Le spectacle Mile(s)tones présente plusieurs vidéos à saveur psychédélique pour rendre hommage à la musique de Miles Davis, décédé en 1991.

Mile(s)tones: la musique de Miles Davis révélée aux jeunes

CRITIQUE / «Mais qu’est-ce qui se passe?»

En ce petit mercredi matin, dans la salle des Gros Becs, rue Saint-Jean, la voix d’une fillette retentit dans la pénombre. Devant elle, les trois musiciens de la Zonzo Compagnie sont lancés dans une séance de jazz improvisé. Derrière eux, sur un grand écran, une vidéo montre une tornade qui s’approche dangereusement d’une ferme. Plus les éléments se déchaînent, plus le rythme de la musique s’accélère. En fin de parcours, le pianiste, installé sur une plate-forme sur roues, se met à tourner, poussé par ses deux collègues qui ont délaissé leurs instruments.

Si le numéro d’ouverture de Mile(s)tones, un spectacle visant à initier les jeunes au jazz, et particulièrement à la musique du grand Miles Davis, a laissé pantois la gamine et les élèves du primaire du collège Stanislas, et des écoles Odyssée et Oraliste, le reste de la matinée a semblé les combler au plus haut point. Il faut dire que les Belges Bert Bernaerts (trompette), Seppe Gebruers (piano) et Simon Segers (batterie) ont pris un plaisir de tous les instants à entraîner les enfants dans leurs jeux musicaux participatifs.

Aussi, quelques jeunes choisis au hasard ont pu s’improviser un moment chef d’orchestre. D’un geste de la main, l’enfant décidait qui du trompettiste, du pianiste ou du batteur pouvait jouer de son instrument. Un seul, deux à la fois ou les trois ensemble. Une façon originale de démontrer que la valeur d’un orchestre tient à la somme de ses éléments.

Un peu plus tard, les enfants, surtout les garçons, ont été nombreux à lever la main pour enfiler des gants de boxe et s’amuser à frapper un ballon d’entraînement sur pied. À chaque coup porté, le joueur de batterie marquait la mesure. Rigolo.

Qui dit Miles Davis dit Ascenseur pour l’échafaud. Le jeune public a eu droit à un extrait du célèbre long-métrage de Louis Malle, tourné en 1958, avec une Jeanne Moreau déambulant dans les rues de Paris sur la musique live du trio de musiciens. Il y a fort à parier qu’il s’agissait de la première fois que les gamins voyaient un film en noir et blanc...

Cette initiation au jazz s’est terminée sur une note festive, alors qu’une vingtaine d’élèves sont allés sur scène pour accompagner les artistes dans une séance de jazz improvisé, avec tambourins et maracas. Les rires se sont faits nombreux alors que tout ce petit monde, invité à tourner autour du pianiste, s’est soudainement retrouvé sous une pluie de confettis.

Pour reprendre une autre réplique de la même gamine estomaquée : «Je rêve ou quoi?»

Mile(s)tones est présenté au Théâtre Les Gros Becs jusqu’au 10 février dans le cadre du Mois Multi.