Tom Bailey, des Thompson Twins, jouera en première partie de Culture Club le 26 août au Centre Vidéotron.

Les explorations musicales de Tom Bailey

Un fort vent de nostalgie des années 80 soufflera sur Québec samedi, avec le spectacle de Culture Club, avec Tom Bailey, des Thompson Twins, en première partie. Ayant peu à voir avec les albums de Tintin (même si Thompson et Thomson sont les noms de Dupont et Dupond en anglais), les Thompson Twins se sont fait connaître avec des tubes dansants où le synthétiseur est roi comme «Hold Me Now», «Doctor! Doctor!», «You Take Me Up», «Love On Your Side», «Lies» et «Lay Your Hands On Me». Les titres ne vous disent rien? Une petite recherche Internet devrait réveiller quelques souvenirs enfouis.

Depuis la dissolution du groupe en 1993, Tom Bailey a multiplié les explorations musicales. Il a touché à l’électronique expérimental avec Babble, à l’indofusion avec le Holiwater Band, à la musique dub sous le nom International Observer. Après 25 ans de carrière, le compositeur, chanteur et multi-instrumentiste a lancé un premier album solo baptisé Science Fiction, en juin.

Q Comment se passe la tournée avec Culture Club?

R On passe un moment fantastique. On a les bons éléments pour créer une bonne atmosphère de party. Je crois que les trois groupes sont assez différents pour que ça offre un bon éventail musical. 

Q Jouez-vous surtout vos nouvelles chansons ou les anciennes?

R Les gens seraient désespérés si je ne jouais pas les chansons des Thompson Twins, alors… En fait, c’est vraiment un problème, parce que je ne pourrai pas jouer autant de nouvelles chansons que je le voudrais. Je vais réussir à en caser une ou deux, pas plus. Si c’était une performance plus longue, je pourrais en jouer plus.

Q Vous avez remporté «The Best Live Show» du magazine Classic Pop en 2015 pour votre spectacle solo, donc visiblement vos performances sont appréciées. Avez-vous toujours la flamme?

R Peut-être que les gens étaient simplement surpris de me revoir! Je prends encore plaisir à monter sur scène et lorsqu’on le fait, on ne peut pas le faire à moitié, il faut y aller complètement.

Q Vous êtes entouré d’un groupe de musique entièrement féminin. Est-ce une manière de prendre position?

Ce sont des musiciennes fantastiques, je suis vraiment choyé. C’est arrivé presque par accident, mais je suis vraiment heureux de cette situation. De nos jours, il faut briser certaines conventions du rock’n’roll, qui a trop souvent été représenté par cinq gars sur une scène qui jouent de la basse, de la batterie et de la guitare. Il faut bousculer ces idées préconçues. Après tout, les femmes composent plus de la moitié du public, donc pourquoi sont-elles moins représentées sur scène? Le monde est en train de changer, et je crois qu’il va dans la bonne direction. 


« Tout ne peut pas seulement reposer sur la nostalgie, il faut qu’il y ait un défi créatif. C’est pour cela que je me suis remis à écrire »
Tom Bailey

Q Qu’est-ce qui vous a convaincu de faire un premier album solo, après 25 ans de carrière musicale?

En recommençant à présenter mes premières chansons, j’ai eu envie de leur donner un élan actuel. Tout ne peut pas seulement reposer sur la nostalgie, il faut qu’il y ait un défi créatif. C’est pour cela que je me suis remis à écrire. C’est ce qui a rendu l’expérience vivante et stimulante pour moi.

Q Qu’est-ce qui vous inspirait dans l’univers spatial et la science-fiction?

Ce n’est pas que je sois un grand fan de science-fiction, mais à travers les années, j’ai fait quelques musiques pour des films sur l’astronomie. Pour pouvoir le faire, j’ai dû en apprendre un peu plus sur l’astronomie et la cosmologie. Ça m’a vraiment intéressé. Quand les gens pensent à la science-fiction, ils imaginent le futur, comment le monde pourrait être différent. Ce qui est fascinant pour moi, c’est d’utiliser cette projection dans le futur pour mieux comprendre le présent. La science-fiction semble nous parler du futur, mais c’est toujours à propos d’aujourd’hui. 

Q Lorsqu’on écoute votre album, on reconnaît des sonorités des années 80 tout en étant plongé dans un univers contemporain. Comment avez-vous créé cet amalgame?

R    C’était inévitable, parce que j’ai décidé de revenir à la musique plus pop après avoir touché à toutes sortes de genres musicaux. J’ai un peu repris là où j’avais arrêté. Ça a impliqué de repenser la structure des chansons, après avoir réutilisé trois structures de chanson que j’avais déjà utilisée dans les années 80. Les gens s’attendent inévitablement à ce que je fasse une combinaison de sons de synthèse et de vrais instruments, donc je l’ai fait, mais la vraie révolution pour moi a été de pouvoir simplement utiliser un ordinateur portable pour essayer toutes mes idées entre les spectacles, les tournées et les voyages. 

Q Est-ce vrai que vous avez enregistré Science Fiction simplement avec une paire d’écouteurs et un ordinateur portable?

R Essentiellement, oui, à part la voix, que j’ai voulu enregistrer dans un studio plus traditionnel, parce qu’à ce moment-là, j’avais besoin d’un regard extérieur, pour me consacrer complètement à la performance. Jouer, écrire, produire et mixer simultanément a fait en sorte que c’était très près de moi. 

Q La mort de David Bowie vous a inspiré la chanson What Kind of World. Comment cet événement vous a-t-il marqué?

R Ça m’a affecté profondément, parce que j’ai réalisé qu’il m’avait influencé bien plus que je ne voulais l’avouer. Je ne le connaissais pas personnellement, j’ai joué avec lui une seule fois, mais j’ai eu l’impression de perdre un grand ami et un grand professeur. Donc, j’ai permis à cette influence de s’exprimer complètement dans cette chanson. Lorsqu’on sent que quelqu’un nous influence trop, on a tendance à le repousser, du moins moi, j’ai cette tendance, mais cette fois, je l’ai assumé.

Q Même si la tournée avec Culture Club vous occupe beaucoup présentement, avez-vous du temps pour autre chose?

Il faut presque voler chaque jour de relâche. Par chance, ma femme [Lauren Drescher] présentait une exposition d’arts visuels dans le nord de l’État de New York, donc j’ai pu profiter d’un jour de congé pour aller la retrouver et voir son travail.

Q Vous vous êtes rencontrés en Nouvelle-Zélande, y habitez-vous toujours?

Nous nous sommes établis à Londres, puis en France, dans un tout petit village au sud des Pyrénées. Nous y vivons la majeure partie de l’année et l’autre partie en Nouvelle-Zélande. C’est là que j’irai me reposer un peu, après la tournée. 

VOUS VOULEZ Y ALLER?

• Qui: Tom Bailey (en première partie de Culture Club)

• Quand: 26 août à 19h

• Où: Centre Vidéotron

• Billets: 63 $ à 107 $

• Info: lecentrevideotron.ca