KISS, connu pour ses excès scéniques, a sorti l’artillerie lourde. Au grand plaisir de ses fidèles qui remplissaient presque à ras bord le Centre Vidéotron mardi soir.

Les adieux explosifs de KISS

CRITIQUE / «Vous vouliez le meilleur, vous avez le meilleur : KISS!» Toujours aussi modeste, le quatuor, dont c’était la sixième présence à Québec, venait présenter le concert d’adieux de sa bien nommée tournée mondiale «End of the Road». Le groupe rock, connu pour ses excès scéniques, a sorti l’artillerie lourde. Au grand plaisir de ses fidèles qui remplissaient presque à ras bord le Centre Vidéotron mardi soir.

Les gars de KISS sont arrivés sur des plates-formes descendant du plafond jusqu’à la scène en jouant Detroit Rock City, avec autant d’effets pyrotechniques en une chanson que la plupart des groupes en un show complet (et ce n’était qu’un début). Sans parler de la débauche d’éclairage, qui s’est maintenue tout au long des deux heures de la prestation en dents de scie.

Paul Stanley, le guitariste et chanteur de 67 ans, et Gene Simmons, le bassiste et chanteur de 69 ans, se dandinaient pas mal moins que dans leurs belles années. Mais ils pouvaient compter sur l’appui du guitariste soliste Tommy Thayer et du batteur Eric Singer, les très solides remplaçants, plus jeunes d’une dizaine d’années, d’Ace Frehley et de Peter Criss, du quatuor original. 

La KISS Army, qui a eu un gros fun noir, était composée d’un public hétéroclite, surtout des vétérans, mais d’enfants aussi, les yeux grands ouverts. De rares spectateurs maquillés, mais beaucoup de grands sourires avant que KISS monte sur scène dans sa machine à remonter le temps. 

Ils ont même joué Deuce, Black Diamond, Cold Gin (une version approximative) et 100 000 Years (trop long solo de drum inclus), de leur disque éponyme paru en 1974 (mais malheureusement pas Strutter). Le «old school KISS» comme disait Paul Stanley.

Ce dernier a d’ailleurs mis le feu aux poudres en survolant le parterre pour rejoindre une petite scène au milieu de la foule pour interpréter Love Gun et I Was Made For Lovin’ You. L’espace d’un moment, le Centre Videotron s’est transformé en discothèque géante (Do, do, do, do, do, do, do, do, do…).

Au rappel, Eric Singer s’est installé derrière le piano pour une version nostalgique de Beth. Avec Do You Love Me et Rock and Roll All Nite, les gars ont fermé les livres sous les explosions et les feux d’artifice dans une salle euphorique...

Recette éprouvée

Pour cette (supposée) dernière tournée, KISS a donc misé majoritairement sur les grands succès des années 1970, qui ont contribué à leur réputation scénique — la musique a toujours été un prétexte à un vaste théâtre d’effets spéciaux. Une recette éprouvée qu’ils ont servie avec l’assurance de vieux routiers. Même si on a eu peur une couple de fois que Simmons tombe en bas de ses bottes…

Sans surprise, ils ont utilisé tous les trucs du métier : solos enflammés (au propre comme au figuré); mouvements chorégraphiés; remerciements à la foule; concours de cris; mimiques; poings dans les airs; images d’archives sur les trois écrans géants, etc. Gene Simmons crache encore du feu, et le sang aussi, sur God of Thunder, interprétée dans les hauteurs du système d’éclairage avec sa basse en forme de hache… Un des seuls bons moments de ses chansons — le gars a encore moins de voix qu’avant!

On aura donc tout vu (ou presque). La première partie appartenait même au peintre David Garibaldi, qui a «exécuté» trois portraits sur scène en 20 minutes : Freddie Mercury, Mick Jagger et KISS, bien sûr…

De toute évidence, les pièces plus récentes, et formatées, ne faisaient pas le poids même si le groupe a joué les incontournables des dernières décennies — I Love It Loud, Psycho Circus, Lick It Up (avec une cathédrale de lasers sur un extrait de Won’t Get Fooled Again des Who) …

Parlant de retour dans le temps, KISS est arrivé précédé de Rock n’ Roll de Led Zeppelin. C’est quoi le début déjà? «It’s been a long time since I rock and rolled.» En effet. Le groupe a surtout été une machine à imprimer du cash depuis 1980...

La question qui tue maintenant : Stanley et Simmons vont-ils ranger pour de bon maquillage, perruques, costumes tape-à-l’œil et chaussures à plate-forme?