix dans laquelle elle commentera chaque semaine l’actualité. Un épisode sera mis en ligne chaque dimanche et celui déposé le 27 mai n’a pas raté sa première impression. Pas de commanditaire (mais de fausses pubs), donc pas d’autocensure, précise ici Wolf, qui se donne le droit de rire de tout, et qui ne réfrène ni ses idées féministes (qu’elle fait passer dans un segment sportif), ni ses propos tranchés sur la politique ou la société. Geneviève Bouchard

LIVRE

Désordonnance, essai d'Alain Vadeboncoeur  ***

Chef du service d’urgence de l’Institut de cardiologie de Montréal, le Dr Alain Vadeboncoeur livre, non sans une bonne dose d’humour, quelques conseils «plus ou moins pratiques pour survivre en santé». Le médecin remet les pendules à l’heure sur plusieurs sujets, tels les tests de dépistage, l’homéopathie, le cannabis, les vaccins, les bilans de santé annuels et ces milliers d’études qui proclament une chose et son contraire. Morale de l’histoire: pour se tenir loin du toubib, il suffit de conserver un poids santé, ne pas fumer, faire de l’exercice et manger des fruits et des légumes à profusion. Rien de bien sorcier, quoi.  Normand Provencher

MUSIQUE

Shawn Mendes, album pop de Shawn Mendes **1/2

Il n’a pas encore 20 ans et il est déjà habitué au sommet des palmarès. Pas de doute, Shawn Mendes est sur une lancée qui devrait déplacer de l’air (et bien des jeunes filles!) à son passage sur les plaines d’Abraham, le 8 juillet au Festival d’été. Le jeune chanteur de charme torontois a préparé le terrain la semaine dernière en lançant un troisième album qui montre une certaine évolution de sa pop à l’eau de rose. D’une facture léchée, le disque éponyme est jalonné de ballades qui ne vaudront certainement pas à leur auteur le titre de macho. En cette ère de #moiaussi, bien difficile de lui reprocher. L’ensemble garde toutefois un côté pleurnichard qui fait sans doute partie de son ADN artistique. Là, on adhère ou pas. Mais quand Mendes laisse de côté le sirop et qu’il cesse de geindre pendant quelques minutes, ça peut donner un résultat plutôt sympathique, comme cette Particular Taste vitaminée, coécrite avec Ryan Tedder de OneRepublic; le pimpant règlement de comptes de Queen ou la chouette Like To Be You, en duo avec Julia Michaels. Geneviève Bouchard

CINÉMA

Gauguin: voyage de Tahiti, drame biographique d'Édouard Deluc **1/2

Sur la vie de Paul Gauguin, l’un des peintres majeurs du XIXe siècle, on attendait davantage que ce long-métrage académique et sans âme. L’essentiel du scénario se déroule (évidemment) en Polynésie française, où le torturé artiste (Vincent Cassel) a vécu pendant 10 ans, après avoir abandonné femme et enfants. Là-bas, il trouvera l’inspiration dans les bras d’une jeune aborigène de seulement 13 ans. Rectitude politique oblige, le scénario édulcoré fait plutôt appel à une adolescente à l’aube de la majorité... D’une anecdote à l’autre, le film nous en apprend bien peu sur la nature profonde du peintre et de son œuvre. Comble de la déception, les paysages tahitiens sont rares et pratiquement tous filmés sous un ciel morne. Non, vraiment, Gauguin méritait mieux. Normand Provencher