Jonathan Roy

Nouveau début pour Jonathan Roy

Trois disques en trois ans. Les choses se sont bousculées pour Jonathan Roy lorsqu'il a choisi de troquer ses patins contre une guitare. Un peu trop, admet-il avec le recul. Alors qu'il s'apprête à lancer le 20 janvier un quatrième album qu'il considère comme son tout premier, l'ex-hockeyeur fait table rase du passé.
Au bout du fil, le jeune homme est catégorique : «Pour moi, c'est le début de Jonathan Roy, tranche-t-il. C'est comme ça que je le vois. Ça fait huit ans que je travaille pour peaufiner mon son et mon style. J'ai l'impression de l'avoir vraiment trouvé avec cet album-là.» 
Ancré dans une veine pop teintée de folk et de reggae, ledit album s'intitule Mr. Optimist Blues. Poussé par une association fructueuse avec l'idole des années 80 Corey Hart et par l'endossement de la compagnie de disques Warner, il porte des ambitions pancanadiennes. Et le succès des extraits Daniella Denmark et You're My Ace (doublé de celui du duo de Noël Driving Home For Christmas qu'il s'est offert avec son mentor) permet de nourrir les espoirs de cet optimiste autoproclamé. 
Pourtant, de son propre constat, l'avenir musical de Jonathan Roy semblait moins prometteur il y a quelques années. Sans renier ses premières expériences artistiques, il n'assume plus vraiment les trois premiers albums - deux en anglais et un en français - qu'il a fait paraître entre 2009 et 2011 et qu'il a depuis rayés de son répertoire. «Je ne trouve pas ça assez solide, en vérité, avance-t-il. Oui, je suis fier de l'avoir fait parce que c'était là que j'étais dans le temps. Mais ça n'a plus rien à voir avec ce que je fais aujourd'hui.»
Fils du célèbre gardien de but devenu entraîneur Patrick Roy, ayant lui-même fait la manchette à cause d'une bagarre sur glace qui l'a amené devant les tribunaux, Jonathan Roy estime avec le recul ne pas avoir adopté la bonne stratégie en prenant son virage musical. 
«Le début a été beaucoup trop vite pour moi, observe-t-il. Fallait que j'apprenne, fallait que je comprenne dans quoi je m'embarquais. Normalement, quand tu commences, tu joues dans les bars, tu travailles et tu t'améliores comme artiste. Pour moi, ç'a été un peu l'inverse. C'est sûr qu'en portant le nom de Roy, il y a tout de suite eu des médias et des gens qui se sont intéressés au projet.» 
Et justement, le musicien recrue ne savait pas dans quoi il s'embarquait... «Moi, je jouais au hockey, reprend-il. Je n'avais jamais chanté, je n'étais jamais monté sur scène, je n'avais jamais donné d'entrevue. La mentalité de mon ancien gérant, c'était : "Monte sur la scène et tu vas apprendre." Ça peut être une bonne façon, mais pas pour moi. Il y avait tellement d'yeux qui me regardaient et qui portaient un jugement...»
«Dernière chance»
Après trois albums et un baptême de la comédie musicale dans Don Juan, où il campait le rôle de Raphaël, Jonathan Roy confie avoir «frappé un petit mur». Insatisfait de la tournure de sa carrière, il a tendu une main à Corey Hart... Et il a d'abord essuyé un refus. «Il disait qu'il n'avait pas le temps, qu'il n'était pas tellement intéressé par le projet», raconte Roy. C'est là que son paternel a fait jouer un peu de son influence pour obtenir à fiston un entretien, question de savoir une fois pour toutes s'il perdait son temps dans le show-business
«J'étais nerveux», laisse tomber le principal intéressé. «Je trouvais que c'était ma dernière chance, ajoute-t-il. Ça faisait quelques années que je cherchais à aller plus loin dans la musique. Je voulais travailler avec quelqu'un qui avait la passion comme moi et je pensais que Corey pouvait être la bonne personne.»
Un vol vers les Bahamas (où Hart réside avec sa famille) et une bonne discussion plus tard, le déclic s'est fait entre les deux musiciens. Si bien qu'ils se sont mutuellement adoptés. De passage à Québec en juin dernier, Corey Hart a lancé que Roy était presque devenu son «cinquième enfant». Et Roy ne tarit pas d'éloges pour celui qui lui a écrit deux succès radio (et une poignée de titres sur l'album à paraître le 20 janvier)... Mais qui a aussi pris le temps de lui offrir ce qu'il décrit comme une «base solide» pour la suite des choses. 
«Avec Corey, ça s'est calmé, on a pu focusser sur les bonnes choses que j'avais à travailler, décrit-il. On s'est assuré que tout était en place. On a travaillé sur le spectacle, on a trouvé les bonnes personnes pour m'entourer. Et là, on est prêts! On devait lancer un EP, mais finalement, on lance un album complet!»
Particulièrement fier du clip de la chanson Good Things, qui accompagnera la sortie de l'album Mr. Optimist Blues, Jonathan Roy dit entrer dans cette nouvelle étape avec confiance. «Je suis fonceur, mon père m'a élevé comme ça», reconnaît celui qui présentera ses nouvelles chansons sur la scène du Cercle le 19 janvier. «Ça fait neuf ans maintenant que j'ai accroché les patins, ajoute-t-il. Je suis allé chercher mon rêve de faire de la musique dans la vie et j'en suis très, très heureux.»
Vous voulez y aller?
Qui: Jonathan Roy
Quand: 19 janvier, 21h
Où: Le Cercle
Billets: 29 $
Info: le-cercle.ca