Émile Proulx-Cloutier

Notre meilleur des spectacles musicaux

1. Émile Proulx-Cloutier, 6 avril au Grand Théâtre

Comédien et musicien, Émile Proulx-Cloutier avait déjà réitéré avec son deuxième album, Marée haute, à quel point il a gagné sa place parmi les plus grands auteurs-compositeurs-interprètes d’ici. Expert dans l’art de brosser des tableaux chansonniers (ou slamés) bien tassés, il a offert une généreuse fête des mots au Grand Théâtre en se montrant intense, investi, rigoureux... et franchement drôle. (GB)

Passenger

2. Passenger, 6 juillet à l’Impérial

De mémoire de festivalière, Passenger a fait converger la plus grosse foule qu’on ait vue à l’Impérial au Festival d’été : au moment d’ouvrir les portes, l’interminable file faisait pratiquement le tour du bloc. Seul avec sa guitare, Mike Rosenberg (de son vrai nom) a récompensé ceux qui étaient arrivés tôt avec une prestation folk de haut calibre, un indéniable charisme et un sens de la répartie à toute épreuve. Quant à ceux qui n’ont pas pu entrer, ils avaient quand même Neil Young à s’offrir comme plan B. Il y a quand même pire!  (GB)

Dave Grohl des Foo Fighters

3. Foo Fighters, 9 juillet sur les plaines d’Abraham

L’heure était à la revanche après le concert de 2015 interrompu par l’orage après quatre chansons. Et les festivaliers ont été vengés de la manière la plus cool et rock and roll qui soit par les Foo Fighters. On a craint que l’histoire se répète quand une intense averse s’est abattue sur la foule pendant que Greta Van Fleet s’activait en première partie. Mais Dave Grohl et sa bande se sont bien pointés à l’heure, s’assurant d’avoir un couvre-feu repoussé à minuit pour vraiment savourer ces retrouvailles. On a eu droit aux vieux hits, à de solides tranches du petit dernier Concrete and Gold et à une brassée de reprises pas piquées des vers. Toute une soirée! (GB)

Cindy Lauper

4. Lorde, Cindy Lauper et Milk & Bone, 13 juillet sur les plaines d’Abraham

La vedette néo-zélandaise Lorde figurait en tête d’affiche de la seule soirée 100 % féminine du Festival d’été sur les plaines d’Abraham. Mais c’est quand même Cyndi Lauper qui a volé le spectacle. Outre ses grands classiques — Time After Time a créé un moment magique —, elle a servi une toujours nécessaire prise de position féministe, en plus d’offrir tout un trip aux Québécoises de Milk & Bone, qui se produisaient en première partie : elle les a conviées sur scène le temps de l’incontournable Girls Just Want to Have Fun, allant même jusqu’à refiler son micro à Camille Poliquin pendant un moment! (GB)

Paul McCartney

5. Paul McCartney, 17 septembre au Centre Vidéotron

«Oh man! C’est le party!» a observé Paul McCartney quelques minutes après le début de son concert au Centre Vidéotron. Oui, Paul, c’était le party! Avec énergie, classe et beaucoup d’humour, l’ex-Beatles a généreusement donné ce qu’il faut pour contenter tout le monde, y compris lui-même : quelques titres de son nouvel album, Egypt Station, un bon échantillon de succès du Fab Four et les indémodables des Wings. On a surtout enfin pu apprécier l’expérience en salle, après deux visites en plein air. Les retrouvailles ont été simplement magiques. (GB)

Alaclair Ensemble

6. Alaclair Ensemble, 23 novembre à l’Impérial

Voilà un fait connu depuis longtemps : Alaclair Ensemble, c’est sur scène que ça se passe. L’autoproclamée «troupe de post-rigodon bas-canadienne» n’a pas fait mentir sa réputation en renouant avec l’Impérial cet automne. Les rappeurs sont débarqués avec les titres du Sens des paroles, leur album le plus abouti à ce jour. Entourés de famille et amis, gonflés à bloc, ils ont offert toute une prestation devant un parterre pour le moins enthousiaste et réactif. Et ils ont scellé la communion en vendant aux enchères l’un de leurs trophées Félix au profit de la Fondation Gilles Kègle. Un party et de l’engagement, difficile de demander mieux! Avis aux intéressés, Alaclair Ensemble défoncera l’année à L’Anti : spectacle suivi d’un DJ set à partir de 22h... (GB)

Safia Nolin

7. Safia Nolin, 20 octobre au Grand Théâtre

Il y a la Safia Nolin qui sait émouvoir avec ses chansons tristes et la Safia Nolin qui peut faire crouler une salle de rire avec son naturel désarmant. Dans une mise en scène soignée, on a renoué avec les deux extrêmes lorsque l’auteure-compositrice-interprète s’est pointée au Grand Théâtre avec les chansons neuves de son deuxième album de compositions, Dans le noir. En bonus : une chouette prestation en début de soirée de Stéphanie Boulay, qui a dévoilé cet automne les pièces très personnelles de son premier album solo, Ce que je te donne ne disparaît pas. (GB)

Elton John

8. Elton John, 29 septembre au Centre Vidéotron

À sa sixième et dernière visite à Québec, dans le cadre de sa tournée d’adieu, Elton John a livré un show mémorable. La star britannique de 71 ans a fait preuve d’une grande générosité en interprétant 24 chansons, sans baisse de tempo. Le public, conquis, en a eu pour son argent. «Je fais cette carrière incroyable depuis 50 ans. J’ai enregistré plein de chansons et d’albums, mais rien ne m’a rendu plus fier que de pouvoir compter sur votre loyauté. Je vous aime tellement», a-t-il déclaré. La touchante interprétation de son grand succès, Goodbye Yellow Brick Road, ne pouvait mieux clore cette soirée unique. Bonne retraite, Sir Elton. (NP)

Gerard Depardieu

9. Depardieu chante Barbara, 22 mai au Grand Théâtre

L’inoubliable interprète de Cyrano de Bergerac et de Jean de Florette n’a certes pas une voix à tout casser, mais il a littéralement conquis le public par la façon impériale de rendre hommage à sa grande amie disparue, dans un spectacle balayé par un puissant souffle poétique. À chaque chanson de Barbara, son émotion, que ce soit pour Le soleil noir, La solitude, L’aigle noir et, à la toute fin, l’incontournable Petite cantate. Rarement aura-t-on entendu les remerciements d’un artiste déclinés avec autant de grâce. On dira ce qu’on voudra du personnage, mais Depardieu est un grand artiste. (NP)

Jane Birkin

10. Birkin/Gainsbourg Symphonique, 7 juillet, au Parc de la francophonie

C’est avec une voix toujours aussi fragile, mais si unique, que Jane Birkin est débarquée au Festival d’été pour porter bien haut les mots et la musique de son regretté pygmalion, sublimés par l’Orchestre symphonique de Québec. Ses reprises de La chanson de Prévert, de L’Anamour et de La Javanaise résonnent encore dans notre tête. La chanteuse a essuyé une larme en pensant combien Gainsbourg aurait été ému par ce spectacle reçu par la foule dans un recueillement quasi religieux. Un grand, pur et inoubliable moment d’émotion. (NP)