Lord Esperanza entame une courte tournée au Québec.

Les rimes lumineuses de Lord Esperanza

À 22 ans, Lord Esperanza a déjà à son actif de nombreuses rimes et collaborations musicales, notamment avec Fouki. Le rappeur français vient présenter son premier album «Drapeau blanc» au public québécois à l’occasion d’une mini-tournée, qui le mènera de L’Anti aux Francofolies.

Même si vous avez déjà créé huit ou neuf projets, Drapeau blanc, paru le 24 mai, est présenté votre premier album officiel. Quelle en est la ligne directrice?

«C’est la première fois que je me livrais sur des thématiques plus personnelles. J’aborde mon conflit avec mon père et du pardon que j’ai essayé d’appliquer sur la chanson Château de sable. Dans Comme ça, je parle de la dictature du chiffre, de la société régie par Instagram et par le culte du paraître. J’ai vraiment essayé de soigner les textes et de me livrer à 100%. Avant il y avait un certain filtre, je me cachais derrière des artifices, le côté «Lord». Là je suis retourné à l’essentiel.»

Est-ce vrai que vous avez puisé votre nom d’artiste dans un roman de Michel Tournier?

«Oui, dans Vendredi ou la vie sauvage, qui est une réécriture de Robinson Crusoé de Daniel Defoe. Dans l’histoire, le naufragé appelle l’île Speranza, pour ne pas perdre espoir. J’ai ajouté «Lord» parce qu’il y a une dualité dans ma musique, entre quelque chose d’assez doux et poétique et quelque chose de plus engagé, plus conscient, plus actuel. Il y a un côté écologique dans l’album, j’essaie de prendre position comme citoyen écoresponsable. Je me suis aussi rendu compte, tout bêtement, que le nom est en anglais et en espagnol, alors que je rappe en français. Ça crée un mixe de cultures qui me plaît.»

D’où vient le bagage littéraire qui traverse vos textes?

«Mes parents m’ont légué la passion de la culture en général, ils m’amenaient au cinéma, au théâtre, à l’opéra. Ils m’ont transmis le goût des mots assez jeune, à travers la lecture de grands romans classiques. J’ai écouté toutes sortes de chansons d’Amy Winehouse à Jacques Brel, en passant par Charlotte Cardin et Mozart.»

Qu’est-ce qui vous a mené au hip-hop?

«Je voulais faire de jolies phrases et de jolies rimes. Puis je me suis rendu compte que je pouvais raconter des histoires et livrer un message. J’essaie vraiment de donner de l’espoir aux gens. Je reçois de plus en plus de témoignages touchants, qui me font voir qu’avec ce vecteur qu’est la musique on peut modifier des existences.»

Musicalement, vous n’hésitez pas à intégrer du saxophone, du piano, des percussions. Pourquoi?

«Le problème du rap est qu’il est en constante mutation, ça évolue beaucoup et les codes sont rapidement démodés. Mettre des instruments plus orchestraux fait en sorte que les chansons vieillissent mieux, je trouve, et sont plus organiques.»

À quoi peut-on s’attendre en assistant à un de vos spectacles?

«En France, je commence à avoir des musiciens sur scène, mais c’est trop cher pour les amener ici [au Québec]. J’aime beaucoup la scène et je trouve que c’est le meilleur moyen d’entrer en communion avec le public. On me dit souvent que j’ai une énergie rock... je finis souvent par enlever mon t-shirt sur scène.»

Lord Esperanza

Qu’est-ce qui vous attend dans les prochains mois?

«Une tournée des festivals en Europe; en Suisse, en Belgique, jusqu’en Hongrie. Il y aura aussi un spectacle au Bataclan le 20 décembre à Paris. La date la plus importante parce qu’il y aura tout le monde, la belle, les parents, les amis. Et ce lieu, c’est une fierté. Il faut célébrer les lieux de fête et les lieux de vie.»

Lord Esperanza sera en spectacle le 12 juin à L’Anti à Quebec, le 13 juin à La Petite Boite Noire à Sherbrooke, le 14 juin à L’Embuscade à Trois Rivières et le 15 juin aux Francofolies de Montréal.