L'album de Bobby Bazini, <em>Move Away</em>
L'album de Bobby Bazini, <em>Move Away</em>

Panorama: lu, vu et entendu cette semaine

L'équipe des arts
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Le Soleil
Vu, lu, entendu cette semaine : Bobby Bazini, Stephan Moccio et Le chanteur perdu

Musique

Move Away *** 1/2

Pop, Bobby Bazini

Avec quatre albums et des milliers de kilomètres derrière la guitare, il n’a pas chômé, Bobby Bazini, depuis ses débuts, il y a 10 ans. On attendait cette quatrième offrande au printemps, la pandémie a repoussé sa sortie à la fin de l’été. Ce n’est pas une mauvaise chose. On aurait pu croire que le contexte du confinement a influencé sa plume, ce n’est pas le cas non plus. Mais on y sent quand même une volonté de se poser pour un moment et de réfléchir à son parcours musical et personnel… Avant de peut-être tourner une page. On reconnaît sur Move Away la pop efficace de Bazini (on sourit notamment à l’écoute du groove «à la Get Lucky» de Holding Onto the Feeling), ses influences soul, ses mélodies accrocheuses. La voix toujours bien à l’aise dans un registre plus haut perché, l’auteur-compositeur-interprète tente ici et là l’exercice de baisser le ton. On le sent surtout dans Some & Others, qui commence en mode folk épuré avant de s’envoler dans des cordes somptueuses et un très beau mariage vocal avec sa compagne, en français. Que voilà une magnifique porte ouverte pour la suite… Geneviève Bouchard

Tales of Solace *** 1/2

Néo-classique, Stephan Moccio

Avec les succès d’Alexandra Stréliski ou de Jean-Michel Blais, le genre néoclassique a eu la cote ces dernières années auprès d’un public grandissant. On ne pourra pas accuser Stephan Moccio de surfer sur la vague : pianiste depuis la petite enfance, le musicien et collaborateur de certaines des plus grandes vedettes de la pop (Céline Dion, The Weeknd, Miley Cyrus et cie) s’était déjà commis en 2006. Avec Tales of Solace (qu’on peut traduire par «Histoires de réconfort»), le compositeur canadien a eu envie de sortir du tourbillon pour se retrouver seul au piano. Et de l’apaisement, c’est justement ce qu’il offre avec cette collection de 16 pièces d’une grande douceur, qui coulent avec un souffle cinématographique. L’élégance est de mise, ici, mais aussi une certaine vulnérabilité. Stephan Moccio n’a pas cherché la perfection ni les grands éclats, loin de là. On reste ici dans l’impressionnisme, mais on y décèle une indéniable honnêteté. Geneviève Bouchard

Livre

Le chanteur perdu *** 1/2

BD, Didier Tronchet

C’est l’histoire d’un homme qui pense être passé à côté de sa vie. C’est commun, mais ça le devient beaucoup moins lorsque Jean, un bibliothécaire en épuisement professionnel (!!!), décide de partir à la recherche d’un «chanteur perdu». Rémy-Bé, artiste désinvolte et libre, n’a qu’un seul album au compteur lorsqu’il disparaît des écrans radars. Le road trip de Jean, de Morlaix en France à l’île de Madagascar, pour retrouver son idole, s’avère, en fait, la quête d’un idéal perdu, une méditation sur cette jeunesse qu’on idéalise, donc, et qui ne revient jamais. Avec en corollaire, la fameuse question : deviens-tu ce que tu voulais? Tronchet a de la verve et de l’humour, son roman graphique se révèle absolument fascinant parce qu’il agit comme un miroir chez son lecteur. Et aussi parce que ce récit semi-biographique est basé sur une histoire vraie, celle de Jean-Claude Rémy. Entre dessins naïfs et chanson française grande époque (on y croise le fantôme de Brassens), Le chanteur perdu offre un formidable dépaysement. Mais également matière à réflexion. Éric Moreault

<em>Le chanteur perdu </em>- BD, Didier Tronchet