Panorama: spécial disques de Noël

MUSIQUE

Happy Xmas, album blues rock d’Eric Clapton ***1/2

Il ne faut pas se fier au titre du récent effort d’Eric Clapton. D’abord, parce que c’est le disque de Noël pour ceux qui ne veulent pas un disque de Noël pour le temps des Fêtes. Ensuite, parce que ce n’est pas terriblement joyeux. Le guitariste anglais de génie a toujours eu un peu, pas mal le blues et Happy Xmas reste dans la note. Sa seule composition, For Love on Xmas Day est une complainte, celle d’un homme qui se meurt de solitude un peu plus chaque jour et espère le retour de l’être cher pour le jour de Noël (il y a une parenté musicale avec son mégasuccès Tears in Heaven). Every Day Will Be Like a Holiday est du Clapton pur jus. Quant aux classiques, «Slowhand» les met à sa main: White Christmas est presque méconnaissable avec un traitement blues alors que Silent Night a droit aux accents reggae. Un très bon album, à l’exception de Jingle Bells (In Memory of Avicii), un hommage électro au regretté DJ, qui ressemble à une verrue dans le milieu d’un visage. Mais, bon, ça s’enlève. Éric Moreault

MUSIQUE

Worldwide Christmas, album jazz-world de The Lost Fingers et John Jorgenson ***1/2

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Lost Fingers ont tiré le maximum de leur exploration du répertoire du temps des Fêtes et de leur passage en studio avec le réalisateur et multi-instrumentiste John Jorgenson. Après l’excellent Christmas Caravan en 2016 et l’éclaté Coconut Cristmas l’an dernier, voilà que le groupe de Québec vient clore sa trilogie avec Worldwide Christmas, qui rassemble des versions instrumentales (on peut quand même entendre quelques vocalises de Valérie Amyot), des relectures déjà parues et de leur composition Christmas Caravan. Guitares, clarinette ou saxophone viennent ici remplacer les voix sur ces chansons revues dans des arrangements ancrés dans le jazz manouche, mais qui touchent aussi aux musiques du monde: leur ambitieuse mouture de We Three Kings est devenue un classique instantané et l’exercice instrumental, porté par la guitare électrique, ne le dément pas. Comme pour les deux chapitres précédents, Worldwide Christmas fait montre d’un travail soigné et rigoureux. Mais il est difficile de ne pas y voir une redondance quand on a déjà eu dans les oreilles les deux autres albums de Noël des Lost Fingers. Geneviève Bouchard

MUSIQUE

A Legendary Christmas, album R&B de John Legend ***

En 15 ans et six albums, John Legend s’est taillé une place enviable dans l’univers de la musique pop, avec son alliage de R&B, de soul et de gospel trempé dans un enrobage actuel. Avec sa popularité, amplifiée par son rôle dans le film Pour l’amour d’Hollywood (La La Land), un disque de Noël était inévitable. Le doué pianiste et chanteur hors pair propose un hybride de chansons traditionnelles et de compositions. Sans surprise, ce sont ces dernières qui sortent du lot sur A Legendary Christmas, tout à fait dans l’esprit de son travail sur Once Again (2006) et Love In the Future (2013), grâce à la contribution de Raphael Saadiq. Le contraste est toutefois marqué avec les interprétations aux arrangements rétro. L’interprétation est remarquable — sa voix chaude et sensuelle est parfaitement adaptée à ce répertoire. Mais c’est très lisse: il manque d’émotion. On aurait aimé que Legend se lâche un peu plus et soit plus authentique. On a plutôt opté pour un exercice qui vise le public le plus large possible. À vous de voir. Éric Moreault

MUSIQUE

Christmas Kisses, album jazz-pop de Serena Ryder ***

L’an dernier, Serena Ryder a joué la carte électro-pop en offrant avec son confrère Shawn Hook une nouvelle version de Happy Xmas (War is Over) de Jonh Lennon et Yoko Ono (on vous conseille d’ailleurs de vous en tenir à l’originale!). En succombant à son tour à l’appel des clochettes pour un album complet de Noël, l’auteure-compositrice-interprète a plutôt privilégié l’approche jazz. Réalisé par Bob Ezrin, Christmas Kisses comprend une nouvelle composition (la sympathique pièce-titre, cosignée par Ryder et sa consœur Simon Wilcox) et neuf reprises de classiques de la saison. Paré d’un petit air rétro appuyé notamment par les chœurs, l’ensemble est exécuté avec classe et est bien servi par la voix souple de Ryder. On apprécie ce Blue Christmas bluesé et bien rond, ce White Christmas peppé ou cette Christmas Song accompagnée au ukulélé, qui vient clore l’aventure en toute simplicité. Mais dans le choix du répertoire comme dans la manière de se l’approprier, on demeure ici dans le domaine de l’attendu et du conventionnel. Bref, pas grand-chose de neuf sous le sapin… Geneviève Bouchard

MUSIQUE

Que les Fêtes commencent!, album pop-country de Guylaine Tanguay ***

La chanteuse country de Girardville, Guylaine Tanguay, propose avec cet album de quoi meubler plus d’un party du temps des Fêtes. Si quelques pièces swingent la compagnie sur un méchant temps (Que les fêtes commencent!, La Bastringue et le pot-pourri du Jour de l’An), d’autres parmi les 14 titres savent aussi se faire plus relaxantes et zen (O Come, All Ye Faithfull). Beaucoup de classiques dans le lot, dont La valse de Noël, Blue Christmas et Jingle Bell Rock. On s’interroge sur le choix d’offrir des airs moitié anglais moitié français, alors que les chansons dans la langue de Shakespeare sont déjà assez nombreuses. Normand Provencher

Nos cotes: ***** Exceptionnel;  **** Excellent;  ***Bon;  ** Passable;  * À éviter