Martin Saucier, Carlos Vergara, Éric Bégin et Claude Samson forment Les Petites Tounes.

Les Petites Tounes: deux décennies à faire danser les enfants

En une vingtaine d’années de création pour les enfants, Les Petites Tounes ont toujours prôné une approche créative simple: un vrai groupe de musique qui se met au défi, qui joue des chansons assez soignées pour plaire aux oreilles adultes, mais qui s’adressent à celles des plus jeunes. Sur son septième album, «Dans l’univers», le quatuor se sert du prétexte d’un voyage dans l’espace pour relancer la fête, mais aussi mettre de l’avant un message optimiste et offrir une main tendue.

S’ils misent souvent sur le ludisme, les créateurs des Petites Tounes sont conscients des responsabilités qui viennent avec leur tribune et leur public. Alors que les tout-petits d’aujourd’hui poussent dans un monde où les tensions sont grandes et où la solidarité n’est pas toujours au rendez-vous, ils ont difficilement pu ignorer le contexte en créant leurs nouvelles chansons. Un partenariat avec le Planétarium de Montréal leur avait déjà donné la ligne directrice de leur prochain album. Restait à développer les ramifications de cet univers, qui n’est pas seulement «spatial», mais aussi intérieur. 

«On parle beaucoup d’amitié, d’entraide. Parce que là, c’est difficile sur la planète. Il y a des conflits partout, on n’accepte plus les gens qui viennent d’ailleurs. On voit les gens qui sont différents de nous comme une menace», résume le guitariste et chanteur Carlos Vergara.

«On essaie avec cet album-là de voir un univers positif. C’est un peu comme si on passait le flambeau aux enfants, pour ne pas qu’ils se découragent malgré tout ce qui se passe», ajoute son complice multi-instrumentiste et chanteur Claude Samson. 

Citons en exemple la pièce Habibi («ma chérie» en arabe) qui raconte sur des arrangements aux couleurs moyen-orientales la complicité entre deux enfants. L’une, on le devine à la musique et à son nom, vient d’ailleurs. Mais ce n’est aucunement mentionné dans le texte. 

«On ne veut pas aller trop dans la morale ou dans l’éducatif, reprend Carlos Vergara. On veut parler de situations qu’un enfant va vivre. Un enfant qui va connaître Habibi, il ne va pas se poser la question d’où elle vient. Il va juste jouer avec elle parce que c’est le fun...»

«Entre Vivaldi et AC/DC»

Les Petites Tounes sont nées de la collaboration entre Carlos Vergara et Claude Samson (aussi guitariste de Vilain Pingouin), alors éducateurs auxiliaires en Centre de la petite enfance. Au fil de ses sept albums, le duo devenu quatuor (le batteur Martin Saucier et le bassiste Éric Bégin complètent la formation) a mis de l’avant un mélange des genres — «entre Vivaldi et AC/DC», image Samson — dans une volonté d’offrir de la diversité aux petits, certes, mais aussi de s’accomplir en tant que musiciens.  

«Je suis toujours au maximum de mes capacités. Je ne me retiens pas parce qu’on travaille pour un jeune public», note Claude Samson. 

«Comme les enfants ont plus accès à tout ce que les parents écoutent, ils ont juste à peser sur un bouton et ils ont tout devant eux. Quand on a fait le mix de l’album, on s’est dit qu’il faut y aller avec un son comme si c’était pour les adultes: du gros drum, de grosses guitares… Parce que les enfants sont habitués à ça, maintenant», explique à son tour Carlos Vergara. 

Dans l’univers passe du country-folk au rock aux rythmes latins et se pare ici et là de teintes funky ou électro. Et le groupe s’est notamment muni d’un thérémine, qui deviendra un personnage à part entière dans son nouveau spectacle à thématique spatiale. Avec un public qui se renouvelle forcément constamment, la proposition du quatuor évolue, mais le cœur demeure au même endroit. 

«Les enfants restent les mêmes, croit Claude Samson. C’est tout ce qui a autour, comme la technologie, qui change. Un enfant va toujours s’émerveiller. Quand Martin fait son solo de batterie, les enfants font autant “Wow!” qu’il y a 20 ans. Quand on fait du cabotinage ou des blagues, ils rient aux mêmes places. Personne ne nous a dit : “heille, ça fait pas mal l’an 2000 ton affaire!”»

Les Petites Tounes se produiront à l’Impérial le 30 décembre à 14h (ouverture des portes à 13h).

Ils seront à la Maison de la culture de Gatineau le dimanche 27 janvier, à 15h.