Les Trois accords transposent sur les planches le côté festif de leur dernier album, Beaucoup de plaisir.

Les Trois Accords: le sens des paroles

Voilà maintenant plus de 15 ans que Simon Proulx peaufine l’art de la poésie décalée au micro des Trois Accords. L’image qui étonne et la métaphore qui fait sourire, ça le connaît… Et son imaginaire s’est plus que jamais éclaté sur le bien nommé album Beaucoup de plaisir, que son groupe transpose maintenant sur les planches.

Ces dernières années, Les Trois Accords avaient donné dans des univers plus conceptuels, détaillant notamment les amours en tous genres sur J’aime ta grand-mère ou explorant le thème de l’homosexualité (à la sauce grunge, svp!) sur Joie d’être gai. À part son côté résolument festif, le dernier né des Drummondvillois ne compte pas de fil conducteur. 

«Quand on a commencé à faire l’album, il n’y avait pas vraiment d’objectif, sinon de faire quelque chose d’un peu moins cérébral, peut-être. Quelque chose d’un peu plus garroché», confirme Simon Proulx, avouant avoir trouvé «libérateur» de fuir les concepts pour laisser aller ses idées dans tous les sens. Et disons qu’il s’est gâté.

Entre un discours d’encouragement à une bactérie, les complexes d’un «albinos trois-quarts», la liste d’emplettes d’un gars «qui va probablement commettre un meurtre» et le récit des multiples commotions cérébrales d’un pauvre vacancier, Beaucoup de plaisir sort plusieurs fois des sentiers battus. De quoi se demander ce que le chanteur et parolier met dans ses céréales pour dénicher ses sujets d’inspiration...

«Je ne sais pas ce qui fait ça, rigole-t-il. Mais ce qui est cool, c’est d’avoir un terrain de jeu pour le faire. Les Trois Accords, c’est un véhicule exceptionnel. C’est le fun de pouvoir explorer des trucs plus absurdes, mais il y a toujours là-dedans quelque chose de plus universel. Et la musique permet d’aller chercher des émotions là-dedans. C’est quelque chose que je ne me tanne pas d’explorer.»

Chatouiller le cerveau

Avec la ritournelle Hawaïenne ou la ballade Saskatchewan, Les Trois Accords ont dès leur premier album affiché leurs couleurs… Quitte à voir leur démarche un peu incomprise. «Ç’a pris un moment avant que les gens comprennent où on s’en allait avec ça, concède Simon Proulx. C’est normal. Ce n’était pas évident. Je pense que maintenant, les gens voient qu’il y a une dimension absurde dans Saskatchewan, mais que c’est une chanson triste en même temps. À l’époque, c’était juste vraiment bizarre d’entendre cette manière-là d’approcher les choses.»

La signature s’est affinée avec le temps et des pièces comme Le bureau du médecin, qui abordait le point de vue d’un malade incurable sur le troisième album du groupe, a sans doute aidé à faire tomber l’étiquette humoristique qui lui était accolée. 

«On peut toucher à l’absurde pour faire des choses qui sont différentes, qui mènent à d’autres sentiments, qui sont un peu bizarres, qui nous chatouillent le cerveau de manière nouvelle...» évoque Simon Proulx, qui dit de toute manière faire peu de cas du degré d’analyse que les fans font de ses chansons. «Je me souviens qu’au début, il y avait des enfants qui écoutaient Hawaïenne et je me disais qu’ils ne pouvaient pas comprendre le concept. Ils ne pouvaient pas comprendre que c’est absurde de demander à quelqu’un d’être né ailleurs. Mais ce n’est pas ça qu’ils allaient chercher là-dedans. Peu importe ce qu’ils voient là-dedans, c’est juste cool que ça parle à du monde.»

Les Trois Accords se produiront à guichets fermés à l’Impérial de Québec les 15 et 16 mars. Une supplémentaire a été ajoutée le 20 décembre. La tournée Beaucoup de plaisir fera aussi escale aux quatre coins du Québec d’ici à l’an prochain. Toutes les dates au www.lestroisaccords.com.

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ÉCRIRE POUR «L'EXTRAORDINAIRE» CHARLEBOIS

Simon Proulx avait déjà écrit pour un grand nom de la chanson quand Les Trois Accords avaient convié Renée Martel à participer à l’album J’aime ta grand-mère. Voilà qu’il vient de récidiver en signant pour Robert Charlebois un texte où le vétéran chanteur contemple sa carrière... habillé en mou! 

«Je voulais faire une chanson de slacker. Je voulais parler d’un gars qui a tellement fait d’affaires dans sa vie que maintenant, il ne veut plus rien faire. Il veut juste être dans sa robe de chambre et jouer de la guitare», résume-t-il à propos de la pièce Musique de chambre, incluse sur Et voilà, lancé à la mi-février. 

Simon Proulx raconte avoir exprimé à son équipe le désir de collaborer avec Charlebois. Au moment de créer son 25e album, ce dernier l’a pris au mot et lui a envoyé une musique à habiller. «J’étais vraiment super honoré et en même temps, j’avais un peu le vertige, confie-t-il. Il y a des grands noms qui ont écrit pour Robert, j’avais envie de faire de quoi de bon!»

En studio avec Charlebois, Simon Proulx dit avoir fait la rencontre d’un «gars extraordinaire». «Il y a des gens avec qui ça marche et qui ont le moyen de mettre l’étincelle qui va amener ça plus loin, indique-t-il. C’est vraiment ce genre de gars-là. Il pousse l’imaginaire plus loin, il pousse l’idée. Et il a une humilité et une créativité admirables pour un gars qui a une vie aussi incroyable. C’est comme une leçon en même temps qu’un grand, grand moment pour moi. J’ai trouvé ça super flatteur qu’il m’approche et après, ç’a été vraiment satisfaisant.» Geneviève Bouchard

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BEAUCOUP DE PLAISIR EN TROIS CHANSONS


Bactérie #1

En résumé

Un mot d’encouragement dédié 

à une bactérie.

Explication de Simon Proulx

«C’est une chanson plus intime. Il y a quelque chose de doux et de bienveillant dans ce sentiment qui peut s’appliquer à d’autres trucs. C’est le genre de choses qu’on aimerait dire à des gens qu’on aime quand on veut qu’ils ressentent la confiance qu’on a en eux.»


Ouvre tes yeux Simon!

En résumé

Les Trois Accords demandent à leur chanteur d’ouvrir les yeux quand il se produit sur scène.

Explication de Simon Proulx

«J’aimais ce côté vraiment épais d’analyser notre propre mise en scène dans la chanson. Mais finalement, ça se transforme en une sorte de gospel qui devient une chanson de reconnaissance par rapport à tout ce qu’on a et à toutes les belles choses qu’on vit. Les gens nous suivent depuis toutes ces années-là, c’est de ça que ça parle au final.»


Albinos trois-quarts

En résumé

Un albinos «blond jusqu’aux genoux» repousse le plus possible le moment où il devra se montrer nu devant sa nouvelle flamme. 

Explication de Simon Proulx

«La plupart des gens entendent le mot Hawaïenne et trouvent que ça sonne drôle. C’est la même chose pour Albinos trois-quarts, c’est probablement plus drôle pour certains d’entendre cette formule que d’entendre la réflexion sur d’autres complexes que les gens peuvent avoir. Ce n’est pas grave si ce n’est pas tout le monde qui va à ce point-là dans l’analyse...»