F.E.A.R. Marillion

Marillion: ambitieux et politisé ***1/2

Le titre du 18e album de Marillion, Fuck Everyone and Run, a des allures de gifle, comme si le groupe voulait rappeler qu'en dépit du temps qui passe, il n'est pas question pour lui de se ramollir. Et de fait, cette nouvelle offrande est dense, tant sur le plan musical que sur celui du propos. Jamais le quintette britannique n'est apparu aussi politisé qu'ici.
Sans ne rien perdre de sa sensibilité, le chanteur Steve Hogarth explore adroitement les thèmes du capitalisme, de l'exploitation et de l'immigration. Sur le plan musical, cela donne lieu à trois importantes suites dont l'époustouflante The New Kings, entrecoupées de pièces moins longues. La proposition est costaude et demande plusieurs écoutes avant d'être apprivoisée, or c'est du matériel de haut calibre qu'on y trouve et qui permet à la formation d'atteindre les sommets de Marbles ou de Somewhere Else, mais dans une approche au long souffle, voisine de celle de Brave. Enfin, bien que les teintes soient variées, c'est un son éminemment unifié que Marillion met de l'avant, où aucun membre ne vole les projecteurs.