Marie-Nicole Lemieux telle qu’elle apparaîtra dans l’opéra Falstaff. Elle y tient le rôle de Ms. Quickly.

Marie-Nicole Lemieux fera ses débuts au Met en 2019

SAGUENAY — Pour la plupart des chanteurs, la première incursion sur la scène du Metropolitan Opera constitue une grosse affaire. Certains y voient même une forme de couronnement, l’aboutissement des efforts consentis pendant des années dans le but d’affiner leur talent. Ce n’est pas le cas de Marie-Nicole Lemieux, cependant.

Celle qui a fait résonner sa voix de contralto dans les grandes salles d’Europe, de l’opéra de Vienne à la Scala de Milan, en passant par le Capitole de Toulouse et l’Opéra national de Paris, ne s’est pas encore produite dans l’enceinte la plus prestigieuse de New York. Ses débuts auront lieu en 2019, alors que deux œuvres solliciteront son concours.

Marie-Nicole Lemieux incarnera Geneviève dans Pelleas et Mélisande de Debussy, ainsi qu’un personnage qui est devenu une sorte de signature, celui de Ms. Quickly dans Falstaff de Verdi. Dans ce dernier cas, il s’agit d’une mise en scène qu’elle a créée à Covent Garden, après s’être fait les dents sur ce rôle au Festival de Glyndebourne.

Acoustique

Quand on lui demande ce que représente pour elle cette première présence à New York, Marie-Nicole Lemieux répond d’un ton légèrement fataliste : «Il manquait juste le Met.» Vient ensuite l’explication, le facteur souterrain qui a longtemps repoussé ce rendez-vous. «Les endroits que je ne connais pas, je n’aime pas ça», confie-t-elle.

L’une des questions qui la taraudent tient à l’acoustique de la salle, plus spécifiquement la manière dont elle accueillera sa voix. «Le Met, c’est gros, bien plus que Covent Garden, où il est possible d’avoir de la subtilité au plan musical. C’était d’ailleurs mon plus grand rêve que de chanter à cet endroit et d’être réinvitée. Ça fait trois fois que je travaille dans ce théâtre à l’acoustique remarquable», indique la contralto.

Elle apprécie également la tradition qui imprègne ce temple de la vie culturelle londonienne, au même titre que celle qui fait de chaque événement présenté à l’Opéra de Vienne l’équivalent d’une cérémonie païenne. «J’y retournerai en 2020 pour assumer deux rôles. L’orchestre joue fort, mais là aussi, le public est averti», souligne Marie-Nicole Lemieux.