Les Trois Accords sont arrivés bien armés pour être à la hauteur de la ferveur de leurs fans de la capitale. Les musiciennes Joannie Labelle et Mélissa Lavergne viennent gonfler les rangs de la formation pour la présente tournée afin de s’assurer que le volet percussif (et pourquoi pas ajouter un peu de clavier, de mélodica, de xylophone ou de flûte à bec) de Beaucoup de plaisir prenne vie sur les planches.

Les Trois Accords: beaucoup de plaisir, en effet!

CRITIQUE / Les Trois Accords ont fait paraître l’automne dernier le très bien nommé Beaucoup de plaisir, un album se démarquant par son côté particulièrement percussif et dansant.

Disons que ça promettait pour le spectacle. À renfort de ballons de plage géants, de maracas frénétiques, d’une fidèle cloche à vache (entre autres!) et d’une irrésistible sélection de chansons, les jamais plates Drummondvillois ont pleinement rempli les attentes, vendredi. Même qu’ils en ont rajouté une couche!

L’Impérial affichait complet pour ces retrouvailles avec la populaire formation (le concert de samedi aussi). Un public qui ratissait large, des enfants aux têtes blanches. Et surtout une foule bien préparée à entrer dans la belle folie chansonnière des Trois Accords. Ç’a commencé par un accueil explosif dès que le groupe a mis les pieds sur scène et l’enthousiasme n’a pas dérougi de la soirée, alors que pratiquement toutes les chansons (même les nouvelles, qui ont visiblement été adoptées) ont été reprises avec vigueur par le parterre.

À la hauteur

Les Trois Accords sont arrivés bien armés pour être à la hauteur de la ferveur de leurs fans de la capitale. Les musiciennes Joannie Labelle et Mélissa Lavergne viennent gonfler les rangs de la formation pour la présente tournée afin de s’assurer que le volet percussif (et pourquoi pas ajouter un peu de clavier, de mélodica, de xylophone ou de flûte à bec) de Beaucoup de plaisir prenne vie sur les planches. On vous le confirme, ça sonne! Et ça illustre une nouvelle fois un fait qui s’est maintes fois affirmé au fil des ans : si Les Trois Accords peuvent aborder la chanson sous un angle décalé et parfois un peu absurde, ils sont musicalement rigoureux. Et d’une dangereuse efficacité sur scène!

Si les récentes chansons ont presque toutes été interprétées — mention spéciale à l’endiablée Corinne, à la plus que réjouissante Albino trois-quarts et à Ouvre tes yeux Simon!, aussi rassembleuse qu’autoréférentielle —, le quatuor a bien sûr fait honneur à ses succès plus anciens. Elle s’appelait Serge et Hawaïenne (après un faux départ) n’ont pas tardé à faire leur apparition. Loin d’ici et Vraiment beau (avec son solo de gazou) n’ont pas raté leur effet. Bamboula et Grand Champion ont décoiffé l’Impérial et Des amoureux qui s’aiment a été particulièrement bien servie par l’ajout de percussions. Et c’est sur l’air de Retour à l’institut que cette soirée franchement réussie s’est conclue au deuxième rappel. 

Si le spectacle de vendredi s’est la plupart du temps déroulé la pédale au plancher, on a aussi eu droit à quelques parenthèses plus intimes. Comme ce «moment-tabouret» lors duquel Simon Proulx a lancé en tête-à-tête l’intense Les dauphins et les licornes, reprise d’une seule voix par le public. Idem pour le classique Saskatchewan. Mais on retiendra aussi les remerciements sincères servis par les membres du groupe, qui semblaient vraiment heureux de la rencontre.

«C’est toujours spécial à Québec, je ne sais pas ce qu’il y a dans l’air ici», a lancé Simon Proulx. Aux absents qui voudraient se reprendre : une supplémentaire a été ajoutée le 20 décembre à l’Impérial. 

Zen Bamboo

En début de soirée, la colorée formation Zen Bamboo a offert une portion bien tassée de son rock fougueux. Après quatre mini-albums, le quatuor planche sur son premier album complet. Si sa prestation de vendredi n’a pas transcendé le public, gageons que la finale explosive aura donné à plusieurs l’envie d’en entendre davantage.