Nikki Yanofsky aime particulièrement la musique des années 80, ce qui se ressent dans ses propres chansons.
Nikki Yanofsky aime particulièrement la musique des années 80, ce qui se ressent dans ses propres chansons.

Nikki Yanofsky, au naturel

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
Nikki Yanofsky a décidé de faire un pied de nez à tous ses haters. Elle offre à son public un nouvel album assumé, différent et unique. Turn Down the Sound porte la puissance du jazz et la voix solide de la chanteuse à la rencontre du son funky et pop des années 80-90.

Après la sortie de ses derniers albums, la chanteuse canadienne a senti que l’industrie et le public avaient une idée préconçue d’elle et de sa musique. L’image de la jeune fille parfaite, gentille et intelligente lui a longtemps collé à la peau. La chanteuse confesse avoir accordé beaucoup d’importance, dans le passé, au fait de plaire à son entourage, au point d’en faire trop. «À un certain moment dans ma carrière, j’avais l’impression d’être comme une caricature de moi-même», confie-t-elle en entrevue au Soleil.

Pour Turn Down the Sound, Nikki s’est donné la permission de sortir de la boîte dans laquelle l’industrie et elle-même l’avaient enfermée. «Tout n’est pas parfait tout le temps. C’est la première fois que je me sens à l’aise de partager, à travers mes chansons, des expériences tant heureuses que malheureuses. Sur l’album, je parle d’épreuves que j’ai dû traverser, mais aussi de mes sentiments et de ce que je ressens», explique-t-elle.

Nikki présente donc un nouvel album moins léché que les précédents, mais tout aussi sophistiqué et puissant; à l’image de la femme moderne de 26 ans, forte et indépendante, qui assume totalement sa vulnérabilité et le type de musique qu’elle veut faire. Nikki a troqué une pop rose bonbon très festive pour une musique qui se frotte davantage au jazz et au RnB, ancrés à même ses racines. En effet, le grand public l’a, entre autres, découvert lors du Festival international de jazz de Montréal en 2006.

La chanteuse admet qu’une partie d’elle, un peu pudique, est inquiète de se présenter aussi nue, imparfaite. «Ce qui fait le plus peur nous amène toujours à nous dépasser davantage. J’ai peur, mais je suis excitée de sortir l’album. Je pense vraiment que ça a valu la peine d’accéder à ce niveau d’intimité que ce soit dans les paroles ou dans la musique», avoue-t-elle fièrement malgré sa fébrilité.

Nikki reconnaît qu’elle était peut-être un peu jeune, par le passé, pour avoir ce recul et ce niveau de confiance. Elle est toutefois très heureuse d’être où elle en est aujourd’hui : «J’ai réalisé que la seule chose sur laquelle je devais me concentrer, c’est ma musique, pour être certaine qu’elle me ressemble et que j’en sois fière. Si je me concentre strictement là-dessus, je ne peux pas vraiment me tromper non? Tout le monde y gagne», insiste l’artiste.

Le titre de son album illustre d’ailleurs parfaitement le combat intérieur de la chanteuse. Nikki explique qu’elle a beaucoup hésité au début avant de choisir Turn Down the Sound comme titre officiel. Pour un album de musique, un titre qui invite les gens à baisser le son de leur appareil est «discutable» sur le plan du marketing, admet Nikki. Son titre invite, au fond, non pas à baisser le son de sa musique, mais à «turn down the sound of haters», explique-t-elle. 

Nikki Yanofsky offre à son public un nouvel album assumé, différent et unique, <em>Turn Down the Sound. </em>

Son vidéoclip de la chanson Forget tranche également avec ses précédents puisqu’il met en scène non pas l’image de la fille parfaite, mais bien tout l’humour et la personnalité de Nikki, qui dédie carrément cette chanson à tous ses détracteurs qui la jugent sans la connaître. 

L’influence de Rod Temperton

La chanteuse a beaucoup travaillé avec l’auteur-compositeur britannique Rod Temperton qu’elle décrit d’ailleurs comme son mentor. Rod Temperton était principalement reconnu dans le milieu pour sa collaboration avec Michael Jackson. C’est à lui que l’on doit notamment le succès Thriller.

Le décès de Rod Temperton, en 2016, a profondément marqué Nikki qui avait d’ailleurs amorcé l’écriture de l’album avec ce dernier. Pour ce projet, le vieux routier a notamment co-écrit Turn Down the Sound et écrit Bubbles. Le titre de l’album est, d’une certaine manière, un hommage à la plume de ce grand auteur-compositeur.

Ce n’était pas un hasard que la jeune femme ait comme guide un auteur à succès des années 70 et 80. Nikki explique qu’elle aime beaucoup la musique de cette époque. Elle ne glisse pas intentionnellement ces influences dans ses propres chansons, mais il y a quelque chose d’intemporel dans la musique de ces années iconiques qui fascine la jeune femme.