Une murale de l'artiste Judy Chicago intitulée Fixing a Hole, a été installée sur un silo désaffecté dans le port de Liverpool.

Liverpool fête les 50 ans de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band

Les Beatles ont disparu il y a longtemps, mais leur musique résonne toujours - et nulle part aussi fort qu'à Liverpool, où le 50e anniversaire de l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band donnera lieu à deux semaines de festivités.
L'album, sorti le 2 juin 1967 en Amérique du Nord, marque un jalon du psychédélisme. Du rock au music-hall britannique, en passant par le râga, l'album multidimensionnel est considéré comme la plus belle réalisation du Fab Four par bon nombre de leurs fans et critiques.
Un demi-siècle plus tard, Liverpool a demandé à 13 artistes de donner la réplique aux 13 morceaux de l'album dans le cadre d'un festival qui s'étirera jusqu'au 16 juin. Issus du Royaume-Uni, mais aussi de l'Inde, de la France, de l'Australie et des États-Unis, ils nichent dans l'art public, la danse, le théâtre, les feux d'artifice, la musique ou encore les marionnettes.
Le festival a par ailleurs obtenu l'aval des deux derniers Beatles, Ringo Starr et Paul McCartney.
Sgt. Pepper était notamment le fruit de la frustration du groupe à l'égard de sa propre célébrité. Éreintés par leur tournée, ils ont livré leur dernier spectacle en août 1966 avant de se consacrer entièrement à la création.
En collaboration avec le producteur George Martin, aux studios Abbey Road de Londres, ils ont réalisé un album novateur sur le plan technologique et qui n'était pas conçu pour une prestation en direct.
Le long des routes, on peut voir des panneaux publicitaires signés par Jeremy Deller avec la photo de Brian Epstein, l'ancien gérant des Beatles.
Le long des routes, on peut lire sur des panneaux publicitaires signés par Jeremy Deller «Brian Epstein est mort pour vous».
Cinquante ans plus tard, il inspire des oeuvres que l'on peut admirer un peu partout à travers Liverpool. Le long des routes, on peut lire sur des panneaux publicitaires signés par Jeremy Deller «Brian Epstein est mort pour vous». Des concerts de musique indienne soulignent l'influence de ce genre sur George Harrison, tandis que la chanson A Day in the Life a inspiré un film qui prend place sur un trajet d'autobus.
À Liverpool, les Beatles incarnent à la fois des anges gardiens et une industrie majeure qui a permis à la ville portuaire de se remettre sur pattes après le déclin de ses quais autrefois florissants. Aujourd'hui, il y a des circuits touristiques Magical Mystery, des musées et même des hôtels avec pour thème les Beatles.
Julia Samuels, de la compagnie théâtrale 20 Stories High, soutient que le groupe est imprégné dans le subconscient des jeunes de la ville.
Son collègue, Keith Saha, fait un rapprochement avec l'appartenance aux clubs de soccer Liverpool ou son rival Everton. «Tout le monde a son Beatle préféré, a-t-il illustré. Tout le monde a son album préféré».
«Ce qui est bien, c'est que Liverpool n'a pas ''disneyfié'' les Beatles et c'est ce qui est très important dans ce festival», a-t-il lancé.
L'organisation insiste d'ailleurs sur le fait qu'il ne s'agit pas d'un événement nostalgique, soulignant que plusieurs de ses participants n'avaient pas encore vu le jour lorsque le groupe s'est dissous.